François Ruffin, le gaucho donneur de leçons au sommet de son égotrip

Rédigé par DouxBonheur le 15 décembre 2016.

Ancien journaliste, rédacteur en chef de Fakir, réalisateur, acteur, et bientôt homme politique ? François Ruffin est partout et a un avis sur tout. Beaucoup de surnoms lui ont été attribués par la presse en ligne : “Michael Moore à la française”, “Robin des Bois”… Mais qui se cache réellement derrière cet écran (de fumée) médiatique ?

Le Roi autoproclamé de Nuit Debout

On peut lire assez fréquemment – et notamment sur Wikipédia – que le mouvement Nuit Debout, né de l’opposition à la loi travail de millions de français, découlerait d’une rencontre publique organisée par François Ruffin afin de projeter son film documentaire “Merci Patron!”. En réalité, “leader” circonstanciel et circonstancié de Nuit Debout, François Ruffin a confondu les aspirations du mouvement et les siennes en tentant de s’approprier la paternité du mouvement, dont la singularité réside dans le fait qu’il ne s’articule autour d’aucun leader ni porte-parole.

Cette tentative d’appropriation a bien vite agacé les militants de Nuit Debout, qui n’ont guère apprécié la déclaration de François Ruffin dans Libération affirmant à l’aune des 70 jours d’existence de la contestation “qu’il “n’en a jamais attendu trop” du mouvement” alors que les partisans du mouvement poursuivaient (sans lui bien sur) leur mobilisation. Alors pourquoi sonner le glas de Nuit Debout ? Ruffin lassé ? Ruffin blessé dans son orgueil de voir que le mouvement vivait sans lui ? Ou Ruffin déçu d’un mouvement qui n’a pas pu lui apporter la notoriété dont il a tant besoin ?

Dans un article du Monde, les militants témoignent de leur sentiment d’avoir été utilisés par le réalisateur de Merci patron !. « Je pense qu’il a usurpé la paternité et a profité du mouvement Nuit debout à des fins marketing, voire politiques », déclare Raymond Macherel, de l’équipe de distribution du film Comme des lions. « Son but premier, c’était d’accompagner la diffusion de son film et de faire parler de lui. » Ruffin démasqué donc.

Ruffin, Michaël Moore français ou chantre de la victimisation opportuniste ?

Anciennement journaliste, François Ruffin s’est également improvisé réalisateur. Il est ainsi l’instigateur (et le personnage phare) de son propre film documentaire, “Merci Patron!” retraçant la lutte d’un couple du Nord de la France, victime des délocalisations du groupe LVMH. Ayant recueilli de nombreuses critiques positives, et ce de la part de la plus grande majorité des médias français, François Ruffin estime néanmoins être la victime de la cabale des grands propriétaires de presse et d’être victime de censure.

Il aime donc vilipender les médias en affirmant (dans ces mêmes médias) que ces derniers refusent de médiatiser la sortie de son film. Or, à y regarder de près, la quasi-totalité des médias a bien parlé de “Merci Patron !” (Le Monde, Libération, Rue89, L’Obs, Les Inrocks…) et lui ont même accordé des critiques dans l’ensemble très flatteuses pour un film qui ne fait pourtant pas l’unanimité, même chez les militants de gauche.

Mais ce n’est jamais assez pour Ruffin ! Le Parisien refuse une publicité ? C’est le moment de dégainer son répertoire d’ancien journaliste et de faire passer l’information, accompagnée de l’éternelle vidéo, devenue l’arme de prédilection de Ruffin pour se faire mousser (apparaître à l’écran, une obligation pour M. Melon). Les Inrocks dégainent alors l’extrait compromettant attestant du refus du directeur de la clientèle du quotidien français de relayer l’encart publicitaire pour la sortie DVD du film. Et la machine médiatique redémarre en faveur de Ruffin et de Merci Patron !

