Violences conjugales : les hommes battus oubliés par la France

Rédigé par Arthur Vivien le 24 novembre 2011.

La dramatique question des violences conjugales fait l'objet de l'attention de la classe politique et des médias depuis plusieurs années. Plus de 50 associations accompagnent aujourd'hui les femmes victimes de violences conjugales, la police est formée à recevoir les femmes et la justice sanctionne. Tout cela est une bonne chose pour les femmes subissant des violences physiques (soit 3% d'après l'ONDRP).

La dramatique question des violences conjugales fait l’objet de l’attention de la classe politique et des médias depuis plusieurs années. Plus de 50 associations accompagnent aujourd’hui les femmes victimes de violences conjugales, la police est formée à recevoir les femmes et la justice sanctionne. Tout cela est une bonne chose pour les femmes subissant des violences physiques (soit 3% d’après l’ONDRP).

Ce qu’on ne sait pas cependant, c’est que de très nombreux hommes sont également battus par leur compagne. L’Observatoire National de la Délinquance et des Réponses Pénales (ONDRP), présidé par Monsieur Alain Bauer, vient de révéler que 280 000 hommes sont aujourd’hui victimes de coups, de violences physiques au sein de leur couple (1,3% des hommes de 18 à 75 ans). Pourquoi devrions nous continuer à laisser dans le silence et l’oubli ces hommes qui subissent la même chose que les femmes battus ?

Justice et égalité pour les hommes battus

Une « journée nationale de sensibilisation aux violences faites aux femmes » a été instituée le 25 novembre par le Parlement français (loi du 9 juillet 2010). Tout cela est très bien, mais pour quelles raisons devrions-nous accepter qu’une politique publique soit menée dans notre pays en laissant complètement à l’écart l’un des deux sexes ? On nous parle aujourd’hui beaucoup des enfants témoins de ces violences : est-ce qu’un enfant voyant son père se faire battre doit être moins considéré qu’un enfant voyant sa mère se faire battre ? Pour beaucoup de raisons, cet état de fait, oublieux des pères et des hommes, doit cesser dans notre République, au nom notamment des valeurs de justice et d’égalité qui sont les siennes.

Le rapport de l’ONDRP étant sur le site intenet de l’Observatoire de la Parité qui est présidé par Madame Roselyne Bachelot, Ministre des Solidarités et de la Cohésion Sociale, il nous faut faire le voeu que bientôt les pouvoirs publics français se saiseront aussi de cette violence contre des hommes, afin de leur apporter un soutien identique à celui qui est proposé aux femmes battues.

Les associations au service de toutes les victimes, qu’elles soient femmes ou hommes

Aujourd’hui une seule association en France vient en aide aux hommes battus (SOS Hommes Battus), il est temps que d’autres se mobilisent sur ce problème. Les 50 associations travaillant sur les violences conjugales ne pourraient-elles pas apporter à des hommes le même soutien qu’elles apportent à des femmes ?

A une époque où les féministes font la promotion d’une théorie censée nous permettre de rompre avec les stéréotypes culturels attachés à chaque sexe – la théorie du genre, ne serait-il pas venu le temps de rompre avec le dogme culturel largement répandu selon lequel tous les compagnons sont des dominateurs ? En tout cas la réalité révélée par ces chiffres nous invite à sortir collectivement des clichés simplistes qui sont stigmatisants, pour ne pas dire sexistes à l’égard des hommes.

L’ensemble du rapport de l’ONDRP, qui s’intitule « violences physiques et sexuelles au sein du ménage », peut être consulté en suivant ce lien.

Arthur Vivien est l’auteur du blog www.homme-culture-identite.com.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Gibi dit :

    Bah, selon le dogme féministe répété depuis le début des années septante, l'homme, le mâle, est un prédateur. Donc il est 'impensable' qu'il puisse être une victime.

    Un homme qui va raconter à un ami que sa femme le bat, comment va réagir son ami ?

    Simple : Il ne le croira pas, il lui dira de montrer qu'il est l'homme (ce qui laisse sous entendre qu'il n'est pas un homme), etc.

    S'il se confie à une amie ? Ça ne changera rien. Elle aussi lui dira que si il était un homme, un vrai, il se ferait respecter.

    Et si on parlait des violences psychologiques, le tableau serait encore plus effrayant.

    J'ai travaillé avec des hommes qui n'osaient pas prendre une décision sans en avoir demandé la permission à leur femme au préalable.

    Cela dit, je suis parfaitement conscient que les aussi peuvent victimes de violences psychologiques.

    Une forme plus insidieuse de violence, je l'ai découverte quand j'étais artisan : Quand un couple entrait, même si seul l'homme posait des questions, c'est toujours à la femme que je répondais. Car l'expérience m'avait appris qu'il était inutile de convaincre l'homme, ce n'est pas lui qui décide.

    Et combien de fois n'ai-je pas vu un homme entrer dans le magasin, s'enticher d'un meuble et revenir tout excité le lendemain avec leur femme, qui faisait une grimace et… la vente ne se faisait pas : madame avait dit Non.

    Enfin, tout ça pour dire que les revendications féministes des années septante étaient parfaitement légitimes. Mais, le femme est aussi un homme (dans le sens de humain). Et donc, dans bien des domaines, on n'est pas allé vers une égalité mais vers un renversement.

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