Voitures autonomes : quel avenir pour le permis de conduire ?

Rédigé par notre équipe le 03 février 2017.

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Quand la révolution numérique s’invite sur la route, c’est tout un secteur qui doit négocier le virage promis par les voitures autonomes, applications mobiles d’apprentissage de la conduite et autres gadgets embarqués. S’habituant à peine aux possibilités qu’offrent les technologies du numérique, les auto-écoles se doivent déjà de réfléchir à celles qu’elles offriront demain. Ainsi, l’émergence de la voiture autonome dans les années à venir pousse à la réflexion : les auto-écoles auront-elles toujours un rôle à jouer dans un monde où les voitures se conduiront toutes seules ?

Les auto-écoles ont déjà pris le chemin du numérique

Même si elles ne l’ont pas fait de la même manière, plusieurs acteurs comme Auto-école.net et Ornikar ont rapidement saisi les opportunités offertes par le numérique. Code en ligne, plateforme de mise en relation d’élèves et de moniteurs, etc. Les nouveautés sont multiples.

De son côté, Ornikar prône le « tout en ligne ». La startup entend utiliser le numérique pour « diviser par deux le prix de formation du permis » en mettant en relation, via Internet, élèves et moniteurs. Une formule 100% online, pour les plus connectés des aspirants conducteurs. Profiter des opportunités numériques pour faciliter l’apprentissage tout en conservant une présence physique, c’est le choix qu’a fait, pour sa part, Auto-école.net. Sur une plateforme accessible sur smartphone ou ordinateur, l’élève a accès aux cours ou examens blancs, mais il peut également réserver des heures de conduite qui sont données par des enseignants, qui sont de « vrais » salariés, basés dans l’une des 17 agences en France. Un système « plus flexible, plus efficace, et (qui) coûte moins cher », selon son concepteur, Stanislas Llurens.

Les écoles de conduite semblent donc bien avoir tourné la page numérique. Mais c’est sans compter sur la vitesse de l’innovation, qui contraint l’ensemble des acteurs à devoir s’adapter en permanence. Dernier exemple en date, la voiture autonome, qui ne se contentera pas de bouleverser le Code de la route, mais tous nos codes de conduite.

Voitures autonomes et apprentissage de la conduite

Toutes les études promettent que les voitures autonomes seront plus sûres que les véhicules conduits par des humains. Les accidents sur la route devraient ainsi être réduits de 80% d’ici 25 ans. Pour autant, les accidents resteront « inévitables, inexorables et leurs répercussions éthiques des plus conséquentes », prévient Jesse Kirkpatrick, directeur adjoint à l’Institut de philosophie et de politique publique à l’université George Mason. Dans une tribune parue sur Slate, le philosophe met en garde contre le « terrible dilemme moral » que vont poser les futures Google Car et autres Telsa autonomes.

Les futurs bolides sans conducteurs seront équipés d’algorithmes en charge « d’optimiser » les situations accidentelles. Autrement dit, ce sera à l’intelligence artificielle (IA) du véhicule d’arbitrer, à la place du conducteur, entre la vie des passagers ou celle d’éventuels piétons ou motards, par exemple. Un choix difficile, qui touche aussi bien à la morale, à la philosophie ou encore aux conceptions intimes que chacun se fait de la valeur de sa propre vie et de celle des autres. Jesse Kirkpatrick appelle à une prise de conscience de tous les acteurs — « les individus impliqués dans la conception, la fabrication, la vente et l’utilisation de voitures autonomes » — afin de « songer à la manière dont nous voulons que ces véhicules soient programmés, aux implications éthiques d’une telle programmation ». Et de résumer un sentiment qui risque bien de se généraliser : « beaucoup de gens, y compris moi, vont probablement réfléchir à deux fois avant d’acheter un véhicule programmé pour sacrifier son propriétaire » plutôt qu’un motard sans casque, par exemple.

