Hollande et les journalistes : on lèche, on lâche, et on re-lèche

Rédigé par Footix le 11 septembre 2012.

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Photo : Patrick Peccatte

Photo : Patrick Peccatte

Difficile cette semaine de ne pas voir les unes qui s’étalent en 4X3. Rentrée oblige, entre la foire des Vins et le palmarès des hôpitaux, les news magazine se sont passés le mot… Quand l’‘express s’interroge « Et si sarkozy avait eu raison » Marianne tance le nouveau président d’un « et si on se bougeait ?« tandis que le Nouvel Obs se demande « sont-ils si nuls ? »- tout en réclamant à l’intérieur une certaine indulgence.. Il n’en fallait pas moins pour que l’intelligentsia germano pratine évoque, sans rire, un « Hollande Bashing »…

Oui l’heure est grave. Mais que se passe- t-il donc dans nos rédactions réputées peu subversives à l’égard de notre nouveau président ? Les courtisans d’hier auraient ils subitement changé ? Euh, pas vraiment…

Le quinquennat de Sarkozy nous avait déjà donné pourtant quelques indications. « Le fou » titrait déjà Marianne avant même son élection. S’en suivait d’une longue collections de Unes, plus racoleuses que jamais. C’était la grande époque des Macé-Scaron, Plenel, Szafran, Joffrin… toute une génération de journalistes indépendants de gauche, adoubés opposants en chefs avec la bienveillance des plateaux télé. L’anti-sarkosysme tenait de norme, de ligne éditoriale. Il était le résultat de plusieurs facteurs dont en premier lieu, cette particularité française de la presse : ce tropisme évident des journalistes pour le camps du Bien, c’est-à-dire la gauche qui règne en maitre depuis 81 dans les rédactions parisiennes. Tout était donc permis. L’apothéose et le résumé de ces 5 ans fut un billet de Patrick Besson traitant Carla Bruni de pute. Classe.

Sarkozy éjecté, le petit monde médiatique pouvait encore vivre des jours tranquilles, bien à l’abri d’une quelconque remise en cause des 7652 euros de déduction de leur salaire net imposable. Entre temps, leur chouchou initial DSK, l’homme providentiel, se voyait relégué en division d’honneur à cause d’une vulgaire affaire de mœurs aux USA, et ce malgré les vibrants plaidoyers d’un JF Kahn ou d’un Roland Cayrol et de certains éditorialistes. En vain, leur nouveau poulain serait donc un raisonnable de gauche, un centriste comme eux quoi. La presse pouvait ainsi passer sous silence la crise, et les merveilleux discours bisounours d’Hollande, au moins jusqu’à son élection. Drogué au quinquennat Sarkozy, le coup du « Président normal » fut un échec à la fois pour Hollande mais aussi pour les journaux, soumis comme n’importe quelle entreprise privée aux lois du marché. Et puis, la nostalgie s’installa dès la rentrée des classes. La presse découvrait subitement, comme notre nouveau Président, la crise…

Sans faire à proprement parler de mea culpa comme pour DSK, la presse a donc décidé qu’elle ferait une opération vérité. Le lecteur aurait donc droit à une impartialité de traitement du Président car oui, on est peut être de gauche, mais attention on est avant tout indépendants ! Changement de cap donc dans toutes les rédactions : il faut taper un peu Hollande … mais alors juste un peu.

Si la forme de cette nouvelle présidence est critiquée-avec souvent des pincettes-, le fond des problèmes lui est quasiment inexistant. Peu de journalistes n’ont relevé qu’une journaliste puisse assigner 3 journaux pour publication de photos, alors que cette même personne pose « légalement » dans son propre journal, fait des articles dans ce même journal et dispose en même d’un cabinet de 5 personnes au sein de l’Elysée pour l’épauler dans sa dure tâche de première concubine…. Des mélanges des genres, politiques et journalistes, surtout dans ce gouvernement, peu ne l’évoquent. Des conflits d’intérêt (Pigasse-Banque Lazard avec le duo Montebourg/Pulvar), nos journalistes n’en retiennent que la rivalité Montebourg /Moscovici. Le spectre du conflit d’intérêt, brandi autrefois par Montebourg lui-même et dénoncé par les journalistes n’est évoqué que partiellement. Les « expulsions » de roms d’hier deviennent par enchantement des « évacuations » sous l’ère Hollande etc. Bref, ce qui était hier scandaleux est désormais devenu « normal ». Hollande obtient en prime son petit bon d’excuses. La faute à la crise, forcément. Les remontrances se font plus nuancées, les attaques feutrées. Le programme économique-si aberrant soit il- est attaqué sur ses marges et quelques mesurettes sans intérêt. Le passage télévisé hier du Président et cette interview un peu surréaliste et connivente de Claire Chazal conforte cette thèse.

La haine sarkozyste d’hier a ainsi laissé place à une déception hollandaise. Mais attention, cette déception traduit plus une attente qu’un désamour durable comme ce fût le cas avec son prédécesseur… et il y a fort à parier que dans ce domaine, la presse fasse preuve de plus de mansuétude cet hiver que cet été à l’égard de son poulain …

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. Paul Emiste dit :

    La Pravda a fait des petits.

  2. pylatais dit :

    le peuple de gauche est servi mais à entendre tout le monde personne n’a voté pour  » l’incapable en chef » si justement décrit par la dame des 35 heures. pauvre France tu es aux mains » de brasseurs de vent qui ont une commissionnite aigue ».

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