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Taxe Youtube/Google : pas si vite dit Fleur Pellerin

Rédigé par notre équipe le 19 mars 2013.

19.03.2013
Photo Aray Chen (Flickr)
Photo Aray Chen (Flickr)

Photo Aray Chen (Flickr)

Qui a dit que le gouvernement socialiste était pour le matraquage fiscal ? Quand il s’agit de faire payer Google, le mastodonte du Web mondial au chiffre d’affaires stratosphérique (50 milliards d’euros) et passager clandestin du Web hexagonal, notre ministre de l’Economie numérique Fleur Pellerin, freine des quatre fers… et ce malgré un rapport édifiant de ses services appelant le Big Brother californien à mettre la main à la poche.

Google est trois fois parasite du Web français : malgré des affaires plus que prospères dans l’hexagone (9 milliards de bénéfice cumulé sur l’Europe), et parce que ses activités européennes sont officiellement domiciliées en Irlande, il ne s’acquitte auprès du fisc français que de 4 millions d’euros d’impôts. Bien que sa filiale Youtube soit le site le plus gourmand en bande passante et soit en train de saturer les réseaux, Google refuse de participer aux investissements d’infrastructures rendus nécessaires par sa propre expansion. Enfin, et toujours avec Youtube, Google se fait le fossoyeur de la création artistique en diffusant largement des contenus et en rétribuant au lance-pierre les artistes.

Autant de bonnes raisons qui devraient pousser un gouvernement de gôche à partir en guerre contre le géant américain. Si son siège social n’est pas en France, Google est l’archétype du contribuable qui ne peut pas délocaliser son activité : la France reste et demeurera un marché des plus attractifs pour la société… y compris si le gouvernement avait le courage d’imposer quelques règles de bonne conduite.

Des règles de bonne conduite que l’administration semblait prêtes à imposer à en croire les extraits parus dans la presse d’un rapport accablant à l’encontre de Google. Si la question de la fiscalité, timidement soulevée par Fleur Pellerin en début d’année… avant que le dossier ne soit enterré (il est évidemment plus logique de faire payer les ménages et les PME), le rapport revient sur deux points fondamentaux de la stratégie Google : les infrastructures et la création.

Financement des infrastructures

Le rapport commence par dénoncer Youtube qui ne doit plus « pouvoir utiliser sans restriction les réseaux ouverts, et bénéficier d’une tarification attractive conçue pour des utilisateurs de capacité marginale ». Ou comment démonter très clairement et sans ambiguïté la stratégie du passager clandestin de Google. Mais le rapport va plus loin :

« Une telle utilisation serait à la fois injustifiée et économiquement inefficace. Elle ne permettrait pas aux opérateurs de développer des modèles permettant une juste rémunération de leurs infrastructures, et des investissements importants engendrés par ces usages gourmands en capacité ».

En clair, les opérateurs et plus globalement les internautes français ne sont censés régler seuls la facture laissée par Youtube… Le message est clair.

Création culturelle

Même constat et même condamnation en terme de création culturelle. Youtube règne aujourd’hui sur un no man’s land juridique et pille sans vergogne les artistes (français et internationaux) ne redistribuant qu’à la marge les revenus immenses générés par leur travail. Là encore le rapport de l’administration est clair :

« Ces hébergeurs, lorsqu’ils tirent des revenus directs ou indirects d’une activité audiovisuelle, devraient contribuer au financement de la création, au même titre que les éditeurs et distributeurs traditionnels« .

Et à la fin, les socialistes décident qu’il est urgent de ne rien faire…

Il est peu dire que ce rapport, publié en fin de semaine dernière par plusieurs médias, avait fait se lever un vent d’espoir chez ceux qui aspirent à une meilleure régulation du Web et à la fin des baronnies californiennes (Google, Apple, Facebook). C’était sans compter sur l’inépuisable force d’inertie socialiste.

Fleur Pellerin, sans doute effrayée par l’audace de ses services (un comble !), a réagi dans les heures qui ont suivi le fuitage du rapport. Histoire de rassurer Google, elle a assuré sur Twitter que ce rapport n’était qu’un « document de travail » qui n’avait « aucun caractère officiel ».

Avec un gouvernement si soucieux de la justice sociale Google peut dormir sur ses deux oreilles…

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Déjà 7 remarques sur cet article

  1. Urbon dit :

    Bloquer les pubs de google, adsense et compagnie, par les fournisseurs d’accès, tant que les fournisseurs d’accès ne touchent pas leur part du gâteau !

    Le gouvernement, il ne gouverne rien et Internet a appris à se passer de lui… Et heureusement, sinon on en serait encore au minitel. Alors que ça continue comme ça !

  2. Libertad dit :

    Bon article !
    C’est tellement plus simple de faire payer les classes moyennes et populaires pour tenter de boucher le trou financier abyssal qu’engendre la politique irresponsable socialo !

    • Urbon dit :

      Bof, cet article est en opposition complète avec un plus ancien, dont le but était de descendre en flèche Xavier Niel, qui préconise pourtant la solution que je viens d’exposer… Maintenant, il faut descendre Fleur Pellerin, tant pis si c’est contradictoire.

      A quand un débat de fond, un vrai ?

  3. Urbon dit :

    Quelque soit le sujet de l’article, la conclusion est de toute façon la même.

    Oui, le socialisme, c’est maintenant !

    Et le journalisme, un autre jour…

  4. ce qui m’étonne c’est que c’est maintenant qu’ils se décident à faire payer Google, ils osent encore tergiverser en plus!

  5. daniel pilotte dit :

    Il des articles de google qui ne sont pas a jours moi qui ne suis pas du tout ecolo je trouve l idee de fleur pellerin recevable .

  6. daniel pilotte dit :

    Precision ; concernant google il y a des articles qui ne sont pas du tout a jour sinon je trouve l idee de fleur pellerin recevable pourtant je ne suis pas du tout ecolo .

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