Lauvergeon et l’anti-sarkozysme « atomique » du clan Hollande

Rédigé par notre équipe le 11 avril 2012.

11.04.2012
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Pour qui se prend Anne Lauvergeon ? L’ancienne patronne d’Areva, au bilan catastrophique (elle laisse derrière elle une ardoise de plusieurs milliards d’euros) et qui vient d’encaisser malgré tout un parachute doré de 1,5 millions d’euros (morale de gauche ?) se permet de faire la leçon à Nicolas Sarkozy sur la politique énergétique. Une sortie programmée par le clan Hollande ?

Anne Lauvergeon est un chef d’entreprise comme les aime la gauche : femme d’image et de médias, elle s’est toujours distinguée par son art consommé de la communication (le faire-savoir plutôt que le savoir-faire). Pour le reste, les qualités industrielles de celle qui est aujourd’hui présidente du comité de direction de Libération (ça ne s’invente pas) sont plus que contrastées comme l’atteste son bilan à la tête d’Areva

Depuis le début de la campagne, elle conseille discrètement François Hollande. Pourquoi discrètement ? Parce que les alliés écologistes du PS, même s’ils sont électoralement en voie de disparition, seront partie prenante, en cas de victoire, du gouvernement de gauche plurielle que composer le député de Corrèze. Jusqu’à aujourd’hui, le candidat socialiste avait donc choisi de protéger au maximum sa conseillère.

La protéger pour qu’elle puisse servir, au moment opportun, de voiture-bélier de l’anti-sarkozysme dans les milieux d’affaires. Car c’est peu de dire que le déficit de François Hollande en la matière est important et que le candidat socialiste espère profiter des talents de communicante d’Anne Lauvergeon pour faire diversion sur l’opinion en matière économique.

Sur l’opinion et pas sur les milieux d’affaires qui connaissent trop bien le bilan et les casseroles d’Atomic Anne. Car si Anne Lauvergeon fait la leçon à Nicolas Sarkozy sur sa politique énergétique (égratignant au passage son ennemi juré, Henri Proglio), personne n’est dupe et la gestion des dossiers nucléaires par Anne Lauvergeon aura été catastrophique.

Si l’ancienne patronne d’Areva a réussi à rendre l’atome glamour à la télévision, les faits industriels sont tétus : 18 milliards d’euros de déboursés dans des conditions rocambolesques pour le rachat d’Uramin, une société qui ne vaut aujourd’hui quasiment rien ; des déficits abyssaux qui vont plomber durablement les comptes du géant nucléaire.

Si François Hollande ne dispose pas dans son camp de meilleurs connaisseurs économiques et industriels qu’Anne Lauvergeon, la France est mal barrée pour les cinq années à venir en cas de victoire en mai.

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