Emmanuel Macron a compris la tradition politique française

Rédigé par 1000itant le 09 juillet 2015.

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Dans un entretien accordé au magazine «Le 1» cette semaine, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron affirme que «le peuple français n’a pas fondamentalement voulu la mort de la figure du roi». Une liberté de parole et une justesse d’analyse qu’il nous faut saluer : un bon point pour le banquier d’affaire devenu ministre par le lobbying de Jacques Attali.

Qu’il est difficile d’appliquer la raison à la réflexion politique lorsqu’une idéologie totalitaire (c’est à dire qui prétend contrôler tous les aspects de la vie individuelle, par exemple le genre, la sexualité, la procréation, la famille…) domine nos institutions. Or cette situation sclérosante se produit régulièrement en France depuis 1789, avec son paroxysme en 1793 et ses renouvellements récents en 1968 et 2012.

«Macron : royaliste !» titrent Valeurs Actuelles et le Point, en forçant le trait sans prendre nécessairement le temps d’entrer dans la réflexion du ministre, dont l’objet est la philosophie politique. Or Emmanuel Macron réussit un réel exercice de «libre pensée», en marge de ses fonctions gouvernementales, et rien que cela, il nous faut le saluer.

A la question « la démocratie est-elle forcément déceptive ?», il répond : «Il nous manque un roi ». Non pas qu’il souhaite le retour à une privatisation familiale de l’exécutif, mais il exprime assez clairement qu’en France depuis Clovis, il existe un pouvoir qui exerce le rôle d’arbitre. Un pouvoir au dessus des intérêts individuels et aristocratiques, un pouvoir qui arbitre et fait valoir l’intérêt général, entendons les intérêts de la majorité des plus pauvres. Or, quand la France se prive de cet arbitrage, rien ne va plus, et c’est précisément la situation que nous connaissons depuis Maastricht et la fin du septennat dans notre Vème République.

Et le jeune ministre démontre : « La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude, car elle ne se suffit pas à elle-même (…) Il y a un processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi (…). La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d’y placer d’autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment (…) Pourtant, ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction. Tout s’est construit sur ce malentendu ». Quelle pertinence !

Nous le savons tous, le peuple n’a pas décapité Louis XVI, mais une minorité de fous sanguinaires, pour la plupart de filandreux juristes imbibés des utopies du frère Jean-Jacques Rousseau, ont manipulé un procès truqué pour ouvrir les vannes des tueries révolutionnaires. Les stigmates sanguinolents des charniers de la révolution sont encore imprimés dans notre chair, jusqu’à aujourd’hui.

Mais il nous faut insister sur le fait qu’en guillotinant le Roi, les tyrans de la terreur éliminaient sciemment ce contre-pouvoir qui protégeait le peuple des abus d’une bourgeoisie avide de s’enrichir. C’est bien ce contre-pouvoir, face aux intérêts minoritaires d’une bourgeoisie triomphante, dont Emmanuel Macron regrette l’absence en France aujourd’hui.

Comme quoi la philosophie politique conduite avec une certaine honnêteté intellectuelle peut avoir des implications éminemment d’actualité : force est de constater qu’il n’y a plus aucun contre-pouvoir face à la spoliation des peuples, dans une Union Européenne livrée aux rapaces de la finance internationale. Il est grand temps de reconsidérer le transfert de Notre Souveraineté Nationale aux fonctionnaires de Bruxelles, de reconsidérer les pouvoirs confiés au Président de la République, et enfin de reconsidérer le Président de la République lui-même.

Déjà 6 remarques sur cet article

  1. JpB dit :

    Il n’en reste pas moins qu’il collabore , et sert d’alibi, à un gouvernement de branquignols qui détruit la France….

