A qui ont profité les dérégulations de l’Union Européenne ?

Rédigé par 1000itant le 25 novembre 2016.

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Certainement pas aux agriculteurs, selon la caisse centrale de la Mutualité Sociale Agricole qui publie cette semaine un chiffre révoltant qui n’affole pourtant pas Le Foll : un tiers des agriculteurs français vivent aujourd’hui avec un salaire mensuel inférieur à 350 euros, et les deux tiers sont sur le chemin qui conduit à cette «situation de non-revenu». Comment en sommes nous arrivés là ?

La réponse n’est pourtant pas difficile à trouver : au sein de la filière alimentaire composée de trois maillons : les agriculteurs, les industriels et les commerçants, les dérégulations de l’Union Européenne, c’est à dire l’abandon de la préférence communautaire et l’ouverture sur le marché mondial (Maastricht 1992), ont profité aux industriels et aux commerçants, mais pas aux agriculteurs.

En effet, «la meilleure allocation du capital» pour les industriels n’est pas en France, mais là où les coûts de production sont les moins chers, c’est à dire dans les économies émergentes, et aussi parce que la marge bénéficiaire sur les produits distribués en France par la grande distribution augmente d’autant plus que les produits sont importés de pays où de grandes firmes agro-industrielles pratiquent le quasi-esclavage : Asie du sud-est, Amérique centrale, Chine, ce que tolère la toute puissante impuissante Commission Bruxelloise. Il ne s’agit pas là d’un paradoxe, mais de la triste réalité cachée aux peuples européens : toute puissante contre les États membres, l’Union Européenne est impuissante devant les lobbies bancaires, ceci expliquant cela. Le patron, c’est la banque !

Les économistes-experts en tous genres, putes ou macros selon la position de l’organisme pour lequel ils s’expriment, s’évertuent pourtant en démonstrations diverses et variées : «l’agriculteur ne percevrait que 7 % de la valeur du produit rendu au consommateur». Très bien, mais cela ne règle pas leur problème de survie que de le savoir. Les gouvernements successifs se sont pourtant évertués en lois de modernisation de l’économie, dont la LME «rénovée» dernière en date, qui prétendait amener les distributeurs à rémunérer équitablement les industriels ambivalents de par leur position déjà largement mondialisée, et amener aussi les industriels à rémunérer équitablement les agriculteurs, sans succès à ce jour, car les industriels ont trouvé la parade : encadrés sur la marge, ils ont inventé «l’arrière-marge» pour encore mieux presser le citron, mine de rien. Pour les producteurs, la situation s’aggrave de LME en LME, singulièrement pour les éleveurs aujourd’hui étranglés.

Pourtant, on entend les tenants du syndicalisme agricole majoritaire évoquer «les départs dans la dignité» des agriculteurs les moins compétitifs, pendant que José Bové récure sa pipe. Bref, «l’euthanasie» subventionnée de 20 000 à 40 000 éleveurs français est déjà actée dans la tête des dirigeants agricoles nantis, symptomatique des individualismes qui dominent en réalité le syndicalisme et les politiques économiques dérégulées de l’Union Européenne.

A ce titre, la «guerre des étiquetages» est symptomatique de la nouvelle économie mondialisée : pendant que Stéphane Le Foll répond aux injonctions des agriculteurs français et rend obligatoire l’étiquetage de l’origine géographique des matières premières agricoles dans les produits transformés, les industriels français tout sourire par devant, «leur font un bébé dans le dos» à Bruxelles, en faisant pression sur la commission pour obtenir une directive qui interdise l’étiquetage des produits, au motif de «la simplification» et de «la libre concurrence». Il est fort à parier que d’ici deux à trois ans, les décrets opportuns de Stéphane Le Foll doivent être supprimés de l’arsenal juridique français pour rendre le droit national conforme au droit européenne modelé par les lobbies industriels à Bruxelles. Eh oui, c’est comme cela que ça marche, tous pigeons !

Les dérégulations de l’économie orchestrées par des lobbies minoritaires depuis les institutions de l’Union Européenne profitent donc à ceux qui les ont manigancées depuis Bruxelles (lire à ce sujet l’ouvrage de Philippe de Villiers «le moment est venu de dire ce que j’ai vu», dans lequel il décrit l’activité des 30 000 personnes dont le métier est d’influencer les élus). Les peuples européens comprennent au niveau toujours plus bas de leur porte-monnaie qu’ils se sont laissés prendre à un piège infernal. Apparemment, Il ne faudra pas compter sur François Fillon pour nous sortir des sortilèges de Maastricht, sauf miracle, mais ne faisons pas comme François Hollande d’imaginer qu’il pourrait, lui, «avoir du bol». Il n’y a pas «de bol» à attendre de la politique, mais seulement des rapports de force et de pouvoir. Or le peuple français n’a plus de pouvoir, car les banques mondialisées se sont accaparé tout le pouvoir et l’ont concentré à Bruxelles, il serait temps que le peuple «souverain» le comprenne, avant de ne plus même avoir la lucidité et le pouvoir de s’en sortir.

Déjà une remarque sur cet article

  1. zelectron dit :

    Le modèle de l’agriculture française à été imposé par le CNR majoritairement sur l’exemple des kolkhozes soviétiques et nous arrivons au bout de l’expérience marxiste mortelle.

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