Le CIRC de la recherche internationale sur le cancer

Rédigé par Notre équipe le 06 septembre 2016.

Le cancer est une maladie qui touche de nombreuses personnes en France et à l’étranger. Selon les dernières données disponibles, le nombre de nouveaux cancers en France métropolitaine en 2015 est de 385 000. Plus de 8 millions de personnes décèdent chaque année dans le monde et chaque famille doit faire face un jour ou l’autre à ce mal. Etudié sous toutes les coutures depuis plusieurs décennies, le cancer – ou plutôt les cancers – sont analysés par des centres de recherche toujours plus efficaces. Le premier d’entre eux est le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) mais il n’est malheureusement pas exempt de reproches très sérieux sur ses communications en matière de santé publique.

Déclaré comme fléau de l’humanité en 1906 à l’occasion de la première conférence internationale pour l’étude du cancer, cette maladie est aussi vieille que l’espèce humaine et a même été décrite par les Egyptiens il y a 6 000 ans. Ce n’est pourtant qu’en 1965 qu’est fondé sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) basé à Lyon (Rhône). Depuis, il coordonne la recherche au niveau mondial sur le cancer et publie des rapports sur les risques cancérogènes. Des risques quotidiennement mis en avant dans la presse par le CIRC ou des laboratoires travaillant aux quatre coins du monde. Les avancées sont nombreuses même si chacun aura remarqué que les publications se suivent et se contredisent joyeusement.

Course à la publication

La dernière étude largement reprise dans la presse concerne le cancer des ovaires. « Des chercheurs » – les précisions quant à l’origine de cette étude ne semblent pas intéresser la plupart des journalistes – ont remarqué que les femmes qui se nettoient l’intérieur du vagin ont plus de risques de contracter un cancer des ovaires que celles qui n’ont pas recours à cette toilette intime. La raison mise en avant est la destruction de la flore protectrice qui nettoie d’elle-même l’organe ; la nouvelle fait déjà trembler de nombreuses femmes qui ont pris l’habitude de cette pratique. L’information est lâchée telle une bombe et nul ne prend le temps de regarder de plus près l’étude et d’en discuter les éléments ; un nouveau rapport aussi peu questionné viendra sans doute la supplanter dans quelques jours et une nouvelle habitude ou comportement sera au cœur des peurs.

Aujourd’hui, des centaines de laboratoires à travers le monde travaillent de près ou de loin sur le cancer et ses causes. Et pour exister dans un univers où le relais médiatique est indispensable, la course à la publication est devenue la règle. Etre publié dans les revues les plus prestigieuses, ou n’importe où si la première option n’est pas possible, est une question de salut. Le seul objectif est de montrer que l’on existe à la face du monde et que les financements sont les bienvenus pour soutenir la cause. Une pratique qui entraîne souvent des abus ainsi que des études sujettes à caution, à cause de la course effrénée que se livrent les différents instituts.

La « crainte de tout » s’installe

Le CIRC est semble-t-il lui aussi coupable de ce genre de pratiques. Ses sujets de préoccupation, très actuels, concernent le quotidien de nombreuses personnes. Consommation alimentaire, utilisation du téléphone portable, tout est passé au crible du centre de recherche… avec des effets d’annonces qui ne sont pas toujours suivies de faits. Ainsi, les téléphones portables et les ondes qu’ils émettent ont été pointés du doigt en 2011. A lire le rapport du CIRC, le cancer du cerveau était assuré dès lors qu’une utilisation intense du portable était faite. Sauf que cela n’a jamais été étayé depuis, malgré les innombrables études qui ont suivi. Le téléphone portable a, lui toujours, mauvaise presse…

Quatre années plus tard, c’est au tour de la viande rouge d’être victime du CIRC lorsque elle est déclarée « probablement cancérigène pour l’homme ». Là encore, la bombe est lancée accompagnée d’un casse-tête pour tous les professionnels du secteur qui doivent prouver la non nocivité de la viande auprès des consommateurs. L’homme se nourrit de viande rouge depuis la nuit des temps, mais sa consommation est désormais découragée. Même le café avait été mis sur la sellette il y a deux décennies avant finalement de rentrer en grâce comme un produit de prévention du cancer. Les études et rapports du CIRC se suivent et peu importe si les contradictions s’enchaînent ou si elles mettent à mal des secteurs entiers sur de simples présupposés.

Faut-il rappeler que tout excès est dangereux ? Viande rouge, café ou même eau deviennent dangereux dès lors qu’ils sont consommés en trop grande quantité. Le CIRC est en fait l’exemple parfait de la culture de la peur et du principe de précaution qui s’étendent de plus en plus en Europe. Tout est aujourd’hui considéré comme dangereux. La lecture de cet article l’est aussi dans la mesure où le temps passé à le lire devant un ordinateur a des effets sur le cerveau… Des effets forcément nuisibles selon les porte-paroles plus ou moins scientifiques qui veillent sur notre santé. Il n’est plus possible de vivre sans s’exposer à de graves risques cancérigènes. La « crainte de tout » empêche de vivre et insinue l’idée à certains qu’il ne faut pas se protéger de ce qui est assurément dangereux pour la santé – la cigarette est à ce titre particulièrement frappant. Il est temps de sortir de cette culture de la peur et d’arrêter la course folle à l’étude qui fera le plus de « buzz ». Il en va de la crédibilité des organismes de recherche et du bon progrès de la santé publique.

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