Cascade de fails à la SNCF, on continue comme si de rien n’était ?

Rédigé par Notre équipe le 04 janvier 2016.

« A nous de vous faire préférer le train. » Tel est le slogan de la SNCF. Ce n’est pas gagné. Depuis la prise de fonctions de Guillaume Pepy à la tête du groupe – et encore plus depuis un an – les couacs s’accumulent, quand il ne s’agit pas de drames lourds. Une ligne chaotique ayant durablement écorné l’image de la société. Retour sur une année rythmée par les fiascos.

Depuis le 1er janvier 2015, la SNCF s’est réformée, et le groupe est désormais constitué de trois établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) : l’EPIC mère « SNCF », chargé du pilotage stratégique du groupe, « SNCF Réseau » propriétaire et gestionnaire du réseau ferré national et « SNCF Mobilités » chargé de l’exploitation des trains. Cette segmentation de l’activité du transporteur ferroviaire était censée faciliter et fluidifier la gestion, l’exploitation et la maintenance du réseau ferré national. Pourtant, cette année a été des plus chaotiques, marquée par un nombre inquiétant de mauvaises nouvelles. Ainsi, à la mi-décembre, la direction de la SNCF présentait le projet de budget pour 2016 du nouveau groupe public ferroviaire. Ce budget inclut de gros efforts de restructuration, avec un effectif budgétaire de 148 057 postes, soit 1 400 de moins qu’en 2015, selon une expertise réalisée pour le comité central d’entreprise (CCE). C’est l’équivalent de 1 % des effectifs qui disparaissent.

« C’est un ajustement d’effectifs lié à l’activité et à des gains de productivité », précise la SNCF. Un ajustement de plus, semblerait-il : l’an dernier, le projet de budget 2015 avait déjà organisé 1 100 suppressions de postes (-0,7%), autant qu’en 2014. Plus généralement, depuis 2003, plus de 25 000 départs n’ont pas été remplacés à la SNCF. Un rapport, mené dans le cadre de l’examen par le CCE des orientations stratégiques de la compagnie à la suite de la réunification cette année de la SNCF et de Réseau ferré de France (RFF) et remis en début d’année par le cabinet Secafi, préconisait la suppression de 11 000 à 13 000 postes au sein du groupe d’ici à 2020. Plusieurs sources syndicales ont indiqué qu’elles refuseront de rendre un avis sur le projet de budget lors du CCE. Elles avancent « une communication tardive » des documents ce qui leur rend impossible d’apprécier ce budget en l’absence de vision de moyen terme sur les engagements du groupe. Ce manque de visibilité n’est pourtant pas un cas isolé.

L’empressement du groupe à annoncer un accord venu de nulle part avec la plateforme de location entre particuliers Airbnb, avant de l’annuler quatre jours plus tard, atteste également d’un empressement peu fécond. Dans les faits, le site voyages-sncf.com, filiale de la SNCF, souhaitait proposer à ses clients, à l’achat d’un billet de train, de mettre à la location leur logement vide en leur absence via Airbnb dans le cadre d’un partenariat. Cette nouvelle soudaine a provoqué une véritable levée de boucliers dans la communauté hôtelière qui s’est dit « choquée et en colère », dénonçant un partenariat entre une « entreprise publique subventionnée par l’État » et une « multinationale destructrice d’emplois », qui « ne respecte pas les règles fiscales » françaises.

