Tabac : les limites de la répression à tout-va

Rédigé par Notre équipe le 16 septembre 2016.

En France comme à l’étranger, les fumeurs font quotidiennement les frais des politiques anti-tabac, qui reposent presque exclusivement sur des mesures répressives. Si les produits alternatifs à la cigarette traditionnelle ont fait leurs preuves en matière de réduction des risques, les autorités persistent pourtant à les passer sous silence.

Avant la fin de l’année, les fumeurs français vont découvrir sur les étals de leurs buralistes le paquet de cigarettes neutre. Mesure phare de la politique anti-tabac de Marisol Touraine, ce dernier est pourtant largement controversé. En cause : son absence d’efficacité démontrée. Lancé en 2012 en Australie, le paquet neutre n’a en effet pas contribué à inverser la courbe du tabagisme dans le pays. Au contraire, combinée à la hausse progressive des prix, la suppression des marquages sur les paquets a facilité l’essor sans précédent de la contrefaçon et de la contrebande de tabac, qui ont grimpé de 25 % entre 2012 et 2014. Aujourd’hui, tout porte à croire que la France, déjà championne d’Europe du commerce illicite de cigarettes, suivra la même tendance. Et une question se pose : pourquoi s’entêter avec des mesures répressives quand d’autres solutions, à l’image de la réduction des risques ou encore de la prévention, ont déjà fait leur preuve ?

Le gouvernement et l’OMS s’entêtent

Devant les échecs répétés et l’effet pervers des politiques anti-tabac traditionnelles, le tout-répressif semble avoir définitivement atteint ses limites. Les mesures préventives et le concept de réduction des risques demeurent, quant à eux, quasiment absents du plan de marche des autorités sanitaires. Ceci malgré l’apparition de la cigarette électronique et d’autres appareils alternatifs proposant l’inhalation du tabac sans combustion qui ont pourtant prouvé depuis une dizaine d’années leur efficacité.

Si le gouvernement français ignore aujourd’hui un pan entier de la lutte anti-tabac, il ne le fait pas au hasard. Il suit minutieusement les précautions publiées par l’Organisation Mondiale de la Santé, dont certaines études posent de plus en plus question. L’agence onusienne, dans son dernier rapport sur le tabac paru en 2015, n’a consacré qu’une page sur 200 à la cigarette électronique, dont elle recommande la même réglementation que pour les cigarettes traditionnelles. « Tous les gouvernements devraient interdire les e-cigarettes ou tout appareil de libération électronique de nicotine », a même affirmé Margaret Chan, directrice générale de l’OMS, en 2015.

Les bénéfices de la cigarette électronique et autres inhalateurs de tabac sont pourtant tangibles et scientifiquement reconnus, les fumeurs n’ingérant pas la plupart des produits nocifs liés à la combustion du tabac. Deux études distinctes, conduites par le Collège royal des physiciens de Londres et l’agence de santé publique d’Angleterre, ont même évalué à 95 % la réduction des risques par rapport aux cigarettes traditionnelles. Rien qu’en Europe, près de 6 millions de personnes auraient arrêté de fumer grâce au vapotage, dont 400 000 personnes en France et 1,1 million au Royaume-Uni, d’après une récente étude publiée par le magazine Addiction.

Face au tout-répressif, « l’autre stratégie, qui a eu des résultats très positifs dans plusieurs pays, particulièrement dans les pays riches, est la réduction de la nocivité, qui permet aux consommateurs qui ne sont pas en mesure d’arrêter de fumer de passer à un produit moins nocif », rappelle Julian Morris, vice-président de la recherche au sein du think tank Reason Foundation. Reste à ce que sa parole soit entendue.

Déjà une remarque sur cet article

  1. titi dit :

    C’est vrai vous avez raison, il faut mettre le cannabis en vente libre !

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