Patriotisme et Nation, les plus solides fondements de l’Etat

Rédigé par Gustave Delaporte le 07 mars 2017.

Le contexte du vote du CETA par le PE illustre une nouvelle étape dans la poursuite de l’effacement de l’Etat, que ce type d’accord destine à un futur rôle de simple agent économique, dépolitisé par la « fin de l’Histoire » promise par Francis Fukuyama, et dont l’action serait à terme encadrée par des structures multilatérales et des juridictions internationales tenues par des acteurs privés.

Cette perspective d’effacement de l’Etat, qui touche l’Europe et particulièrement la France, est inspirée de la pensée ultra-libérale américaine dont les intentions vont beaucoup plus loin que le rôle d’ « Etat modeste » auquel le sociologue Michel Crozier entendait restreindre une puissance publique dont il jugeait la bureaucratie envahissante.

Cette volonté d’effacement de l’Etat, qui a été relayée à l’échelle mondiale sous l’impulsion de structures multilatérales telles que le FMI, la Banque mondiale, de structures onusiennes ou d’ensembles régionaux comme l’UE, n’échappe toutefois pas à un paradoxe. Les principaux promoteurs de cette idée, quand ils n’en sont pas directement issus, gravitent autour de l’administration d’un Etat qui, lui, ne cesse de se renforcer. L’administration américaine, en effet, protège ses marchés publics de l’ingérence économique extérieure, possède un outil militaire financé par la moitié de la somme des budgets de Défense de tous les Etats du monde, fixe des objectifs d’intérêt strictement national -croissance & emploi- à sa banque centrale, la FED, bien que sa devise pèse dans l’ensemble des échanges mondiaux, et développe une extraterritorialité du droit américain qui apparaît comme un outil de contrôle des entreprises multinationales et de prédation des industries ou technologies stratégiques étrangères. Le renforcement de la puissance de l’administration américaine s’illustre également dans les difficultés rencontrées par les présidents des Etats-Unis, qu’il s’agisse de Barack Obama ou de Donald Trump, à infléchir la ligne néoconservatrice de la politique américaine. Cette ligne, initiée sous l’influence de Robert Kagan, Irving Kristol et Paul Wolfowitz, poursuit l’idée selon laquelle l’ordre américain est le moins mauvais ordre que puisse espérer le monde, bien que le bilan des 15 dernières années d’unilatéralisme américain soit pour le moins contrasté.

Face à ce paradoxe, il convient de s’interroger sur le rôle que l’on doit attendre de l’Etat.

L’Etat est avant tout l’instrument de la « chose publique », la Res-publica, au sens où l’entendait le conseiller de François Ier, Jean Bodin, dans Les 6 livres de la République. On ne peut parler d’Etat que lorsque cet outil acquiert pérennité et autonomie dans son action. La pérennité lui permet de dépasser les contingences liées aux limites de la longévité du prince ou de la mandature de l’élu. Le « je m’en vais, mais l’Etat demeure » prêté à Louis XIV avant de rendre son dernier souffle illustre cette pérennité. L’autonomie a pour but d’absorber ce qui relève des caprices du prince pour ne pas porter atteinte aux intérêts supérieurs que sert l’Etat, qu’il s’agisse de la souveraineté de la Nation, dont Jean Bodin pose les bases conceptuelles, ou d’intérêts d’une autre nature, et souvent plus restreints, dans le cas de la forme impériale de l’Etat. Pérennité et autonomie permettent de donner la profondeur stratégique et la cohérence de l’action publique qui caractérise l’Etat. L’existence d’une fonction publique décorrélée du politique et possédant ses moyens propres, qu’il s’agisse des moyens financiers ou de la ressource humaine, apparaît comme la condition de cette autonomie et de la pérennité de l’Etat.

Cette définition posée, on constate que, si l’Etat peut parfois s’imposer comme un outil de domination impériale, il tend aussi à se développer spontanément, dans une nation, comme l’outil essentiel de défense de la souveraineté (1) ; son affaiblissement apparaît donc comme le symptôme de l’assujettissement à un impérialisme extérieur et il convient de restaurer l’Etat, par le retour à l’idée de Nation, afin de garantir les libertés collectives (2).

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1/ L’Etat, qui peut parfois être un outil de domination impériale, reste le meilleur moyen de garantir, pour une nation, ses libertés collectives.

