Fillon…forcément

Rédigé par notre équipe le 21 novembre 2016.

Déclaré large vainqueur du premier tour de la primaire de la droite et du centre, François Fillon est en bonne voie pour représenter les Républicains à la prochaine présidentielle. L’ex-Premier ministre tient une revanche éclatante sur tous ceux qui méprisaient un homme avare de confidences et résolument tourné vers le combat d’idées. Une revanche sur un système politico-médiatique qui avait voulu forcer le vote des sympathisants de droite en proclamant Juppé président de la République en 2017.

« Moi, je ne suis pas le candidat de la revanche, je ne suis pas celui du consensus. Je viens sérieusement casser la baraque pour la reconstruire autrement ». En meeting en avril dernier à Paris devant un millier de ses partisans, François Fillon avait exposé son projet tant sur le fond que sur la forme. Les journalistes venus à reculons commenter cet événement – à quoi cela sert-il de parler du troisième homme de la primaire ? – avaient alors repris en boucle l’expression « casser la baraque » histoire d’épicer un peu leur journée et de se moquer de l’ex-Premier ministre. Comment l’ex-ministre de Nicolas Sarkozy pourrait-il endosser les habits de révolutionnaire libéral ?

Les sondages se sont succédé depuis et ont porté au sommet un Alain Juppé trop heureux de se rêver en successeur de Chirac et Hollande. Deux présidents aux convictions mouvantes pour qui les sondages faisaient lieu de balancier politique. Un pas en avant et deux pas en arrière et ainsi faire tomber la France lentement mais sûrement. Porté aux nues par des médias qui cherchent à tout prix l’entité la plus conformiste pour se rassurer et perpétuer un système malade, Juppé s’est cru assez fort et assez haut pour déverser une liqueur tiède et amère sur un peuple de France qu’il n’a au fond jamais aimé ni compris. L’homme glacial et arrogant était devenu chaleureux et sympathique à mesure que les médias le sacraient champion de la droite et futur président de la République. L’illusion était trop difficile à tenir et s’est complètement dissipée hier soir à l’annonce des résultats du premier tour de la primaire.

Vantant son « identité heureuse » synonyme de compromissions et de déni de ce que sont les Français et la France, Juppé n’a eu que pour unique obsession de battre un Sarkozy qu’il hait depuis plus de vingt ans. Mission réussie puisque l’ancien chef de l’Etat a été sorti du jeu, mais c’est une victoire à la Pyrrhus car derrière la bataille d’ego Juppé-Sarkozy, François Fillon construisait un programme en phase avec les aspirations de l’électorat et les besoins du pays. Se revendiquant libéral, n’ayant pas peur de malmener le mammouth de la fonction publique et dénotant en politique internationale en arrêtant de servir la soupe aux djihadistes et aux puissances qui les soutiennent, François Fillon a creusé un sillon dans lequel se sont retrouvés plus de 44 % des votants à la primaire. La victoire des idées sur les ego et l’envie furieuse de croire de nouveau en une droite fière de ses valeurs qui ne jongle pas avec la gauche ou le FN à des fins de tactique politicienne changent la donne.

2016 année noire pour le système (médiatique)

La victoire de Fillon du 20 novembre est aussi une défaite de plus pour un système en perte de vitesse qui ne parvient plus à contrôler des électeurs devenus méfiants et indociles. Juppé devait calmer les esprits avec un mandat de compromissions laissant encore le champ libre aux bobos et extrémistes de la bien-pensance mais ce satané peuple a dit « NON ». Même les votes de gauche en faveur de Juppé pour contrer Sarkozy n’ont pas suffi à amoindrir la déferlante François Fillon. Les sondages sont tous à jeter, eux qui nous promettaient un duel final sans Fillon. Bien sûr, les vestes ont commencé à se retourner au matin de la victoire de Trump aux Etats-Unis. A partir de ce moment il fallait plutôt considérer les sondages comme une indication (« on n’est pas à l’abri d’une surprise ») que comme parole d’évangile. Juppé serait en tête – c’est certain – mais Sarkozy pourrait être menacé. Juppé termine finalement second et largement distancé derrière un Fillon qui n’a jamais fait un écart.

Après Trump et son impossible élection, voici un autre démenti (dans un genre plus sérieux et maîtrisé). Les médias ne montrent que ce qu’ils veulent voir et sont déçus de ne plus être les faiseurs de rois. A quoi servons-nous – se demandent-ils depuis la gifle du Brexit – si les gens ne « votent plus comme il faut » ? Pourquoi ne pas informer les gens ? Certes, c’est une proposition très osée après des décennies d’égarement mais entre informer et se laisser mourir il faut choisir.

