Logement étudiant : la baisse de l’APL suscite l’inquiétude

Rédigé par thibnice10 (24actu) le 14 juillet 2010.

La réduction de l’aide au logement pour les étudiants passe décidément mal. Les critiques se font entendre jusqu’au sein de la majorité. Mercredi 7 juillet, le sénateur UMP Christian Demuynck a ainsi regretté « que ce soit une nouvelle fois la jeunesse française qui trinque ».

Car selon le projet de budget pour 2011, présenté mardi, les étudiants et leurs parents ne pourront plus cumuler l’aide personnalisée au logement (APL) et la demi-part fiscale pour enfant à charge. Il faudra désormais choisir entre l’une et l’autre.

La différence n’est pas mince. Un exemple : un étudiant non boursier de 20 ans, qui loue un studio de 300,00 euros à Nantes, et qui travaille à temps partiel pour l’équivalent de 4 smic annuel, peut ainsi percevoir une aide de 170 euros par mois.

La classe moyenne sera la plus touchée

« L’obligation de choisir entre l’APL et la demi-part fiscale et la diminution du nombre d’emplois aidés ne font que précariser une situation déjà catastrophique », écrit le sénateur Christian Demuynck. « En agissant ainsi, le ministre du Budget torpille les mesures en faveur de la jeunesse car nous savons tous que l’accès au logement et l’emploi sont des éléments clés de la prise d’autonomie des jeunes », poursuit-il. Le gouvernement « coupe l’herbe sous le pied de quelque 650.000 étudiants bénéficiant de l’APL et des jeunes en difficulté d’insertion ».

Même indignation du côté de l’Unef. C’est « une véritable provocation », estime le principal syndicat étudiant, classé à gauche, qui promet d’organiser une rentrée universitaire « offensive et combative ». « Cela va se traduire par une baisse massive de plusieurs centaines de millions d’euros de l’aide sociale aux étudiants », souligne l’Unef dans un communiqué. Le syndicat rappelle que « plus de 700.000 étudiants bénéficient aujourd’hui des aides au logement, et que la demi-part fiscale étudiante représente une dépense de 1,1 milliard » d’euros. « Les étudiants issus de la classe moyenne vont être les plus touchés: ils ne bénéficient d’aucune bourse et les aides au logement représentent leur seul soutien financier de l’Etat », souligne le syndicat.

« 108.500 étudiants et leurs familles renonceraient à l’aide au logement pour conserver le bénéfice de la demi-part fiscale, et perdraient ainsi en moyenne 150 euros par mois » et « 325.500 étudiants et leurs familles renonceraient à leur demi-part fiscale, afin de conserver leur aide au logement, perdant entre 50 euros et 150 euros par mois », affirme l’Unef. Au total, l’Etat va faire une économie « en moyenne de 975 euros par an et par étudiant ».

Le syndicat de droite Mouvement des étudiants (ex-Uni) affirme lui aussi que les étudiants des classes moyennes seront « pénalisés » et demande au gouvernement de « surseoir à cette décision ».

Et pour le secrétaire national de la CFDT, Hervé Garnier, « il est inacceptable de contraindre les familles à choisir entre avantages fiscaux et aide personnalisée au logement pour leurs enfants ».

Trouver 40 milliards d’euros

Mais le gouvernement donne la priorité à la réduction du déficit. Le ministre du budget, François Baroin(UMP), veut « ramener le déficit public de 8% du PIB cette année à 6% l’an prochain ». Pour atteindre son objectif, le gouvernement doit trouver 40 milliards d’euros entre 2010 et 2011: 15 milliards correspondent à la non-reconduction des mesures du plan de relance, 11 milliards au rattrapage des recettes fiscales après la crise, et 14 milliards aux économies dans les dépenses.

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