Alain Juppé et l’insondable tartufferie du cumul des mandats

Rédigé par lateigne (24actu) le 02 mars 2011.

Comme à chaque remaniement ministériel, les médias nous ressortent l’immuable question du cumul des mandats des ministres… et la non moins immuable mise en cause du « cumulard » Alain Juppé, à la fois maire de Bordeaux et ministre.

Qu’attendent les administrés d’un responsable politique ?  Qu’il accomplisse au mieux sa fonction et qu’il gère la collectivité de façon efficace… voire visionnaire pour les plus ambitieux.

Alain Juppé, pour reprendre un exemple qui cristalise depuis plusieurs années ce débat stérile, est à la fois efficace et visionnaire comme maire de Bordeaux. Les électeurs lui renouvelent scrutins après scrutins leur confiance, et personne ne peut nier que l’ancien Premier ministre a remodelé en profondeur une ville endormie depuis le XVIIIe siècle.

La formidable réhabilitation urbaine de Bordeaux a été lancée quand Alain Juppé logeait à Matignon… Une fonction pourtant plutôt prenante !

Si on écoutait la nuée de démagogues et de médiocres assoiffés de postes qui dénoncent à qui mieux mieux le cumul des mandats, Bordeaux serait aujourd’hui encore une vieille épave échouée sur les bords de la Gironde…

Ce qui vaut pour un cador de droite et tout aussi vrai pour les éléphants socialistes. Mieux vaut s’adresser à Dieu qu’à ses Saints…

Quiconque a un jour mis les pieds dans un conseil général ou dans un conseil municipal peut témoigner d’une évidence : la France n’a pas en réserve des politiciens de talents qui ne demandent qu’à éclore.

Les guerres d’influences auxquelles se livrent ces liliputiens de la politique, n’ont rien à envier aux combats des présidentiables… à la différence près que les ambitions portent sur une vice-présidence de commission ou une place éligible sur une liste.

Cette histoire de non-cumul des mandats est poussée par des notables sans talents et des seconds couteaux du militantisme local… et jouera un jour ou l’autre des tours aux collectivités locales. Mieux vaut un Juppé à tiers-temps qu’un médiocre à temps plein.

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