DSK et les medias : Je t’aime moi non plus

Rédigé par Casse-Noisette le 12 octobre 2012.

Dominique Strauss-Kahn
Photo : bixintx

Photo : bixintx

Décidément, DSK est addict aux medias. Dans un long entretien accordé au Point à paraître jeudi dans les kiosques, Dominique Strauss-Kahn demande aux medias de le « laisser tranquille ». Pourtant c’est lui qui vient se rappeler à notre souvenir encore une fois.

Comment interpréter ce nouveau soubresaut médiatique, un an après l’interview sur TF1 avec Claire Chazal, alors qu’il vient de créer son cabinet de conseil en stratégie, que son ami Stéphane Fouks organise pour lui des conférences – Yalta- afin de lui permettre de faire entendre sa voix sur l’économie ?

Objectif : Retrouver un rôle en politique

Observons le scénario. En marge d’une conférence à Séoul, ce 10 octobre, au cours de laquelle il a prodigué quelques leçons d’économie à l’Europe, et taclé au passage François Hollande, paraît le 11 octobre une interview axée sur sa sphère privée, dans laquelle il concède à peine quelques erreurs, revendique une vie privée et cherche manifestement à reconstruire son image politique. Il y use de la victimisation à outrance et reprend des arguments déjà entendus par la bouche de ses avocats : lynchage médiatique, chasse à l’homme etc.

Dans cet article du point, un encadré consacré à l’économie. On ne peut qu’y voir une tentative de revenir sur la scène politique. Le discours est ajusté. On se souvient de la « faute morale » avouée lors de l’interview menée par Claire Chazal au lendemain de son retour de New-York. Ce fut un échec de communication. Il le regrette. Pour cause. Il faut trouver le ton et les mots justes pour amadouer l’opinion. Mais peut-il réussir ce pari ?

D’agresseur présumé à victime

« J’ai été naïf ». La plupart des commentaires d’internautes, lus en marge des articles de presse font état d’ironie et d’étonnement. Est-il admissible qu’un homme de ce niveau, qui a brigué les plus hautes fonctions puisse se dire ou avoir été naïf, jouant avec l’honneur de la France et de l’institution qui l’employait (Affaire Piroska Nagy, Naffissatou Diallo, parties fines avec des notables à Lille).

« Je n’ai jamais été condamné ». Le problème de cette phrase est qu’elle éveille naturellement la suspicion du citoyen quand à de possibles influences de réseau ou d’argent qui lui auraient évité d’être condamné. Simple suspicion. DSK a été impliqué depuis l’affaire de la MNEF dans près d’une dizaine d’affaires à ce jour. Et cela sonne « trop » dans la conscience collective. Non lieu ou pas. Encore une fois les commentaires des internautes réagissent dans ce sens. C’est maladroit de sa part de brandir cet argument, d’autant plus que l’affaire de proxénétisme aggravé à Lille n’est pas bouclée, ni le procès civil que lui intente Nafissatou Diallo à New-York.

« Je ne suis pas riche ». L’Ultime maladresse. Tout le monde a vu le faste dans lequel vivait DSK : La place des Vosges, la maison de Tribeca, le riad de Marrakech ; Certes, il est séparé d’Anne Sinclair, qui a assuré sa richesse pendant vingt ans, mais sortir cet argument quand les français sont frappés par la crise, que le nombre de chômeurs augmente, que le nombre de sdf explose, en se faisant photographier dans son triplex situé dans l’un des arrondissements les plus huppés de Paris, c’est décidément maladroit.

En synthèse, DSK nous ressert le même message que le 18 septembre 2011 sur TF1, à peine modifié. Il continue de se victimiser, et de se servir des medias pour se « blanchir » dans l’opinion et essayer un come-back.

Peut-il revenir en politique?

Comme le dit Stéphane Rozès, politologue et président de Conseil analyses et perspectives (CAP) dans un article paru sur 20minutes.fr:

«Son retour n’est pas possible. Il incarne une période bling-bling dont les Français ne veulent plus entendre parler. Les médias sont intéressés, lui-même l’est probablement, mais les Français ne sont plus dans cette séquence » Tout est dit. Les commentaires postés par les internautes en bas des articles de presse vont dans ce sens. Si François Hollande faisait appel à lui, ce qui est peu probable, il ferait une grave erreur qui grèverait définitivement la confiance des français dans les socialistes.

Source : http://www.20minutes.fr/politique/dsk/1019938-pourquoi-dsk-parle-t-il-maintenant

Déjà 5 remarques sur cet article

  1. Paul emiste dit :

    J´ai déjà vu ce mec quelque part, mais je ne me souviens plus où…

  2. NARCISSE dit :

    Et les médias sont addicts à DSK !

    En effet, force est de constater que si DSK s’est adressé deux fois aux médias depuis plus d’un an, les médias eux par contre ne laissent pas passer une journée sans parler de lui….
    n’est ce pas casse noisettes ?

    De quoi se poser les questions suivantes : Pourquoi les médias ont-ils si peur du retour de DSK ? et pourquoi tiennent t’ils tant à l’empêcher de sortir la tête de l’eau ? Pourquoi ne pas l’écouter tout simplement en le laissant tranquille comme il le demande ?
    Peur des conséquences ou tout simplement peur de perdre leur gagne pain favori ?

  3. NARCISSE dit :

    t les médias sont addicts à DSK !

    En effet, force est de constater que si DSK s’est adressé deux fois aux médias depuis plus d’un an, les médias eux par contre ne laissent pas passer une journée sans parler de lui….
    n’est ce pas casse noisettes ?

    De quoi se poser les questions suivantes : Pourquoi les médias ont-ils si peur du retour de DSK ? et pourquoi tiennent t’ils tant à l’empêcher de sortir la tête de l’eau ? Pourquoi ne pas l’écouter tout simplement en le laissant tranquille comme il le demande ?
    Peur des conséquences ou tout simplement peur de perdre leur gagne pain favori ?

  4. NARCISSE dit :

    Et pourquoi les médias suppriment t’ils les commentaires des internautes favorables à DSK ?

  5. selene dit :

    Et frapper un homme à terre, qui utilise la seule chose qui lui reste: la demande de paix, en adresse aux médias qui, eux, se sont copieusement enrichis à ses dépens, çà ne vous dérange pas?

    Cette propension de la « masspeople » à rejeter les grandes intelligences, à refuser les personnes qui sortent du rang (sans jamais dépasser les limites de la loi) ne manque pas d’être inquiétante.

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