Quand la France pillait le « Versailles chinois »…

Rédigé par VLSZ le 21 octobre 2010.

La Chine commémore cette année le 150e anniversaire du pillage du Palais d’été de Pékin par les armées franco-britanniques. L’occasion de rappeler à nos gouvernants que près d’un million et demi d’objets pillés alors sont encore détenus par des collectionneurs privés ou des musées…

En effet, en 1856-57, les puissances étrangères, désirant étendre leur commerce en Chine et notamment le commerce d’opium, entrent en guerre contre l’Empire et, pour faire un exemple, ils mettent à sac le Palais d’été en 1860.

« Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’Eté. L’un a pillé, l’autre a incendié. La victoire peut être une voleuse, à ce qu’il paraît. » Victor Hugo.

L’opération s’est soldée par la destruction du palais, le « Versailles chinois » selon Hugo, et le vol d’un grand nombre d’objets ensuite vendus aux enchères sur les places de Londres et de Paris. Des objets que les autorités chinoises, mais aussi les particuliers, cherchent à faire revenir en Chine.

Il y a un an et demi, la vente aux enchères, par Pierre Bergé, de deux pièces provenant du Palais d’été avait déclenché la colère des autorités chinoises ainsi que l’indignation de la population. L’intéressé avait alors proposé la restitution des oeuvres contre l’octroi des droits de l’homme et de la liberté au Tibet.

Un raisonnement qui ne manquait pas de sel mais qui reste profondément contre-productif. Si effectivement l’objectif de la communauté internationale est de faciliter la démocratisation de la Chine et sa mue en un acteur responsable qui contribue à l’équilibre géopolitique, il faut que nos actes soient en conformité avec notre discours.

Or quelle peut être la valeur de nos exhortations si elles sont associées aux actes inqualifiables que la France commis contre la Chine ?

Bien sur, 150 années se sont écoulées et on pourrait affirmer qu’il y a prescription, d’ailleurs au regard du droit international, les collectionneurs ne sont plus légalement tenus de restituer les œuvres. Mais faut-il s’arrêter à ce constat ou bien reconnaître la portée de ce genre d’évènements dans la conscience nationale d’un peuple ?

De leur côté, les Chinois ont commémoré ce qu’il considèrent comme une tragédie mais il en ont profité pour inauguré un buste de Victor Hugo, qui avait été scandalisé par la nouvelle de la destruction du Palais. Preuve de leur capacité à ne pas mettre tous les Occidentaux dans le même sac (sans jeu de mot), cette commémoration est donc un appel à la coopération des gouvernements anglais et français dans cette affaire.

Victor Hugo écrivait : « J’espère qu’un jour viendra où la France, délivrée et nettoyée, renverra ce butin à la Chine spoliée ». Après 150 ans, ce jour est-il arrivé ?

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Hassie Heupel dit :

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