Remaniement ministériel : ceux qui vont se faire virer !

Rédigé par notre équipe le 30 juin 2010.

C’était un secret de polichinelle. Nicolas Sarkozy a officialisé mercredi devant les députés UMP sa décision de remanier le gouvernement au mois d’octobre, une fois la réforme des retraites votée. Tout laisse à penser que des têtes vont tomber. Petit tour d’horizon des principaux ministres qui devraient rester et de ceux qui peuvent craindre pour leur portefeuille.

-Le cas de François Fillon est atypique pour un Premier Ministre. Plutôt épargné par les sondages, il devrait rester à son poste. Changer de chef de gouvernement serait un signe politique fort en vue de la présidentielle, mais constituerait un risque compte tenu de l’équilibre que les deux hommes semblent avoir trouvé. François Fillon apporte de la sérénité à la tête de l’État, je le garderais. (Chances de rester : 80%)

Brice Hortefeux : impopulaire comme tout ministre de l’Intérieur qui se respecte, il fait le job à Beauveau. L’affaire des « déclarations racistes », toute stupide qu’elle soit, l’a affaibli mais il peut compter sur sa proximité avec Nicolas Sarkozy. Je ne vois pas d’intérêt à changer de ministre de l’Intérieur, les priorités sont ailleurs. (Chances de rester : 75%)

Bernard Kouchner : le médecin sans frontières pourrait être la principale victime de la mort annoncée de l’ouverture à la gauche caviar qui a fait tant de mal à Sarko et à l’UMP. Muet, invisible, inutile, le ministre des Affaires Étrangères était entré au gouvernement comme symbole, il devrait en sortir dans le même contexte. Un grand bien pour la diplomatie française. (Chances de rester : 15%)

Christine Lagarde : la ministre de l’Économie est la bonne surprise du premier mandat Sarkozy. Sérieuse, rigoureuse, elle a su s’adapter aux exigences d’un monde politique qui n’était pas le sien et a tenu la barre sans faiblir en pleine tempête économique. Son excellente maitrise de l’anglais et son charme contribuent à son aura international. Le seul risque :  que Sarkozy soit irrité de ses succès. Pour moi, elle reste sans problème. (Chances de rester : 85%)

Eric Besson : le félon est à l’origine du piteux débat sur l’identité nationale. Non content de trahir les siens, il a accepté dans la foulée le ministère qui va le plus à l’encontre des « valeurs de gauche » (si tant est qu’elles existent). Personne la plus détestée de France après Raymond Domenech, ne représentant aucun poids politique mais seulement un handicap de taille pour la majorité, Eric Besson doit être viré. Hélas, je ne suis pas persuadé que Sarkozy aura la sagesse d’écouter les multiples voix qui demandent son départ. (Chances de rester : 40%)

Roselyne Bachelot : la ministre de la Santé et du Sport aurait à mon sens du démissionner après sa gestion lamentable de la campagne de vaccination contre le H1N1. Preuve que quelque chose ne fonctionne pas dans ce pays, personne n’a même eu l’idée de lui demander des comptes pour ce grand n’importe quoi. Depuis sa guéguerre avec Rama Yade autour de l’équipe de France est pathétique et la ministre a réussi à faire entrer le monde politique dans la grande farce des règlements de compte footbalistiques. Pour moi elle devrait partir, mais rien ne laisse penser que ce sera le cas. (Chances de rester : 60%)

Rama Yade : la stupidité de ses déclarations sur l’équipe de France n’a d’égale que ses sorties diverses et variées contre sa ministre de tutelle. Enfant gâtée du gouvernement, Rama Yade a tout eu trop vite. Incapable de se recadrer, la cadette de l’équipe Fillon est ingérable. Trop ambitieuse, trop individualiste, elle n’est désormais plus protégée par les enquêtes d’opinion qui en faisaient jusqu’alors la personnalité politique préférée des Français. Son charisme, sa pugnacité, sa couleur de peau aussi, restent malgré tout des atouts dans son jeu. La décision de la conserver ou non au gouvernement dépendra certainement du type d’équipe que mettra en place Sarkozy. (Chances de rester : 45%)

Michèle Alliot-Marie : ce vieux grognard du gaullisme gère ses ministères sans histoire. Cela doit faire des vacances à Sarkozy de ne pas voir un de ses ministres déballer ses états d’âme à tout bout de champ dans les journaux. Le fait qu’elle ne soit pas proche de Sarko a fini par être un avantage, tout comme son étiquette de « chiraquienne » devenue un atout en ces temps où le président doit donner des gages à toutes les composantes de la majorité. Moins glamour qu’une Rachida ou une Rama, mais tellement plus sérieux : elle doit rester ! (Chances de rester : 85%)

Eric Woerth : difficile de tirer des plans sur la comète en pleine polémique. Eric Woerth est de ceux dont Sarko peut être satisfait. Sérieux, rassurant, il a su malgré sa tête de premier de la classe apprivoiser les médias et l’opinion. Jusqu’à ces derniers jours, il réalisait même un sans-faute dans son approche de la réforme des retraites. Sa défense dans cette pseudo-affaire n’a pas été à la hauteur et a manqué de fermeté. Face au dégueulis des médias, il est important de ne répondre que par le mépris. J’espère qu’il restera mais son avenir politique se jouera dans les jours à venir. (Chances de rester : 60%)

Hervé Morin : C’est qui celui-là ? Autre traitre, autre destin. Fort de son parti satellite, Hervé Morin ne devrait pas bouger. Réalisme politique. Est-il un bon ministre ? Honnêtement, je n’en sais rien et ce n’est pas la Grande muette qui le dira. (Chances de rester : 85%)

Frédéric Mitterrand : incarnation vivante de la gauche caviar puante, Frédéric Mitterrand n’a causé que des catastrophes à Nicolas Sarkozy. En défendant d’abord un réalisateur condamné pour pédophilie au seul titre qu’il était de la « grande famille du cinéma et de la culture ». En se reprenant ensuite comme un boomerang dans la gueule ses propres écrits pour le moins ambigus. Son « boxeur de 40 ans » restera dans les annales. C’est bien connu que c’est pour ce genre de frissons que les pervers de toute l’Europe s’envolent pour la Thaïlande. Qu’il dégage et bon vent ! (Chances de rester : 10%)

Laisser un commentaire