Les Franciliens profiteront-ils des opportunités d’emplois générées par le chantier du Grand Paris ?

Rédigé par Notre équipe le 16 décembre 2016.

Projet colossal, le Grand Paris devrait créer des milliers d’emplois. Problème, si ce chantier est financé par les Franciliens, ces derniers pourraient ne pas profiter de ces opportunités d’emplois, au profit de travailleurs détachés. 

Chantiers à la pelle et emplois en pagaille 

On les dit nombreuses, ces opportunités, et on prétend qu’elles s’adresseront tout particulièrement aux personnes en voie d’insertion. D’après les estimations de la Société du Grand Paris (SGP), l’agrandissement du réseau de métro francilien devrait créer 15 à 20 000 emplois non délocalisables par an, dont 10 000 dans les travaux publics. Des chiffres similaires à ceux avancés par Pôle emploi, qui estime que les chantiers publics emploieront en 2018 environ 72 000 personnes, soit 18 500 de plus qu’en 2013. La Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation et de l’emploi (Direccte) d’Ile-de-France table quant à elle sur la création de 18 000 postes dans le bâtiment dans les années à venir, dont 12 000 liés à la construction du futur métro automatique, le Grand Paris Express, et au prolongement de plusieurs lignes de métro.

Impressionnant, certes. Mais ce n’est pas tout. Pour Défi métiers, structure d’aide à l’orientation et à l’accès à la formation et à l’emploi, « le projet du Grand Paris devrait se traduire par une très nette accélération de la construction de logements et par le lancement de grands travaux pour étendre le réseau des transports en commun ». L’organisme estime à 175 000 le nombre d’emplois générés en Ile-de-France à l’horizon 2030 grâce au projet. De son côté, le Sénat va encore plus loin et affirme que la mise en place du réseau de transports publics du Grand Paris pourrait « favoriser la création d’un million d’emplois supplémentaires en Île-de-France sur les quinze prochaines années », en désenclavant de nombreuses populations excentrées.

Le Grand Paris, on l’aura compris, constitue non seulement la promesse d’une amélioration du cadre de vie de tous les Franciliens, mais aussi l’annonce concrète d’une redynamisation de l’emploi dès le début des travaux. Et le tissu socio-économique local devrait en être le principal bénéficiaire, l’Etat s’étant engagé à stimuler la formation et l’emploi des habitants des zones les plus défavorisées.

La chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Paris Île-de-France, la SGP, la RATP, la SNCF et l’Etat ont en effet promis de faciliter l’accès des PME aux marchés qui seront lancés dans le cadre des chantiers du Grand Paris. Ils se sont engagés tout particulièrement à faciliter l’accès à l’emploi des personnes éloignées du marché du travail, à limiter la précarité de l’emploi, à combattre le travail illégal et à intégrer les problématiques de santé et de sécurité.

Dumping social à l’horizon ? 

Oui mais voilà, dans les faits, il pourrait bien en être autrement. De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’attribution d’importants marchés à des sociétés étrangères qui emploient des travailleurs détachés. C’est le cas d’Alexandre Vesperini, conseiller (LR) de Paris, qui estime que la SGP « souffre d’une dérive technocratique et tend à devenir une machine à distribuer des bons de commande, sans réelle vision politique de l’aménagement de l’aire métropolitaine, et sans davantage assumer une quelconque préférence territoriale ».

Des déclarations qui font écho à celles de Christian Favier, président du conseil départemental du Val-de-Marne. Le sénateur s’inquiète notamment du choix « d’un groupement d’entreprises mené par une firme italienne pour la construction de la toute première portion du Grand Paris Express ». Il rappelle en outre que « cette firme fait appel à des travailleurs détachés, outil de ‘dumping social’ affectant particulièrement le secteur du BTP ».

Le candidat à l’élection présidentielle et président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignant, a lui aussi protesté contre l’attribution de marchés à des entreprises italiennes « au risque qu’elles emploient de nombreux travailleurs étrangers détachés ». Tandis que le directeur général adjoint du groupe de construction Eiffage, Max Roche, déclare ne pas comprendre que les marchés du Grand Paris « soient attribués à des entreprises faisant appel à des travailleurs détachés, laissant les habitants des quartiers sur le carreau ».

Tous les Franciliens seront mis à contribution pour financer le Grand Paris, dont le coût est estimé à 26 milliards d’euros. Il serait logique qu’ils puissent profiter des créations de postes liés aux travaux. Alors que le taux de chômage reste alarmant en Ile-de-France, il apparaitrait au contraire illogique que ces chantiers profitent à des travailleurs étrangers, entretenant la concurrence sociale déloyale d’entreprises soumises à des règles moins contraignantes que celles imposées aux sociétés hexagonales.

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. zelectron dit :

    les emplois seront réservés aux kamarades sauf basses besognes ?

  2. Gérard dit :

    Continuez à voter pour les mêmes, et ne venez pas vous plaindre après …

  3. zelectron dit :

    les emplois ? quels emplois ? mais comment vous ne saviez pas ? ils sont tous attribués ! ça fait un bon moment !

  4. Daniel Pilotte dit :

    J’émets un doute en pensant des emplois qui ne seront pas français mais venant des sous-traitants lowcost.

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