Fini d’amuser la galerie, la droite est en passe de désigner un chef qui n’a que faire des pitreries et du « que va-t-on dire ? ». « L’humoriste » Charline Vanhoenacker en avait fait les frais fin octobre dernier lors de L’Émission politique, mais qu’elle ne se sente pas seule, elle sera bientôt rejointe par de nombreux collègues journalistes qui finiront par être emportés aux quatre vents.

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. Bluesun dit :

    La bonne nouvelle, est que : enfin Sarko s’est fait « karcheriser ».

    Il avait une Rolex, pour réussir sa vie, et à présent les citoyens lui ont remis sa pendule à l’heure.

    Quand par 3 fois ont dit partir si on se fait dégager, on s’en va…

    Fillon, est sorti de la boîte, homme invisible, de Sarko, le voilà devenu « haut parleur », et par la même devenu un homme « presque neuf ».

    Il jouera de la même manière que ces prédécesseurs, et avancera dans la même direction, puisque dans la même cour d’école que ses copains.

    Juppé, à son âge devrait savoir que s’endormir sur des sondages n’est pas porteur.
    Lui aussi, n’a pas fait les éclats d’un premier de la classe quand il était au pouvoir.
    Juste retour des choses.

  2. JpB dit :

    C’était le moins pire des candidats LR…..mais vous croyez vraiment qu’il luttera contre la mondialisation, l’immigration massive, réformera Schengen , arrêtera l’islamisation galopante, les errements technocratiques de l’Europe, la paupérisation des français ? Sérieusement ?!

    On a vu ce qu’a fait de la France le Rpr-Ump-Lr depuis 30 ans. Aucune raison que cela change malgré quelques promesses fillonesques.

    Et ce n’est pas encore gagné, la Gauche, prête à tout, qui représentait 14% des votes à cette primaire de droite ira voter en masse pour Ali Juppé au 2e tour…

    • JpB dit :

      Hum….Lire Ali JuPS.

    • Bluesun dit :

      Un, deux, et trois zéro….

      Et de 3 de dégagés Sarko, Juppé, Hollande.
      Hollande, sagement conseillé a pris les devants…

      Et oui JpB,
      Fillon, tout comme Sarko, tout comme Hollande, n’ira pas dans son petit costume taper du point sur la table, parce que ça ne marche pas comme cela : (là je cite Sarko, qui disait cela face à Hollande en 2012)…

      Quand on est à la botte de quelqu’un (ou l’esclave de quelqu’un), on sait dores et déjà que l’on est plus maître chez soi.

      Sarko, le savait, en a prévenu « LE MOI PRESIDENT », qui se voyait en haut de l’affiche tant il était nul. Tous ses copains le lui disaient, nous prévenaient, mais comme en 35 années tout à été fait pour nous tirer vers la même nullité, le travail était déjà à moitié fait.

      Ils savent donc tous, qu’ils ne pourront tenir toutes les promesses de campagne. Grande kermesse, pour gogos citoyens qui ne voient pas se profiler la calculette magouilles du second tour.

      35 ans de promesses, a commencer par Mitterrand (comme tout allait bien alors), nous promettait des lendemains qui devaient chanter.

      En fait de chanson, ce sont les kalach qui nous mettent la peur au ventre, les nounours de notre enfance qui à présent, nous font pleurer, les bougies et fleurs qui tapissent les trottoirs pour souligner les plaques commémoratives.
      Nous sommes sans dents, et nous devons vivre selon Hollande « avec la peur, mais pas la domination de la peur ».

      Nous avions le plein emploi, et 35 ans après, nous en sommes à 7 millions de chômeurs, et AIR BUS à son tour annonce la suppression de 1.164 emplois…

      Hollande est fier de son mandat, il dit avoir tout réussi. En fait si c’est juste faire le clown rue du cirque, être la risée du monde entier, et rendre gay le mariage, en passant par le « nous sommes en guerre » sans aucune déclaration, ou être juste l’exécutant de Bruxelles, en effet ; il peut dire qu’il a réussi. Espérons qu’il fera rire les historiens de la même manière qu’il a fait rire le monde entier.

      Non Fillon, ne changera rien, il continuera dans la même lignée que ses prédécesseurs puisque pied et poings liés à Bruxelles. Son programme semble juste beaucoup plus dur pour les classes moyennes, les personnes âgées….

      35 ans pour en arriver à tout ce désastre, et sans aucune peur du lendemain pour les citoyens.
      Juste peur d’essayer 5 petites années le seul parti, qui depuis autant d’années prévient de ce qui nous pend au nez, et qui est arrivé.

      Il est vrai, que l’on nous serine avec force :
      le « même pas peur ».

      Et pourtant les grèves en tout à répétition depuis 1982…et le même constat que plus ça va, moins ça va.

      Le français est alors catalogué de râleur….ben, oui quand on vote pour la même sauce hollandaise depuis autant d’années, c’est le genre râleur qui devient « normal ».

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