Europe : Obama casse la barraque

Rédigé par 1000itant le 02 mai 2016.

Que vient faire Barack Obama en Europe ? Certains disent «faire briller le drapeau américain avec ses dents blanches», d’autres «convaincre que le poulet au chlore et le coca cola sont l’avenir de l’Europe», d’autres enfin sensibles à la «real politique» affirment qu’Obama est venu «diviser les européens». Ce dernier point est si présent dans l’action historique des États-Unis d’Amérique sur le continent européen, qu’il mérite que nous le développions en 3 points :

Au Nord et depuis huit ans, Barack Obama fait tout pour empêcher les rapprochements de l’Union Européenne avec la Russie, tant que cette dernière n’est pas sous contrôle américain. Hollande l’américain n’a donc rien trouvé de mieux que de reconstruire un «mur de Berlin économique» avec tous les effets destructeurs que nous subissons : rupture des coopérations économiques dans les domaines de la technologie (bateaux Mistral), arrêt des exportations de notre agriculture (sanctions économiques) et fermeture des perspectives d’échanges dans le domaine de l’énergie. De surcroît, la presse sous influence organise la mise en accusation médiatique et permanente du président Russe. Enfin, la diplomatie de Laurent Fabius n’a rien trouvé de mieux qu’une action subversive et criminelle contre les alliés de la Russie au Proche-Orient. Le vote favorable de l’Assemblée Nationale française pour faire tomber les sanctions de l’Union Européenne contre la Russie constitue un mauvais signe pour le président américain. Il est possible que le premier citoyen américain soit effectivement venu s’assurer que les germes de la division prospèrent en Europe.

Au sud, l’oncle Sam travaille avec acharnement depuis les années 1980 à faire tomber les frontières (Schengen), et à faire entrer la Turquie dans l’Union Européenne : aujourd’hui les pays de l’Union Européenne n’ont plus de frontières, le piège de l’invasion migratoire est tendu ; il ne reste plus qu’à le faire fonctionner pour briser les cohésions nationales et multiplier les foyers d’instabilité en Europe, donc briser les résistances au marché mondial. Nous y sommes. L’Etat Kosovar a été conçu pour cela par les stratèges américains : il abrite désormais la base militaire de Bondsteel, fer de lance du renseignement militaire américain dans les Balkans et gouvernail de la déstabilisation de l’Europe par l’invasion migratoire. Par ailleurs, l’appui militaire et stratégique de l’OTAN sous clé américaine dont bénéficie la Turquie n’est pas sans nous rappeler qu’à une autre époque pas si lointaine, des sociétés américaines apportaient leurs soutiens financiers massifs à l’appareil de guerre d’un certain Adolf, resté tristement célèbre. Effectivement, dans le domaine de la géopolitique, les vieux trucs sont les meilleurs trucs, et diviser pour régner demeure un principe d’action efficace. Les américains voudraient déstabiliser durablement l’Europe qu’ils ne s’y prendraient pas autrement qu’en voulant forcer le mariage contre-nature entre l’Union Européenne et la Turquie.

Selon certaines mauvaises langues, les manœuvres récentes de l’administration américaine auraient pour but de briser l’axe franco-allemand. Cela expliquerait une relative «mise en concurrence» pour le leadership en Europe, relayée par la presse américanophile. Pour cette presse, l’Allemagne serait le bon élève et la France le mauvais, en attendant le jeu inverse des semeurs de discorde. Le french bashing du moment apparaît donc comme une réaction classique des américains confrontés aux résistances de l’opinion publique française, elle-même irritée par les diktats d’une administration Bruxelloise de toute évidence sous influence américaine.

Certes Barack Obama prépare sa sortie et voudrait laisser de lui une bonne image, mais il est aussi un président en fin de mandat qui n’a plus grand-chose à perdre. Aussi peut-il se permettre quelques risques, comme marginaliser ses opposants en Europe, à défaut de casser complètement la baraque.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Gérard dit :

    Et vous avez oublié de signaler la toute récente (et scandaleuse) ingérence d’Obama dans les affaires intérieures de la Grande-Bretagne pour tenter d’infléchir vers le statu quo dans l’Union Européenne. Jadis, l’Amérique du Nord était une colonie anglaise, il semble que maintenant les rôles soient inversés.

  2. Daniel Pilotte dit :

    Obama un sacré lascar de président avec un mandat de président totalement à côté de la plaque, vivement la victoire de TRUMP

Laisser un commentaire