Une interview (double page s’il vous plait) pas assez flatteuse dans Libération ? Hop, l’occasion de se fendre d’une lettre de protestation bien publique afin de fustiger encore et toujours ces médias partiaux et acquis au grand capital qui le censurent. Surpris de cette invective, les journalistes de Libération, ont tenu à rétablir la vérité et mettre Ruffin devant ses propres contradictions. Il avait en effet lui même accepté de ne pas faire figurer certaines questions. Mais l’occasion était trop belle pour passer à côté d’une ruffinade : “Sauver la petite entreprise de dénonciation. S’ériger en victime.” comme le résume si bien Libération.

François Ruffin est une petite entreprise d’indignation publique à lui tout seul, à la seule condition qu’elle serve ses intérêts.

Entre voyeurisme et mépris de classe, Merci Patron !

“Merci Patron !” a bénéficié d’un large écho médiatique, n’en déplaise à François Ruffin qui aime faire croire le contraire. Beaucoup d’éléments du film n’ont pas dérangé les journalistes et commentateurs, tels que la condescendance sans limite de François Ruffin lorsqu’il s’adresse aux Klur (“alors maman, on est contente ?”).

Le malaise du film réside dans le paternalisme héroïque dont fait preuve Ruffin, comportement imputable à son égo surdimensionné : le film n’est pas à propos des Klur, détrompez vous. C’est à propos de Ruffin, tout tourne autour de Ruffin ! Car c’est grâce à sa bienveillance et son attention que les Klur ont pu s’en sortir, et d’ailleurs pourquoi les Klur ? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Au fond, quelles sont les réelles motivations de Ruffin à part l’opportunité de s’offrir un coup de pub et un boost des ventes ? Pourquoi ne pas refaire la même chose ailleurs ?

Probablement car Fakir et son rédacteur en chef ont levé suffisamment de fonds pour pouvoir couler des jours heureux… ou investir dans une campagne politique ? L’entreprise de dénonciation de Ruffin n’est donc pas exempte de motivations “supérieures” autres que le bien être d’une famille en difficulté financière.

Au fond, ce film n’a été qu’un moyen pour Ruffin (un autre) de faire parler de lui, et les stratagèmes employés dans le film (Ruffin se faisant passer pour le fils Klur, car bien sur, encore et toujours, il doit apparaître à l’écran) ne servent que Ruffin, reflètent cet égocentrisme de l’intellectuel de gauche qu’il refuse d’admettre ce qu’il est. François Ruffin n’a fait qu’instrumentaliser la misère de la famille Klur afin de pouvoir se targuer d’avoir gagné un combat contre LVMH. Un trophée de plus à accrocher à sa cheminée.

Ce besoin de reconnaissance (ou délire égomaniaque, au choix) atteint son paroxysme, lorsque François Ruffin, déguisé en Jérémy Klur, monopolise la conversation avec le commissaire envoyé par LVMH et ce, afin de mettre en avant Fakir (« et donc il faut surtout pas prévenir Fakir, c’est ça ? Donc vous avez vraiment peur de Fakir ?») quitte à faire échouer son plan et compromettre l’issue pour les Klur, mais peu importe, le jeu en vaut la chandelle !

Car finalement, qui est le héros de ce documentaire si ce n’est Ruffin. Pas les Klur en tout cas, qui font office de simple “cas pratique”. Le héros, c’est lui, Ruffin, qui n’hésite pas à s’auto comparer à Robin des bois dans une scène dans laquelle il raconte à son fils l’histoire du fameux héros : « tu vois, il prend l’argent aux riches pour le donner aux pauvres.”. Sans doute a-t-il oublié qu’un vrai Robin des bois est avant tout modeste.

Et maintenant ? François Ruffin député !

La nouvelle est tombée il y a quelques semaines : François Ruffin serait donc candidat aux élections législatives dans la Somme. Pourquoi ? Pour répondre à la pression unanime de ses aficionados qui l’auraient supplié : “Depuis l’été, des syndicalistes, des cocos, des copains, des écolos, des insoumis, des citoyens, quelques élus même, m’ont sondé : « Si on te soutient, est-ce que tu serais candidat aux législatives ? »”

Mais attention, Ruffin n’est pas un candidat “facile” car il y a bien sûr des conditions à sa candidature. Telle une diva, Ruffin réclame donc, comme condition sine qua none à sa candidature “que la gauche s’unisse”. Dans les articles de presse annonçant sa toujours hypothétique candidature, on peut même lire que “Merci Patron !” est le film qui a inspiré Nuit Debout… Rien que ça.

