Bayrou la girouette a encore tourné

Rédigé par notre équipe le 23 février 2017.

Dans l’histoire de la politique, il y a ceux qui restent pour les fonctions qu’ils ont occupées ou les scandales auxquels ils sont associés et il y a la cohorte des oubliés. Entre ces deux castes existe un être unique en son genre ou presque : François Bayrou. « L’homme du centre » a finalement décidé de dérouler le tapis à Emmanuel Macron. La girouette a tourné et espère bien s’envoler vers un beau ministère.

Nos chers éditorialistes qui ne cessent de se tromper depuis des mois bruissaient depuis plusieurs semaines au simple nom de François Bayrou. Pourtant le béarnais n’a jamais été doté d’une aura extraordinaire. La décomposition de la gauche et les soubresauts à droite faisaient dire à ces voyants de la politique que l’heure de Bayrou avait une nouvelle fois sonnée. Candidat malheureux à trois élections présidentielles, le président du Modem (combien d’adhérents ?) s’était fait une raison et avait finalement opté pour un ticket avec Juppé.

Juppé ou l’homme qui n’aimait pas les électeurs et qui croyait remplacer Hollande avant même d’être passé sous les fourches caudines de la primaire de droite. Les sondages ont fait pschitt, et les illusions de Juppé ont fait plouf dans la Garonne. Désormais orphelin, Bayrou a alors tenté un rapprochement avec Fillon disant que les deux hommes n’avaient jamais été éloignés politiquement. Mais alors qu’il faisait monter la sauce pour s’assurer un joli poste une fois mai venu, « l’affaire Fillon » éclata et le mit dans l’embarras. Celui qui joue à la sainte-nitouche peut-il être associé au pitoyable épisode de son déjà ex-champion ?

La candidature en péril de Fillon faisait ainsi renaître l’espoir d’un espace à prendre pour un Bayrou complètement inaudible depuis sa percée à la présidentielle de 2007. Bayrou et les médias toujours prompts à s’enflammer commençaient donc à rêver d’une nouvelle candidature. Peut-être l’expérience ou juste l’envie de regoûter un peu aux ors de la République avant de finir sa carrière dans l’indifférence générale, Bayrou s’est exprimé hier et a annoncé son intention de s’allier – ou plutôt de s’arrimer – à Macron. La stratégie est la meilleure dans l’optique d’arracher un ministère qui lui échappe depuis tant d’années.

Bayrou-Macron : même combat personnel

Une stratégie en rien étonnante puisque depuis son envol solitaire au centre, Bayrou a passé son temps à miser sur le vainqueur. Un coup à droite, un coup à gauche, tout est bon pour survivre aux aléas politiques. Bayrou a toujours oublié qu’il ne pesait rien électoralement et son soutien à Hollande en 2012 a été récompensé par une disparition totale sur la scène nationale. Napoléon avait eu le droit à l’île d’Elbe, pour Bayrou c’est la ville de Pau… Alors l’ancien ministre et candidat abonné aux défaites tente un retour digne des Cent-jours mais dans la peau d’un aide de camp et non celle du général en chef.

Macron est la lumière à suivre et tant pis s’il avait été justement qualifié par Bayrou d’« hologramme » et de « candidat des forces de l’argent ». A soixante-cinq ans, la girouette a besoin de se fixer dans un ministère coûte que coûte. Le mariage a toutefois une piètre allure car comment Macron pourrait-il incarner le renouveau politique en faisant les yeux doux avec celui qui symbolise – entre autres – la décrépitude du système politique ?

Bayrou et Macron ne sont en définitive que deux visages d’une même réalité. Les deux sont des fanatiques de l’Union européenne, de l’ouverture totale des frontières et de la soumission aux marchés financiers. La différence n’est que générationnelle. Là où Bayrou aimait jouer au paysan sur son tracteur, Macron préfère les costumes hors de prix et les conférences en anglais pour un public de banquiers internationaux. Les mêmes ressorts les stimulent et leur font prendre des positions transitoires pour un gain éphémère.

Le choix contraint de Bayrou devrait être un énième signal de l’imposture et du danger de la candidature Macron. Les médias se réjouiront de cette (Belle) Alliance. Les Français, eux, devraient la craindre et lui claquer la porte au nez une fois dans l’isoloir.

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. rebiere dit :

    Ce pauvre Bayrou ! ! !
    Il a inventé le « rienisme »(*) pire encore que le vide sidéral…
    Toujours le même gugus qui comme dans la fable de La Fontaine ressemble à la grenouille qui voulait devenir aussi grosse que le boeuf…….
    Comme d’autre mais en pire car ça fait des années et des années qu’il nous « gonfle » avec des théories du centre qui en fait sortent de son nombril….qui est gros!!!! mais gros!!!!
    Ne pourrait on pas lui trouver une petite place aux fins fonds de l’espace Européen encore plus paumé que sa ville de Pau ????
    ça nous reposerait mais ça nous reposerait comme ça n’est pas croyable.
    (*)Nouvelle théorie du RIEN

  2. Bluesun dit :

    Bayrou, le premier à avoir le croupion au milieu de rien a monté son Modem ; et depuis ne sait plus dans quel sens suivre le tam tam du vent.

    Arrive alors le nouveau sauveur « sang neuf » bisounoursumps, Macron. Lui aussi, ni de droite, ni de gauche, mais comme le temps a passé, c’est le en EN MARCHE qui guide maintenant les croupions.

    Manque plus que, la danse des canards ; et le tour est joué.

    Personne ne voulait de Bayrou, et même à présent personne n’en veut toujours pas..

    Macron, marié à maman, semble alors avoir trouvé papa MODEM…

    Au moins pendant que le vieux tournera dans un sens, le plus jeune pourra tourner dans l’autre…

    Ce qui fera deux girouettes pour citoyens déjà paumés…

    Dans un Etat croupion, nous irons comme d’hab un coup à droite, un coup à gauche, puis un coup au centre, pour arriver de toutes façons dans le mur patiemment monté depuis 35 années.

    Etre Maire de Pau, quant on a pas de pot, c’est vraiment ne pas avoir de bol….(peut-être pour cela que Bayrou a soutenu Hollande?) et peut-être pour cela que Ségo n’en a pas voulu.

    Macron, plus jeune a les dents longues….ces deux choses réunis font qu’il ne sait pas, et que tout est bon, ou pour qu’il se casse les dents, ou qu’ils se casse tout court…!!!

  3. Thevenet dit :

    Bayrou ? Ça existe ça ?!

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