1.1/ L’Etat est d’abord apparu comme un outil de pérennisation de la domination impériale

Rome, dans sa phase impériale, voit apparaître, sous les empereurs Antonins, les prémisses d’une fonction publique, légats et ébauche d’un cabinet de hauts fonctionnaires remplacent alors les magistrats, élus, et les ‘comes’ (proches) de l’Empereur.

L’administration des provinces en est considérablement améliorée (notamment en comparaison de la période de domination par la République romaine où celles-ci, gouvernées par des magistrats, étaient pillées par l’impôt).

En application du principe énoncé par Rousseau dans le Contrat Social, « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être le maître s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir », le devoir d’obéissance à Rome qui garantit en retour la Pax Romana vis-à-vis des dangers extérieurs au Limes, en devient plus acceptable, et l’usage du droit romain se répand dans l’Empire.

Néanmoins, l’Etat impérial, comme le Leviathan de Thomas Hobbes, n’est accepté que tant qu’il garantit un niveau minimum de prospérité (ou sa promesse, qui peut s’illustrer par la perspective d’accès des sujets à la citoyenneté) , la sécurité de ses sujets et qu’il parvient à étouffer le principe de nationalité.

Ex. de la chute de l’Empire romain : La misère des populations engendrée par la globalisation économique de la fin de l’Empire romain entraine la multiplication des révoltes (bagaudes en Gaule). Les populations ont en effet vu leurs revenus s’effondrer par la pression à la baisse sur le coût du travail entrainé par la mise en concurrence des paysans (dans le cas de la Gaule, grenier à blé de l’Empire) avec les esclaves importés et employés dans les villas romaines. Dans le même temps, l’Edit de Caracalla (212), en accordant la citoyenneté à tous les sujets de l’Empire, tarit la RH du recrutement des légions, et la défense du Limes, déléguée, du coup, à des tribus germaniques, n’est rapidement plus assurée.

Ex. de la chute de l’Empire austro-hongois : l’émergence du principe des nationalités (les invasions napoléoniennes en ont porté la promesse, et l’idée nationale est ravivée par les historiens qui redonnent conscience de leurs racines aux peuples de l’Empire) ne parvient plus à être compensée par les impératifs de sécurité collective auxquels l’Etat impérial autrichien apportait une réponse. En effet, l’affaiblissement de l’Empire ottoman ne fait plus apparaître ce dernier comme une menace continentale suffisamment significative pour étouffer, au nom de la sécurité collective, le principe de nationalité.

1.2/ Dans le modèle national, l’Etat procède de la nation, soucieuse de garantir sa sécurité collective.

La France, premier Etat-nation d’Europe illustre, par son Histoire, les mécanismes de fondation et d’élaboration d’un Etat-nation. Les modes de gouvernance produits par ce modèle échappent en partie à l’étude des systèmes politiques proposés par les philosophes grecs (Socrate, Platon puis Aristote) et repris par Montesquieu, qui n’en ont étudié les mécanismes qu’à l’échelle de la cité. John Locke les touche du doigt, en 1690, dans le Traité de gouvernement civil, où il indique que l’Etat n’existe que par la volonté du peuple. Alexis de Tocqueville en saisit les dynamiques propres au peuple français et démontre, en 1856, dans L’Ancien Régime et la Révolution, que, loin de constituer une rupture, la Révolution n’est que la poursuite d’un long processus de centralisation et de consolidation de l’Etat, initié au XIème siècle. Le moteur de ce processus est la volonté d’un peuple qui a toujours trouvé le Roi comme meilleur allié pour lutter contre le risque oligarchique.

Aux sources de l’Etat, se trouve donc une volonté commune. Pour Rousseau (Du contrat social ou Principes du droit politique-1762), le peuple, constitué en « corps social » exprime spontanément la volonté d’une forme de contrat social. A chaque peuple, à chaque culture, donc à chaque corps social, correspond l’expression d’une volonté spécifique, donc d’une forme de contrat social qui n’est pas universellement transposable. Cette « volonté commune dans le présent » qu’évoque Ernest Renan dans sa Conférence à la Sorbonne de 1882, nait, selon lui, « d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements » qui constitue « la possession en commun d’un riche legs de souvenirs » sur lequel repose une nation.