  2. amazonia dit :

    TRADITION FRANCAISE ?
    14 JUILLET ? Fête du peuple FRANCAIS ? FINI ? FINI/FINI .
    14 JUILLET Fête détourné pour la parade du piteux monsieur Hollandescue !
    cette année = Hollandescue Fête la décapitation !
    des bornes a incendies par ses protégés ARABIA/AFRICA ?
    ALLO QUOI ? DE L’EAU / DE L’EAU tout est gratuit ?
    TOUT EST PERMIS ?
    ARROSAGE INTERDIT pour les salades et carottes des vieux
    qui ont des retraites de misère ?
    14 JUILLET ? LE RIDICULE HOLLLANDESCUE 1ER DICTATEUR
    FRANCAIS QUI CHERCHE L’ESPRIT DU 11 JANVIER ?
    LE 14 JUILLET pour sa PUB /PROMO / PERSO ? FLOP .
    ENCORE LA HONTE C’EST LUI . DEMISSION .

  3. Bluesun dit :

    Macron a compris ce qu’on lui dit de comprendre.
    Et pense « librement » ce qu’on lui impose de penser..

    (Tout comme au peuple d’ailleurs depuis 30 ans)

    Pantin entre les mains d’un gouvernement, qui n’est lui même qu’un pantin entre les mains de ceux qui tirent les ficelles à Bruxelles.

    Si un jour il y a eu révolution en France, et qu’un roi en a perdu sa tête, c’est bien parce que le peuple de France crevait de faim quand d’autres ventre plein se disaient que tout allait bien, et ne voulaient surtout pas entendre les bruits de la rue tout en oubliant que la faim fait sortir le loup du bois.

    Ce que nous vivons d’ailleurs aujourd’hui, sous couvert d’un modernisme voulue par une poignée d’hommes.

    1981, pour mieux nous vendre l’Europe dès son arrivée au pouvoir Miterrand nous parlait de lendemains qui chantent.
    Et tous ceux qui l’ont suivis, nous ont parlé de changement.

    1982, la France commence à crever de faim (impenssable alors). Mais tout comme le roi, nos politiques tous les matins en se remplissant le ventre, se crevaient les yeux.

    1985, devant cette inertie des politiques, et devant la montée de la pauvreté Coluche ouvre son premier restau du coeur « du provisoire ».

    2015, avec la perte de mémoire imposée, et l’habitude installée, nous sommes devenus des sans dents, les associations et l’assistanat ont remplacés l’emploi.

    Phrase de l’article :

    « Il est grand temps de reconsidérer le transfert de Notre Souveraineté Nationale aux fonctionnaires de Bruxelles, de reconsidérer les pouvoirs confiés au Président de la République, et enfin de reconsidérer le Président de la République lui-même.

    Un seul pays, l’europe-mondialisation, une politique et un Président qui n’en est déjà plus un.
    Plus de référendums, plus de votes pour entendre la voix du peuple choisir son président.

    Un peuple sans dents, sans véritable pays, sans président, sans volonté….sans dents….sans plus rien….
    Mais toujours sous dictature de penser ce qu’on lui impose, et dire ce qu’on lui dit de dire….

    Dans les années 1990, on a commencé à nous parler de politique en nous disant plus de droite, ni de gauche..
    Bayrou a monté son Modem, le fessier installé entre deux chaises il n’a pas compris que le peuple n’était pas encore prêt à ce genre d’exercice.

    SI 25 ans après on nous dit que :

    « et enfin de reconsidérer le Président de la République lui-même. »
    C’est que nous sommes arrivés sur le point de non retour. Que tout comme en tant de guerre sur les ondes, on entendait que les carottes étaient cuites.

    Notre futur sera t-il alors celui que vit la Grèce aujourd’hui?

    Mitterrand lui même, après avoir vanté l’Europe comme le paradis sur terre, est venu dire juste quelques jours avant le vote de « l’annulation de la France », celui de Maastricht :

    « La France sera une plaque tournante parce que située au milieu de l’Europe, il n’y aura plus rien, il sera impossible de revenir en arrière »
    Une mise en garde….!!!Voulue arrivée trop tard….