Il faut rappeler qu’Airbnb, en dépit d’une valorisation de plus de 25 milliards de dollars, ne déclare que 2% de son chiffre d’affaires en France et ne créé quasiment aucun emploi, malgré le fait que l’Hexagone soit son principal territoire d’activité. Le transporteur a fait machine arrière dans les quatre jours dans un communiqué, se rendant compte que l’annonce était – sinon une erreur sérieuse – prématurée : « Face à l’incompréhension créée par la promotion ponctuelle de Voyages-sncf.com avec Airbnb, Voyages-sncf.com a décidé d’arrêter l’opération en cours. »

La SNCF déclare désormais vouloir « prendre le temps du dialogue avec l’ensemble des professionnels de l’hôtellerie afin d’analyser les conditions dans lesquelles les nouveaux modèles d’économie collaborative peuvent contribuer à la relance du tourisme en France. » Il n’empêche, il aurait été plus heureux de commencer par le dialogue plutôt que de tenter de mettre l’ensemble du secteur face au fait accompli ! C’est ce qu’a rappelé l’association AhTop (Association pour un Hébergement et un Tourisme Professionnels, qui regroupe 30 000 professionnels du secteur touristique), qui déplorait, selon les mots de son président Jean-Bernard Falco, « un véritable détournement de l’actif national, que représente chaque siège des trains français, au profit d’une société étrangère, quasiment défiscalisée en France« .

L’inconséquence du groupe ferroviaire ne s’est pourtant par arrêtée là. La SNCF s’est tristement illustrée par sa précipitation en matière de sécurité en novembre dernier, avec l’accident tragique qui s’est produit sur la rame d’essai du TGV-Est, à quinze kilomètres de Strasbourg. Ce déraillement intervenu lors d’une circulation d’essai technique a fait 11 morts et une quarantaine de blessés parmi les 53 personnes à bord. Si l’accident est regrettable, ce sont les conditions dans lesquelles il a eu lieu qui sont scandaleuses. Le train « roulait à 265 km/h à l’entrée de la courbe au lieu de 176 dans le cadre des essais et a effectué un freinage trop tardif », selon la SNCF. Le train a déraillé à 243 km/h. Elle explique que la présence de 7 personnes dans la cabine de conduite, au lieu de 3 habituellement en phase de test, aurait pu déconcentrer le conducteur. Le patron de la SNCF avait alors évoqué « un certain manque de rigueur dans la préparation de la liste des personnes et son contrôle. »

Il va de soi qu’aucune personne, autre que celles nécessaires à la bonne conduite de l’essai, n’aurait dû se trouver à bord. Or, la rame a accueilli 53 personnes à son bord, dont quatre enfants et adolescents âgés de 10 à 15. Il s’agissait des familles du personnel à bord pour ce test, qui n’avaient rien à y faire. Cet incident est alarmant car il souligne le délitement du respect des consignes de sécurité du transporteur. Et il ne s’agit pas d’une exception. Nombre de cheminots avouent que la présence de personnes non autorisées à bord de ces trains était une pratique courante, y compris durant les phases d’essai. Une boulette de plus pour une année 2015 sous le sceau du capharnaüm, de l’approximation, voire de la négligence sévère, sans pour autant que la direction du groupe ait été inquiétée. Vous avez dit bizarre ?

Déjà 5 remarques sur cet article

  1. zelectron dit :

    La SNCF a été une machine support pour les syndiqués (de gauche, CGT en tête) pendant presque 7 décennies ! ce monopole a couté à l’économie française des sommes vertigineuses de la part des usagers et d’autre part des contribuables. Il serait temps de recréer les 5 régions d’origine et de démanteler le reste de cette entité gouffre financier patent !

  2. tores dit :

    c est tout? c est cela votre scoop? vos cascades? en manque d info demander a Béfém télé…

  3. Machin dit :

    Sujet inquiétant aussi à la Sncf, comme à la Ratp et Air France d’ailleurs, c’est le nombre croissant de fichés S et islamistes de tous poils….ce que vient de  » découvrir » la petite caste politico médiatique, mais ce qui était dénoncé depuis longtemps par des sites de réinformation , dénoncés alors comme racistes par les mêmes !

    Et rien ou si peu est fait pour y mettre un terme …..

  4. daniel pilotte dit :

    La SNCF déraille, avec les syndicats extrémistes gauchistes la SNCF n’arrivera jamais de se mettre sur la bonne voie.

  5. zelectron dit :

    @Machin,
    la petite caste politico médiatique : des autruches !

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