L’humanisme : une dimension ambivalente

Rédigé par Chirita-Bobic Nicolae le 05 mars 2017.

De par sa définition étymologique l’humanisme serait l’approche théorique qui place l’homme et les valeurs humaines au-dessus de toutes les autres valeurs. Au nom de l’humanisme la vie humaine est devenue la valeur absolue, la procréation une valeur dominante, le maintien en vie un devoir moral. L’ensemble fait que la démographie mondiale a connu une explosion, passant de trois milliards en 1970, à sept milliards en 2012.

Cependant, à travers la réalité actuelle on s’interroge si l’humanisme a-t-il encore une portée universelle. Ou plutôt, s’il est conçu d’une manière identique par tous les êtres humains, et pour tous les êtres humains. Selon les défendeurs les plus fervents de l’humanisme, ce principe serait indissociable à la société humaine. En effet, sur le fond. Mais dans la pratique on constate que la portée de l’humanisme diffère selon l’espace géographique et l’espace social.

Pour mieux illustrer cela, il convient de rappeler l’épisode de fermeture des frontières en Europe (Suisse, Autriche, Hongrie, Danemark, Suède) face aux vagues migratoires venant du sud. Sachant que nombreux d’entre eux fuyaient la guerre, on aurait tendance à dire que les occidentaux ont perdu le sens de l’humanisme. Rappelons également qu’il y a dans les pays du sud plus d’un milliard et demi d’individus qui vivent largement en dessous du seuil de pauvreté. Or, leur nombre a augmenté justement en raison d’une procréation au-delà des moyens, accélérée par la propagation de l’idéologie humaniste ; l’homme et la famille avant tout.

Rappelons entres autres, que selon les statistiques, environ sept millions d’hommes sont morts chaque année en raison de la pollution atmosphérique. Rappelons ensuite qu’il y a plusieurs millions d’hommes qui décèdent chaque année à travers le monde du fait de la pollution d’eau. Or, sachant pertinemment que cette pollution découle de l’activité productive, et que cette activité vise au nom de l’humanisme à augmenter le niveau de vie de tous les êtres de la planète, on remarque que l’humanisme rentre en incohérence avec soi-même.

On pourrait s’interroger à ce titre, s’il est moral de sacrifier dix millions d’hommes pour que les autres vivent mieux. Certes, cette question semble banale parce qu’on considère que la construction d’un bien commun repose toujours sur des sacrifices. Mais elle est aussi signifiante, car elle interpelle le sens de l’humanisme. Vu que rien n’est fait pour éviter ces sacrifices, connaissant pertinemment quelles sont les causes, on s’interroge sur la nature de cette attitude. La réponse à cette question semble être l’indifférence envers l’autrui. Une indifférence qui accroît proportionnellement avec la distance géographique ou avec la position sociale.

On se demande ensuite jusqu’au quel point l’humanité serait disposée à accepter les sacrifices ? Puis, selon quels critères ? Plus encore, on se demande s’il est moral d’encourager la fécondité, ou ne rien faire pour la maîtriser, sachant pertinemment que dans le contexte actuel, dans certains pays, les nouveaux arrivés sont destinés, soit à une mort infantile, soit à une mort précoce due à la malnutrition, à l’intoxication ou à la pollution.

Toutes ces questions interpellent le sens de l’humanisme, dont la distribution dans l’espace social et géographique est toute aussi inégale que la distribution des richesses. Pendant longtemps aucune entreprise de contrôler, voire empêcher, la croissance démographique ne fut possible, estimant que c’est le droit fondamental de chaque être humain à vivre et à procréer. Ainsi, au nom de l’humanisme on a laissé la population se délivrer à elle-même et accroitre en nombre. Cependant, dès l’instant où l’égocentrisme et l’amour de soi, traits inhérents à la nature humaine, font surface, l’humanisme dévoile ses failles. Dans le contexte actuel, où les tendances portent sur le confort et l’accomplissement individuel, et où les ressources naturelles se raréfient, la mort d’autrui passe inaperçue.

Cela porte à croire que l’humanisme tue. Non pas en tant que principe, mais en tant que processus. Car comme on vient de le voir, au nom de l’humanisme la population a augmenté, et dans un contexte des crises et de compétition, on devient indifférent à la mort d’autrui. C’est le caractère ambivalent, constructif et destructif, que revêt l’humanisme en tant que phénomène.

Déjà 5 remarques sur cet article

  1. titi dit :

    On peut contester le fait que la population mondiale est crue à cause uniquement de l’humanisme. Les religions chrétiennes et musulmanes ont joué aussi chacune leur rôle en rejetant la contraception et l’avortement combiné à la déstabilisation des cultures traditionnelles par la colonisation. L’exploitation des grandes propriétés et des ressources minières demandaient beaucoup plus de main d’œuvre que les sociétés pré-existantes. Bref il faudrait vraiment pondérer le simplisme et le cynisme sous-jacent de cette article par une vision plus globale de l’évolution démographique de notre planète.

    • Muriel dit :

      Ha ha ha,,,on reconnait bien là du Titi accusant une fois de plus les religions et les méchants colonisateurs !

      Il n’a même pas compris le rôle de l’éducation et constaté ce que tout le monde peut constater: les pays à la population la plus éduquée ont un taux de natalité beaucoup moins élevé que les pays pauvres à la population nettement moins éduquée, tout simplement.

      Quant à son histoire de colonies, digne d’un conte pour bolchévique ou Macroniste, il suffit de constater l’explosion démographique exponentielle de l’Afrique depuis 2 décennies alors que la colonisation y a pris fin il y a plus de 55 ans !

      Encore un délire basé sur des clichés pour gogos.

      • Titi dit :

        L’équilibre démographique d’un pays est quelque chose de beaucoup plus complexe que de le réduire à un taux de natalité à un instant donné. Il faut aussi prendre en compte le taux de mortalité infantile et l’évolution de la population sur un temps long de plusieurs décennies.
        Ce qu’exprime cette article est que les populations ont explosées à cause de l’humanisme, ce que je conteste. L’humanisme a un joué un rôle très marginal sans commune mesure avec les raisons économiques, politiques et sociales. Pour produire et consommer et donc s’enrichir, il faut que la population croisse. La colonisation en bouleversant les équilibres locaux a déclenchée le mouvement de la mondialisation de l’économie au XIXième siècle et initiée le mouvement de l’explosion démographique particulièrement en Afrique.

        • Tata dit :

          Ha c’est plus clair, Titi regrette le temps, avant la colonisation, oû les tribus africaines se massacraient entre elles ou vendaient leurs rivaux pour l’esclavage.

          C’est vrai que c’était un moyen de limiter l’explosion démographique, moyen combattu justement par…l’humanisme

          Quelle morale ce Titi !

  2. alcor dit :

    Quelle pretention

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