    Les cerveaux depuis le temps amalgamés à la musique des lendemains qui devaient chanter, à fait qu’ils se sont fracassés 30 ans après sur leurs illusions perdues.

    Quant à l’esprit de famille celle-ci existe depuis Adam et Eve…
    Avec l’idée « géniale » du changement, aidée de l’intelligence scientifique (et du sang contaminé) ; elle est devenue le grand n’importe quoi.

    La gauche, n’est plus ce qu’elle était, la France en 30 ans d’UMPS, d’or s’est transformée en plomb n’est devenue que l’ombre d’elle même.
    Macron, tête de premier de la classe,formaté pour continuer de divulguer la pensée unique, et marteler la compréhension unique.

    Quant à DE GAULLE, il a fait de la France un pays libre, fier, travailleur, souverain, un pays respecté dans le monde entier où charbonnier était maître chez lui, et charbonnier était fier de se dire FRANCAIS.

    Avec tous les autres depuis les années 1981, sans aucune guerre, la FRANCE est devenue tout le contraire.

    Et le peuple, toujours en attente des lendemains qui chantent ne sont devenus que des « SANS DENTS », fierté d’hommes politiques qui se prennent pour des DE GAULLE….
    en faisant le guignol rue du cirque…risée du monde entier.

    Nous sommes « sans dents » après avoir été des sans culottes..
    La guillotine n’est plus, mais un point commun avec le roi, ils ne sont que de passage.

    La révolution a fait alors le changement. Mais de « sans dents », on a rarement vu les dents « définitives » repoussées.

  4. daniel pilotte dit :

    Macron un socialope ex BANKSTERS, la seule chose qu’il est compris comment entretenir le train de vie de l’état avec l’argent de la populace.

  5. Bluesun dit :

    @ daniel pilotte

    Pas faux, il arrive de la banque Rothschild, en 2017, ce nouveau prince à confiture du PS aura du savoir faire dans ce domaine.

    Macron, ainsi formaté de tous côtés, va nous faire entrer dans le goulot de la bouteille de la politique et pensée unique. (De gré ou de force).

    Les UMPS ne sont plus cotés, DSK est à la ramasse, Hollande ne sort pas du cirque et pourtant il parle de revenir, (c’est qu’il sait que quelque part, il a du répondant).
    Macron, (pour eux) ; semble être un bon cheval….

    En tous cas au regard de l’article, cet homme là est prêt…
    Les autres sont prêts aussi, à nous envoyer dans la bouteille.

    En même temps, ça fait 30 ans, que nos votes leur donnent ce pouvoir là….

  6. NOEL dit :

    Un Roi en France, pourquoi pas? Comme dans de nombreuses autres démocraties européennes! Il suffirait que la légitimité démocratique (ou populaire) source des pouvoirs législatif et exécutif reconnaisse la « légitimité historique » de la tradition dynastique capétienne: une légitimité du symbolique au-dessus et au-delà du politique, une légitimité de service de celui qui serait alors le premier « Serviteur du peuple ».L’intérêt de cette haute fonction est même reconnue en Espagne par Pablo Iglesias, leader de Podemos (gauche radicale). Le Roi (ou la Reine) relierait notre histoire avec notre présent et notre avenir par le moyen de la succession dynastique; il relierait les citoyens de toutes couleurs politiques puisque au-dessus du politique, car non élu; il pourrait ainsi représenter à l’intérieur et à l’extérieur tous les Français. Il irait où le peuple travaille pour exalter les résultats de ce travail, il irait où le peuple pleure et souffre pour manifester son empathie, il irait où le peuple se réjouit pour se réjouir avec lui. Exercé avec dévouement, ce très haut service national ferait de tous les citoyens les membres d’une même famille et rendrait à chacune et chacun de nous la fierté d’être Français.

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