Affaire DSK : la défense entre attaque et esquive

Rédigé par kali le 28 mars 2012.

L’affaire DSK refait des vagues dans le monde politico-mediatique. Il fallait s’y attendre, l’homme a une vie bien remplie. Cependant, l’offensive médiatique de ses avocats dans les medias laisse songeur.

Ainsi, peut-on lire dans divers articles de presse, que les avocats de DSK sont « sonnés » par la mise en examen de DSK. Ils « contre-attaquent » lit-on. Comme lors de l’affaire du Sofitel. Même scénario, mêmes arguments que dans les affaires précédentes: Diallo, toujours pendante au civil puis Tristane Banon. La défense attaque via les medias.

« Le dossier est vide » clament-ils.

Tiens, après avoir crié haro sur les medias, et leur justice de pacotille, on crie haro sur les juges qui représentent ne leur en déplaise, la justice.

On se souvient des « faits imaginaires » dans l’affaire Tristane Banon. Et du « il ne sait rien passé dans la chambre du Sofitel » avant d’être obligé de reconnaître- ADN oblige- un rapport « consenti ».

« Etrange que cela survienne à 4 semaines des élections » a dit son avocate sur BFM TV.

Evidemment, la théorie du complot. Cela faisait longtemps. Il fallait s’y attendre.

« Tout cela n’arrive pas par hasard. »

Mais, au fait, la date et la probabilité de cette mise en examen n’étaient-elles pas connues depuis la garde à vue de DSK, laquelle était prévue depuis autant de temps? Le calendrier était donc connu depuis plusieurs mois.

Pourquoi sont-ils donc offfusqués, ces avocats chevronnés? Sa convocation pour le 28 mars (devenue le 27 pour lui épargner la sur médiatisation) était connue depuis un mois…Tous les medias ont évoqué une probable mise en examen. Les avocats le savaient aussi…

DSK est-il candidat à quelque chose pour que les juges cherchent à le faire « tomber » maintenant? l’UMP a bien d’autres sujets d’attaque contre le PS pour s’éparpiller dans cette direction. Quand au PS, il a clairement pris ses distances avec lui, « la page est tournée » comme l’a répété Martine Aubry encore aujourd’hui. Si certains socialistes rêvent encore d’un possible retour post-élections de DSK, ils risquent d’être fort déçus. On ne recrute pas un homme « qui nécessitera 20 gardes du corps à chaque déplacement », propos entendus d’un membre du parti socialiste.

Pourquoi trois juges prendraient-ils le risque de se ridiculiser en mettant en examen un homme avec un dossier « vide »? D’autant plus que la défense y a accès dés qu’une mise en examen survient. Les juges ont assurément des éléments et même des éléments peu évoqués encore. Lire ceci.

En synthèse, tout cela était prévisible. Nous avons assisté au même déni et à la même agitation quand le parquet avait qualifié « d’agression sexuelle prescrite » les faits survenus envers Tristane Banon.

Prévisible et normal. Les avocats font leur job, et en font beaucoup médiatiquement car n’étant pas sûrs du tout de pouvoir sauver leur client.

La parole d’un avocat étant toujours partiale, on ne peut certes leur reprocher leurs arguments de défense. Sauf que cette offensive médiatique des avocats pourrait bien signifier que leur défense est…vide.

Une chose est certaine: Cette affaire DSK, débutée en mai 2011, continue de former une spirale de plus en plus descendante pour l’homme, ne lui permettant pas un retour en politique, nonobstant les prévisions et les espoirs que d’aucuns avaient fondé sur une réhabilitation rapide.

Force est de constater que la défense de DSK a du mal, et est obligée d’employer des moyens d’esquive (argument de l’immunité à New-york) et d’attaque médiatique (Affaire du Carlton).

Sur le plan privé, l’épreuve est majeure pour l’homme, mais nombre de citoyens se trouvent en ce moment même aux prises avec la justice avec ses douloureux épisodes. Et à la différence de DSK, ils n’ont parfois même pas les moyens de s’offrir un avocat. Et quand ils peuvent s’en payer un, il y a peu de chance pour que ce dernier se voie offrir une tribune sur BFM TV ou France Info.

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Déjà 2 remarques sur cet article

  1. MALLET dit :

    Il est clair aussi que DSK veut se faire passer pour victime.

    Bien que bénéficiant de la présomption d'innocence, il est toutefois mis en cause depuis un an dans trois affaires scabreuses (affaires Diallo, Banon et Carlton).

    Et il aurait été mis en examen pour agression sexuelle dans l'affaire Banon s'il n'y avait eu la prescription de 3 ans prévues pour les délits.

    Bien sûr, le PS (et d'autres) minimise cette affaire en disant qu'elle est privée mais un tel comportement présumé envers les femmes pose question. au niveau des valeurs humaines.

    Ce n'est pas fort pour le PS qui peut ainsi parfois se montrer méprisant vis à vis des gens du peuple.

    Au Département du Nord, les élus socialistes ont par exemple révoqué sans preuves matérielles et pour des faits mis à charge minimes (tracts satiriques) un agent qui avait eu pour seul tort de dénoncer un management par la terreur.

  2. Kali dit :

    @Mallet
    Vosu dites" Bien que bénéficiant de la présomption d'innocence, il est toutefois mis en cause depuis un an dans trois affaires scabreuses (affaires Diallo, Banon et Carlton). "
    Et là vous résumez l'essentiel.
    Dans le cas d'un homme qui a brigué la fonction suprême, la présomption d'innocence devient une notion qui est mise dans la balance comme vous le dites à juste titre avec le fait d'être "mis en cause" dans plusieurs affaires quasi similaires. On demande bien aux présidents de décliner l'état de leur fortune. Cela relève du "privé" mais en voulant briguer le pouvoir on aliène en quelque sorte le périmètre du "privé". L'ambition et le pouvoir l'exigent.
    Ils exigent une forme d'irréprochabilité. Or, on peut crier à l'injustice une fois, deux fois, mais là, DSK et ses avocats nous prennent pour des quiches.

    Quand à l'histoire de l'agent révoqué, ne connaissant pas le fond du dossier, je ne peux avoir un avis. Mais en règle générale, le problème des grands partis politiques comme le PS c'est l'esprit de clan qui devient prépondérant sur la vérité, l'intégrité et le respect de l'individu.
    Comme dans n'importe quelle entreprise, il y a une pyramide. Ceux qui sont en haut et les autres, en bas. Et pour se maintenir en haut de la pyramide on se sert les coudes et on sacrifie les intérêts de la base.

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