L’arrogance de sa candidature a même fait l’objet de moqueries de la part du Canard Enchaîné, journal auquel on ne peut reprocher de parti pris ou d’actionnaire majoritaire qui musèle son contenu. Pour Le Canard, Ruffin commence même à ressembler à Nicolas Sarkozy “moi, les jours de doute, c’est à dire à peu près tous les matins…pour retrouver une fierté, et donc de la force, je me répète cette formule d’Emmanuel Todd : “François Ruffin, c’est la vraie alternative de gauche à Marine Le Pen.” Rien que ça. Si l’on doutait encore de l’égo surdimensionné de M. Ruffin, Le Canard a donc fini de le prouver, titrant même son article “Merci, melon !”. A bon entendeur…

Déjà 7 remarques sur cet article

  1. titi dit :

    Je ne comprends pas cet acharnement contre François. Que quelqu’un s’engage en politique, je ne vois pas ce qu’il y a de choquant. Qu’il est un égo surdimensionné, nous n’en doutons pas mais c’est le cas de tous nos hommes politiques de l’extrême droite à l’extrême gauche. D’ailleurs comment faire de la politique si on ne pense pas qu’on est quelqu’un d’exceptionnel ? Citez-moi le nom d’un seul homme ou femme politique qui ne le pense pas !
    Bref encore un article de bien-pensant qui vit dans son monde où tous les gens qui ne pensent pas comme moi sont méchants et complote contre la France. C’est pas avec des idées comme ça que nous avancerons, il faudrait ouvrir les yeux.

  2. JpB dit :

    Des hommes exceptionnels en politique ?! Oui il y a bien qu’eux pour croire qu’ils le sont !
    Quand on voit la bande de guignols de gauche qui a fait semblant de gouverner ce pays depuis 4 ans !
    Et ce Ruffin n’est qu’un comique de plus, opportuniste en prime..
    Mais à droite c’est pas mieux…..et tout le monde constate le bilan catastrophique de 40 ans de gouvernance UMPS.
    Aspirons au changement, vivement Marine !

  3. Titi dit :

    Je n’ai pas dit ça, j’ai dit que tout homme politique doit se percevoir comme exceptionnel. Mais malheureusement ce n’est pas le cas dans la presque totalité des cas y compris au Front National. Leurs pensées sont encore plus indigentes que les autres courants politiques français. A force de vouloir faire croire que la solution de la solution à nos problèmes résident dans le repli sur soi. Donnez-moi un exemple dans l’histoire de l’humanité où cette stratégie a donnée un résultat quelconque.

    • Tata dit :

      On reconnait bien le genre débile grave d’un bobo apeuré : tous les politicards, on conduit la France au désastre…..mais surtout, surtout, il ne faut pas en changer !

      Repli sur soi ? Et bien suis le Brexit et tu comprendras peut être !

  4. Titi dit :

    Tata n’a rien compris sur le Brexit. En fait c’est un rejet de l’Europe et de sa réglementation mais n’en doutez pas la GB sera encore plus ouverte sur le monde qu’aujourd’hui et encore plus libérale. C’est à l’opposée de ce que nous propose le FN.

    • Tata dit :

      A part régurgiter comme d’habitude les infos de tes médias bobos-socialos sur le FN, tu ne connais vraiment rien à rien le comique !

  5. Thevenet dit :

    Oui, Titi nous ressort les clichés des médias de désinformation sur le FN !

    Plus de protectionnisme pour certains secteurs et rétablissement des frontières en sortant de Schengen, comme en GB, ne veulent absolument pas dire repli sur soi !

    Les Etats souverains, et non les technocrates de Bruxelles, ont parfaitement la possibilité de contracter des accords bi ou multi latéraux avec d’autres pays, comme c’est pratiqué par tous les pays du monde,, et ce dans l’intérêt direct de leurs peuples.
    C’est exactement ce que prévoit le programme du FN

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