«La cause du peuple» : un récit épineux de Patrick Buisson

Rédigé par 4vinsDivers le 13 octobre 2016.

DAVOS/SWITZERLAND, 27JAN11 - Nicolas Sarkozy, President of France, gestures during the session 'Vision for the G20' at the Annual Meeting 2011 of the World Economic Forum in Davos, Switzerland, January 27, 2011. Copyright by World Economic Forum swiss-image.ch/Photo by Moritz Hager

L’historien ex-conseiller de N.S.N.S. (Notre Seigneur Nicolas Sarkozy), amateur de références à la théologie catholique qui berça l’enfance de la génération catéchisée à laquelle nous appartenons encore (mais qu’en sera t-il demain si l’Église de France ne se réveille pas ?), dresse un récit admirable des coulisses du quinquennat 2007-2012 : un sommet de maîtrise langagière mis au service de la Vérité, autant celle de la petite histoire des talonnettes de sept lieues, que celle de la grande Histoire des mensonges accumulés par le petit poucet bling bling et par sa fée Carabosse.

Dès les premières pages, Patrick Buisson avoue qu’il avait tout d’abord cru trouver chez N.S.N.S. les capacités d’abnégation indispensables au métier de chef d’État, mais que finalement non, dès le sixième mois il était submergé par le doute, confondu par l’immaturité affective du Président énamouré de S.S.C.B. (Sa Sainteté Carla Bruni), envahissante Pompadour au caramel mou bruni du show-biz, puis intrigante écarlate socialo-compatible aux tendances tyranniques et subversives, pour finalement conclure : «je me suis trompé», mon Nicolas est politiquement marron, car médiatiquement écarlatelé. Errare humanum est, perseverare diabolicum.

Le récit de Patrick Buisson est d’autant plus instructif, que d’une part N.S.N.S. démarre sa nouvelle compagne, pardon, sa nouvelle campagne électorale comme celle de 2007 sur le thème de son «retour paternel auprès du bon peuple de France», en quelque sorte «la parabole du père prodigue», et que d’autre part, l’écriture superbe de Patrick Buisson nous amène à prendre notre dictionnaire une fois par page a minima, recherche des étymologies latines et grecques conseillée, c’est à dire 450 fois au bout du livre, voire plus dans l’hypothèse où le lecteur serait passé par l’école en ruine de la République Française. Avec des écrivains comme Patrick Buisson, la France produit encore de la belle écriture en 2016, mots choisis enrichis d’images ajustées, satire amusée en filigrane, on rit beaucoup et Najat Vallaud-Belkacem doit en attraper de l’urticaire.

Quoi qu’il en soit, ne blâmons pas l’historien. Ce n’est pas la première fois qu’un conseiller politique de talent se révèle déçu pour s’être laissé prendre au vernis de façade d’un guignolo monté sur pile électrique faussement alcaline, mais en revanche franchement calaminée. Bien avant N.S.N.S., Jean-Paul Belmondo en fit une farce drolatique à Venise en compagnie de Georges Lautner et de Michel Audiard, «moitié loukoum, moitié ciguë, l’indolence et la cruauté, en somme le Coran alternatif», dont N.S.N.S. voulut réinventer une version parisienne Inch’Allah, plutôt ratée, on en pleure encore.

Même Marie-France Garaud, pourtant politicienne expérimentée, avait moqué un autre comédien de la politique, un certain J.C. (Jacques Chirac) en lui assénant ce mot assassin : «Je vous croyais du marbre dont on fait les statues, mais vous n’étiez que de faïence dont on fait les bidets», en référence aux jupons auxquels le candidat J.C. s’abandonnait de jour comme de nuit, et dont il affectionnait le démontage plutôt que de s’adonner aux montages géopolitiques, tout en prétendant le contraire au détour d’une galipette inversée au pôle nord magnétique qu’il situait au Japon plutôt qu’au Canada.

Le style est donc littéraire, voire latéral si nous pensons aux chemins détournés qu’il aura fallu emprunter à l’auteur pour achever vivant son parcours élyséen. Rendons à César ce qui est à César et à Patrick Buisson ce qui lui revient indiscutablement, le génie politique d’avoir posé en France l’indispensable question de l’identité nationale.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. JpB dit :

    Joli texte !

    Hé oui, les politicards à vie de l’Ump-Lr prennent à chaque élection, comme la Gôche, les français pour des demeurés en leur faisant miroiter des promesses qu’ils ne tiennent jamais.

    Le comble c’est que c’est bien l »UMPS qui est responsable, en 40 ans de gestion à courte vue, de la situation financière, économique, sociale et sociétale catastrophique de la France.

    Alors reprendre les mêmes, ceux qui ont fait preuve de leur incompétence, pour ne pas dire pire ?

    Jamais !

    L’ultime espoir de redressement c’est Marine !

  2. Julien Mazaudier dit :

    Bon résumé du livre.

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