De fait, si de nouvelles règles, qui restent à inventer, imposaient aux IA embarquées de « choisir », dans le cas d’un accident, le moindre nombre de victimes — et ce, potentiellement, au détriment des passagers du véhicule autonome — cela irait à l’encontre de la tendance naturelle et « humaine » qu’ont les conducteurs à préférer une voiture qui les protège à un véhicule qui les sacrifie. C’est ce qu’ont mesuré trois chercheurs américains du prestigieux MIT Lab (Massachusetts Institute of Technology), selon qui cette situation est un « classique des dilemmes sociaux, où l’intérêt égoïste peut passer avant l’intérêt collectif ». Et de prévenir contre « une régulation (qui) pourrait être nécessaire, mais contre-productive » pour le développement des véhicules autonomes.

Ces arguments sont balayés par Chris Urmson, responsable des Google Car. Non seulement considère-t-il que ces dilemmes « sont des problèmes amusants pour des philosophes, mais, en temps réel, les humains ne réagissent pas comme cela », mais encore a-t-il promis à son fils de 11 ans qu’il n’aurait jamais à passer le permis de conduire. Une promesse que le gourou de la Silicon Valley aura pourtant du mal à honorer : que ce soit aux Etats-Unis ou en France, la législation impose encore à tous les conducteurs de posséder un permis. L’Etat de Californie va même délivrer des permis spécifiquement adaptés aux voitures semi-autonomes, pour lesquelles l’aide à la conduite est importante, mais dont le conducteur peut reprendre la main en cas de danger imminent. Il faudra donc toujours connaître le Code de la route, ainsi que les bons comportements. Ainsi, même si celui-ci évoluera et sera différent de celui que nous connaissons actuellement, l’apprentissage de la conduite aura encore et toujours sa place au siècle des voitures autonomes et par conséquent, les auto-écoles également.

N. Bressant

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. zelectron dit :

    QUAND ON A TUÉ LES CHEVAUX, ON EN A PAS FAIT TOUT UN FOIN

    taxis ? uber ? vae victis !
    les assurances ? 1000 fois moins d’accidents = primes en hausse de 10% (la soit-disant « dangerosité » des robots)
    L’état « inventera » la taxe d’usage . . . sur les logiciels (homologués par ses soins)

    Pourquoi voulez vous que ça change , à part des larmes de crocodiles sur écrans géants
    ps je suis cette affaire depuis les années 70′ : que de lenteurs ! . . .

  2. Bluesun dit :

    Ce qu’il nous faut :

    Une voiture solaire, intelligente dont tous les permis ; route, bateau, conduite seront tous programmés dans son « intelligence ».
    Une voiture solaire, qui sache voler sans besoin de permis, naviguer sans besoin de permis , et circuler sur route sans besoin non plus de permis….

    Vivre libre sans contraintes, voyager partout à moindre frais et en toute sécurité…

    Comme on en est à la tuerie de l’emploi, et le  » changement « faisant table rase tu passé, il faut donc commencer à penser l’avenir…

    Salaire universel à 750€ = emploi fictif pour tous…

    Donc restera à profiter de tous ces moments de oisiveté que nos pères protecteurs du gouvernement nous concoctent.

    Mitterrand, en son temps ; nous parlait de lendemains qui chantent, c’est peut-être ça ???

    Profiter de la vie sans travailler, et nous donner l’argent pour se faire…

    Oui, pas besoin de permis pour rêver!! pour cela que la sagesse populaire dit que : le rêve est permis, et ça ; c’est gratuit…

    Contrairement à nos bisounoursumps, qui rêvaient de gouverner la France, et ce rêve est devenu notre pire cauchemar…..

  3. Daniel Pilotte dit :

    Personnellement je suis totalement contre concernant les conducteurs et les conductrices qui sont valides, par contre pour les petits trajets cela peut-être intéressant pour les personnes à mobilité réduite.

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