Silence, on réprime dans le sang à Bahreïn

Rédigé par kacheer le 18 février 2011.

Après la Tunisie et l'Egypte, c'est au tour de la petite monarchie de Bahreïn de s'enflammer. Encore une fois, le pouvoir en place a répondu aux manifestants par la répression et la violence. Si ce soulèvement ne suscite pas la même attention médiatique que les révolutions tunisienne et égyptienne, c'est que, derrière l'arsenal sécuritaire du cheikh Hamed ibn Issa al-Khalifa, l'ami saoudien veille.

Après la Tunisie et l’Egypte, c’est au tour de la petite monarchie de Bahreïn de s’enflammer. Encore une fois, le pouvoir en place a répondu aux manifestants par la répression et la violence. Si ce soulèvement ne suscite pas la même attention médiatique que les révolutions tunisienne et égyptienne, c’est que, derrière l’arsenal sécuritaire du cheikh Hamed ibn Issa al-Khalifa, l’ami saoudien veille.

Le point de ralliement était la place de la Perle à Manama. Inspirés par l’exemple de la célèbre place Tahrir du Caire, des milliers de manifestants s’étaient rassemblés pour protester contre le coût de la vie, demander davantage de droits pour la majorité chiite (75% de la population) du pays et surtout exiger un changement constitutionnel limitant les pouvoirs du roi. La réponse n’a pas tardé à venir: 5 personnes au moins ont été tuées pour la seule journée d’hier.

Le Bahreïn a un passé proche agité. En effet, les années 1994-1999 ont été marquées par une longue série d’émeutes et de réactions particulièrement dures du pouvoir. Mais, si ces évènements avaient été organisés principalement par les chiites du pays, les manifestations actuelles sont avant tout sociales et politiques. De nombreux sunnites scandent également « Mort aux al-Khalifa », équivalent local des Trabelsi tunisiens.

Les monarchies régionales scrutent les évènements bahreïnis avec attention. Le Conseil de coopération du Golfe (CCG – qui comprend également l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, Oman, le Qatar et le Koweït) devrait prochainement annoncer son soutien total, voire son éventuel appui logistique et militaire, au gouvernement de Bahreïn.

L’Arabie Saoudite préparerait déjà son armée, au matériel occidental, à venir prêter main forte à son petit voisin. Riyad garde toujours un oeil très attentif sur les affaires intérieures bahreïnies pour plusieurs raisons: les deux pays sont reliés par un pont, le King Fahd Causeway, et Manama est le lieu où toute la jeunesse dorée saoudienne vient dépenser ses dollars en alcool, drogues et femmes chaque weekend, c’est un pays relativement libéral à quelques dizaines de minutes de l’obscurantisme saoudien, et  l’archipel est dans le prolongement de la riche province pétrolière saoudienne du Hasa, peuplée elle aussi de chiites, qui auraient également quelques raisons de protester.

Enfin, qui dit Riyad, dit Washington: le sud de l’île principale, qui mesure seulement 55km de long sur 18 de large, est le port d’attache des bâtiments de guerre américains en mission dans le Golfe et accueille le siège de la Ve Flotte américaine.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Zulma Deyette dit :

    The subsequent time I read a blog, I hope that it doesnt disappoint me as much as this one. I imply, I know it was my option to learn, however I actually thought youd have one thing interesting to say. All I hear is a bunch of whining about something that you could fix for those who werent too busy in search of attention.

Laisser un commentaire