Cheyenne-Marie Carron : un météorite dans le cinéma d’auteur

Rédigé par Philippe Lesage le 27 octobre 2015.

Par les temps qui courent, Il n’y a guère plus de cinéastes comme ce petit bout de femme. Sujets difficiles, dialogues soignés, rythmes et jeux émotionnels parfaitement maîtrisés, la huitième œuvre de Cheyenne-Marie Carron arrive en salle : «Patries», ou le racisme anti-blancs. Elle signe une chef d’oeuvre.

Cheyenne-Marie Carron présente donc «Patries», un film audacieux sur un sujet tabou en France : le racisme anti-blanc. Sujet brûlant caché par les médias de propagande, la scénariste-réalisatrice en dévoile les réalités vécues, en dissèque les ressorts culturels et psychologiques, sans pudeur ni parti-pris. Son film construit tout à la fois une histoire, une réflexion, une image et un style narratif, qui nous plonge dans la désespérance et les espoirs de personnages déracinés et ô combien humains. Comme ce film nous ressemble !

Comment Cheyenne-Marie Carron a-t-elle pu réussir un tel monument du cinéma d’auteur avec un budget aussi ridicule, à peine le prix d’une minute de clip publicitaire ? Pourtant, Cheyenne-Marie Carron cisèle ce bijou d’orfèvre rare. Comment est-ce possible ? Si mal chaussée et si bien arrivée, Il y a là, la marque indicible du génie.

Ni matraquage publicitaire, ni esbroufe ou faux scandale, rien de ce que fait Cheyenne-Marie Carron ne ressemble à notre société consumériste et compulsive. A 39 ans et venue de son Ardèche adoptive, sa cinégraphie est déjà impressionnante avec deux courts et cinq longs métrages à son actif de réalisatrice talentueuse.

Les films de Cheyenne-Marie Carron gagnent lentement mais sûrement la notoriété qu’ils méritent, rencontrent assurément la sympathie de leur public, pourquoi ? Parce que le cœur de Cheyenne anime chacun de ses plans, parce que l’âme de Cheyenne imprègne les visages de ses acteurs, comme autant de miroirs cristallins fidèles à l’inspiration de la réalisatrice.

Le film «L’Apôtre», avait certes mis à l’épreuve la sacro-sainte liberté d’expression à la française, pas si libre que cela en définitive si on se souvient des interdictions de la projection, notamment à Nantes. Au fond, «L’apôtre» avait été un juste révélateur de la dictature de la pensée unique sous le régime de laquelle les Français vivent aujourd’hui, avec la peur au ventre, peur permanente de la délation ou de la sanction, médiatique ou judiciaire.

Mais n’est-ce pas précisément cela un film d’auteur ? Un film qui nous révèle qui nous sommes ; un film qui nous fait prendre conscience des non-dits de notre lâcheté collective ; un film qui nous permet de nous grandir en humanité, dans notre France bigarrée, telle qu’elle est aujourd’hui ?

«Patries», c’est tout cela à la fois : une histoire, une analyse, un révélateur, un acte courageux de création artistique au service du bien commun dans une pauvreté de moyens presque insoutenable : une oeuvre singulière et magnifique. Bravo l’artiste !

Déjà 6 remarques sur cet article

  1. Toto dit :

    Une météorite : Fragment de corps céleste qui tombe à la surface d’un astre, de la Terre. (Le petit Larousse)

    C’est bien cela.

    « Un météorite » : y a t-il une intention dans la masculinisation du titre ?

    • Titi dit :

      Il semble que le « e » manquant du titre à « un(e) météorite » ait glissé dans le corps du texte à un(e) chef d’oeuvre (fin du premier paragraphe).

      Un bel article qui parle d’un un beau film.

  2. Bidul dit :

    « Née de parents biologiques kabyles, elle est abandonnée à l’âge de trois mois, sans procédure, ce qui fait que sa famille d’accueil française et catholique ne peut l’adopter légalement qu’à ses vingt ans. Elle choisit son prénom en référence à son petit frère adoptif, un Indien du Guatemala. »

    Encore une immigrée ? A tout les coups, elle est intermittente.

    Bref, encore une bonne poire, qui se serait fait virer à coups de pied au cul si l’extrême droite était au pouvoir.

    • Machin dit :

      Encore une provoc aussi vulgaire que débile du gocho de service Bidule,
      Tout ce qu’elle risque, c’est de se faire lyncher par la meute des bolchos médiatiques.

  3. JpB dit :

    Bravo au courage de Cheyenne Marie Caron.

  4. daniel pilotte dit :

    La météorite ; Corp provenant de l’espace pour atteindre la surface terrestre, encore un titre provenant de propagande digne de la secte de la scientologie.

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