Le nucléaire français n’a pas dit son dernier mot

Rédigé par notre équipe le 05 avril 2016.

Démission du directeur financier du groupe EDF pour cause de désaccord stratégique, inquiétudes des pays voisins quant à la sécurité des installations françaises (malgré les nombreuses garanties apportées par l’Autorité de sûreté nucléaire), il n’en aura pas fallu beaucoup plus aux antinucléaires pour repartir à l’attaque et souffler sur les rumeurs d’un nouveau déclin de l’industrie nucléaire française. Des interprétations aussi fausses qu’alarmistes qui occultent un peu trop vite le poids que représente le nucléaire dans l’économie française.

Rumeurs de décadence, le vrai mal du nucléaire français

Comme d’habitude, la même musique, les mêmes éternelles critiques pleuvent sur le nucléaire français, étrangement relayées dans le paysage médiatique avec une ferveur toute militante et certainement dictées par l’appât du buzz au détriment des principes déontologiques les plus élémentaires. L’industrie nucléaire française, serait aujourd’hui en perdition et les groupes EDF et Areva, fleurons du nucléaire français, pourraient sombrer avec elle. Un discours des plus surprenants au regard du rôle joué par l’électricité nucléaire dans l’approvisionnement national et les prévisions de production pour les décennies à venir.

La France ne semble pas en effet en position de se passer du nucléaire, ni même de réduire son volume de production. Le parc nucléaire, un des plus denses au monde, assure aujourd’hui une certaine indépendance énergétique à l’Hexagone, et permet d’offrir aux usagers une électricité à la fois décarbonée et très bon marché. Les prix de l’électricité en France font partis des plus faibles en Europe.

Certes, la loi de transition énergétique prévoit une baisse de 75 % à 50 % de la part du nucléaire dans le mix énergétique national d’ici à 2025, et le nouveau plan stratégique du groupe EDF CAP 2030 entend désormais concentrer ses efforts sur le développement des énergies renouvelables. Pour autant, la hausse prévisible de la consommation de courant (véhicules électriques, nouveaux appareils…) nécessitera de maintenir la puissance installée du parc nucléaire à son niveau actuel de 63,4 GW, tout en respectant l’objectif inscrit dans la loi de transition énergétique. L’énergéticien français prévoit pour cela, sous réserve de la validation du gouvernement et de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le prolongement à cinquante ans, voire soixante ans, de la durée d’exploitation d’une majorité des 58 réacteurs français.

Un dynamisme prometteur à l’international

D’autre part, si l’industrie nucléaire française est toujours largement critiquée dans l’Hexagone, elle ne semble pas en pâtir à l’international. Le rebondissement de la filière opéré ces dernières années permet aux PME françaises de se repositionner et au groupe EDF de viser de nouvelles perspectives de croissance.

Le marché nucléaire est en pleine expansion en Chine notamment grâce à la demande croissante en électricité de son industrie et de sa population, conjuguée à une problématique sérieuse de pollution atmosphérique, mais également en Russie qui construit ses réacteurs VVER sur son territoire et à l’extérieur. De nombreux autres pays investissent à leur tour dans des centrales nucléaires comme le Royaume-Uni, l’Inde, l’Afrique du Sud, la Hongrie ou l’Arabie-Saoudite.

En Afrique du Sud, un appel d’offres de 9.600 MW d’installations nucléaires devrait être lancé à la fin du mois et EDF et Areva sont d’ores et déjà sur le pont. Ces deux partenaires français prévoit par ailleurs dans le cadre d’un accord de fusion d’optimiser le réacteur nouvelle génération EPR et de le rendre plus compétitif. Ces améliorations permettront de proposer un tarif réduit d’au moins 25 % et de répondre dans les délais aux nouvelles velléités de développement de la filière en Arabie-Saoudite.

Pour rappel, la filière nucléaire française rassemble à ce jour plus de 2500 entreprises et emploie près de 220.000 salariés pour un chiffre d’affaires de 46 milliards d’euros dont 5,6 milliards à l’export. Avec 1,8 milliard d’euros de R&D, elle se classe aussi en 4ème position des filières les plus innovantes de France, et pourrait embaucher jusqu’à 110.000 personnes supplémentaires à l’échelle nationale dans les années à venir.

Arnaud Daguin

Déjà une remarque sur cet article

  1. bob dit :

    C’est beau comme la méthode Coué !
    Magnifique, splendide !
    Même après la cata en France vous changerez pas une virgule !
    Je le sens bien !
    Ca vous fait un point commun avec Cheminade , Longuet et la CGT !
    On est mal barré, c’est clair !

Laisser un commentaire