Tour de France : faut-il légaliser le dopage ?

Rédigé par lateigne (24actu) le 30 juin 2011.

Quelle tartufferie vont encore nous inventer cette année les promoteurs du Tour de France pour nous vendre un « tour du renouveau » ou du « cyclisme sans dopage ». Face à la généralisation du dopage dans le cyclisme professionnel, ne serait-il pas plus sage de légaliser une fois pour toutes ces pratiques et les encadrer un minimum ?

Le dopage est évidemment partout dans le cyclisme professionnel et plus personne n’est dupe depuis de longues années sur les capacités des forçats de la route à enquiller les kilomètres à des vitesses hallucinantes. Le favori du tour, Alberto Contador, ne s’est-il pas fait « pouiller » (pour reprendre l’expression de Luc Ferry)  avant d’être blanchi sur un vice de forme ?

Chaque année le ridicule de la situation est plus flagrant et les scandales succèdent aux scandales. A partir de là, on peut soit continuer la politique de l’autruche et jouer l’hypocrisie en laissant un système de tricherie généralisé, soit interdire purement et simplement le Tour de France, soit légaliser le dopage.

Cette mesure aurait plusieurs avantages. Cela permettrait d’abord d’assurer un suivi médical sérieux des coureurs, qui n’auraient plus à faire eux-même des transfusions et autres gestes médicaux potentiellement dangereux, et qui sauraient plus précisément ce qu’ils s’injectent dans les veines (aujourd’hui les produits dopants sont achetés sur Internet).

Ensuite, la légalisation du dopage permettrait finalement de réduire les écarts entre laboratoires ambulants (type Armstrong à l’époque de l’US Postal) et petits coureurs se dopant en amateur (ceux qui se font généralement attrapés). La même dose pour tout le monde et les cartes sportives seraient rebattues.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Clément dit :

    Lateigne merci d'avoir (re) lancer ce (récurrent) débat. Je voudrais apporter ici le point de vue d’un acteur de la prévention du dopage.

    Du point de vue de l’étymologie, le mot « compétition » provient du latin competere qui signifie « faire chemin avec ». Hors le tricheur aime le seul résultat, celui à son avantage, pas le chemin, ni la compétition.

    Si la compétition est par nature inégale (le classement final est là pour en attester), elle se doit en revanche d’être équitable (les mêmes règles s’appliquent à tous).

    Légaliser le dopage conviendrait, à notre sens, à bercer l’illusion de l’existence d’une véritable compétition équitable. Bien au contraire, l’absence d’un cadre légal conduirait à officialiser le départ d’une autre compétition, celle d’une véritable course à l’armement. Se doper efficacement est de plus en plus onéreux.

    En conséquence, nous pensons que le talent sportif disparaîtrait au profit du celui du chimiste ou du généticien de génie.

    Ainsi, si la légalisation pourrait peut être améliorer l’encadrement des traffics de produits dopants, il est, à notre avis, un leurre de penser qu’elle modifierait l’équité des compétitions ou la prise en compte de la santé des athlètes auquel une population plus large s’identifie.

    Du point de vue de l’éthique, l’athlète serait ainsi réduit au rôle du bouffon du roi téléspectateur. En échange d’une absence de sanctions administratives, sportives ou financières, les sanctions seraient remplacées par la maladie et la mort des sportifs. Ces sanctions auraient même l’avantage d’être indiscutables et définitives…

    Au delà du point de vue de tout un chacun, la question que pose la légalisation du dopage est celle du changement. Peut-on accepter les dérives qui accompagnent la légalisation (la contrefaçon par exemple) ? Veut-on un retour définitif vers « les jeux du cirque » ?

  2. Guillaume dit :

    Je me joins à la contribution de Clément. Rien à ajouter !

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