Île Saint-Louis : pré carré d’Airbnb ?

Rédigé par notre équipe le 27 novembre 2015.

En six années d’existence, Airbnb est devenu un acteur incontournable du tourisme en France. Paris est même la première destination mondiale parmi toutes les villes répertoriées sur la plateforme californienne. Un succès qui ne peut occulter certains aspects négatifs. Les quartiers les plus en vue souffrent de cette présence nouvelle et les habitants de l’Île Saint-Louis à Paris, par exemple, se plaignent des nuisances incessantes dues à l’omniprésence de touristes made in Airbnb.

Le tourisme est un formidable atout pour le développement économique. 8 % du PIB français est issu de cette activité et Paris attire un flot continu d’étrangers désireux de découvrir les charmes de la capitale française. Aujourd’hui, l’impact des attentats est au cœur de toutes les préoccupations et les commerçants espèrent que la confiance et la sécurité seront de nouveau au rendez-vous en cette fin d’année. Le tarissement relatif du flux se fait d’ores-et-déjà sentir sur le quotidien des zones les plus investies par Airbnb. Le Marais compte parmi les cibles les plus prisées des touristes tout comme l’Île Saint-Louis, véritable havre de paix niché au cœur de la capitale. Un havre de paix, mais plus pour les habitants exposés à un afflux sans cesse renouvelé de voyageurs venus pour faire la fête et qui se moquent bien souvent du tapage nocturne et autres nuisances qu’ils produisent.

Il suffit de se prélasser quelques minutes à la terrasse d’un café de l’île Saint-Louis pour apercevoir le va-et-vient de touristes trainant leurs valises à la recherche de l’adresse de leur appartement loué sur Airbnb. Certains immeubles sont même devenus des hôtels qui ne disent pas leur nom tant le nombre de locataires pour de très courtes périodes est important. Les multipropriétaires qui font de Airbnb une source de revenus à faire pâlir le salarié moyen prennent de plus en plus de place. Les problèmes de logement structurels à Paris sont démultipliés par la présence des plateformes de type Airbnb et la municipalité semble avoir conclu un pacte peu bénéfique sur le long terme. En échange du paiement d’une modique taxe de séjour (0,83 euro par personne et par nuité), la location de très courte durée est la bienvenue dans la capitale française. La maire de Paris a même osé laisser Airbnb prendre ses quartiers dans les catacombes à l’occasion de la nuit d’Halloween contre de l’argent. Les étudiants, salariés pauvres et classes moyennes attendront un revirement qui ne viendra certainement pas pour se loger à Paris.

Pour ceux qui ont la chance de vivre en ville, les conditions se dégradent dans les quartiers les plus séduisants pour les touristes. Et les nuisances sont aujourd’hui leur hantise. Bruit, allées et venues incessantes, fêtes alcoolisées et tapage nocturne. Une habitante a même été victime d’une exhibition sexuelle alors qu’elle rappelait à l’ordre des fêtards Airbnb bien trop peu respectueux des règles de savoir-vivre. Le problème s’accroit chaque semaine un peu plus et il en va de l’avenir de la capitale. Après la gentrification, le nouveau danger s’appellerait-il Airbnb ? De l’autre côté de la Seine, au commissariat de police du 4ème arrondissement, on affirme recevoir environ une main courante par semaine à propos de nuissances causées par des Airbnbistes. Au finale, les habitants ont l’impression d’être sacrifiés sur l’autel du tourisme au risque de faire perdre à Paris son ADN. Seulement, une ville est à l’image de ses habitants ; si ces derniers fuient à cause des nuisance ou doivent partir car dans l’impossibilité de trouver un logement, la capitale deviendra une coquille vide.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Maude dit :

    Mon Dieu , quelle horreur pour ces habitants de l’ile St Louis et du Marais !
    Une main courante par semaine ? C’ est affreux !

    Oui vraiment ces pauvres parisiens des quartiers bobos hors de prix ne méritent pas ça !

    Peut on leur suggérer d’aller vivre à Barbès, dans le 18e, dans le 93…pour gouter aux joies de la mixité sociale et du vivre ensemblisme parmi les racailles et les dealers ?

    Ce serait certainement plus supportable que les touristes même parfois un peu fêtards !

  2. daniel pilotte dit :

    Une telle pollution visuelle me semble d’un goût MERDIOCRATIQUE.

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