En France, mère des Etats-nation, la naissance du sentiment national (1.2.1) a donc été précédée d’un riche legs de souvenirs (1.2.2) sur lequel l’ensemble des fondations de l’Etat sont posées aux XIIIème et XIVème siècles (1.2.3) avant de connaître une centralisation progressive (1.2.4)

1.2.1 La naissance du sentiment national

Le sentiment national, fondement de la nation, se construit en France au XIème siècle, par la diffusion des chansons de geste dans les milieux de la chevalerie et de la noblesse d’épée, à l’époque où celle-ci reste un ascenseur social encore accessible aux milieux populaires (paysans). Le rayonnement de ses codes et de ses valeurs dépasse donc largement son seul cadre.

Chef d’œuvre de la Matière de France, la Chanson de Roland, récitée de la fin du XIème jusqu’au XIIIème siècle dans les milieux de la chevalerie et sur les chemins de St Jacques de Compostelle, reste l’ouvrage majeur qui contribue à la naissance du sentiment national. Alors que l’autorité de l’Etat (du Roi) se limite au domaine royal des premiers Capétiens (peu ou prou l’Ile de France), la Chanson de Roland chante, dès 1060, le récit de tout un pays qui, des Pyrénées jusqu’à des limites septentrionales dont le tracé va « de St Michel du Péril jusqu’à Sens, de Besançon jusqu’au Port de Wissart », partage le sort d’une armée partie défendre les marches méridionales. La fraternité des armes réunit dans l’adversité et dans le sacrifice le comte de Bretagne, Roland, l’archevèque Turpin, « Gérard le vieux du Roussillon », Thibault de Reims et le Gascon Angelier. Aucun de ces chevaliers, pourtant, n’y invoque, avant de mourir, le souvenir d’une autre terre que celle « de douce France » (mort de Roland), aucun régionalisme non plus chez le comte Olivier qui prie « pour bénir France douce » avant de rendre l’âme. « A bien appris qui a souffert beaucoup » conclut, en guise de morale, le chef d’œuvre qui, en étant récité pendant un siècle et demi, deviendra la version française du chant spartiate « nous sommes ce que vous fûtes, nous serons ce que vous êtes » dans lequel Ernest Renan voit l’hymne de toute nation.

Vraisemblablement née en Normandie, la Chanson de Roland traverse la Manche avec les armées de Guillaume le Conquérant qui la fait chanter en 1066 devant ses chevaliers, pour les galvaniser avant la victoire de Hastings. Le manuscrit d’Oxford, la plus ancienne version écrite, rédigée en anglo-normand par Turold (1090) se situe donc dans le sillage des armées normandes. Un siècle plus tard, est prêtée au roi Plantagenêt Jean Sans Terre la question « pourquoi chanter Roland s’il n’y a plus de Roland ? » à laquelle un de ses hommes lui aurait irrévérencieusement répondu « il y aurait encore des Roland s’il y avait des Charlemagne » ! Même si son rayonnement a dépassé la Manche, les Alpes (Orlando Furioso en Italie) et les Pyrénées, cette chanson de geste reste le mythe fondateur qui a accompagné la naissance du sentiment national français, dont la première manifestation unanimement admise se trouve dans la réponse des milices communales à l’appel de Philippe Auguste lors de la bataille de Bouvines, en 1214.

1.2.2 Un long héritage commun précède la naissance du sentiment national

Avec une implantation humaine ancienne (le début de la chaine des outils fait remonter les hypothèses de présence humaine à -1,8 millions d’années AVJC), les premiers signes d’une religiosité commune (déesse de la fécondité) apparaissent en France avec l’arrivée de l’homo-sapiens-sapiens dont le dynamisme démographique efface en 5000 ans (de -40000 à -35000) la présence de l’homme de Néandertal.

Une expression artistique précoce : l’art premier évolue sur 200 siècles, de -30000 à -10000 ans, en France et dans le Nord de l’Espagne. Evoquant la basse vallée de la Vézère, en Périgord, les « Eyzies, Cro-Magnon, La Mouthe, les Combarelles, Font de Gaume, le Cap Blanc, Laussel, La Laugerie, Les Marseilles, La Madeleine, Moustier, Lascaux… », Pierre Gaxotte, dans son Histoire des Français, parle d’autant de « lieux saints de l’humanité, au même titre que Ninives, Athènes et Rome ». Franck Bourdier, dans Préhistoire de la France, y voit une supériorité culturelle des vallées du Sud-Ouest franco-espagnol, par rapport au reste du monde, que l’Europe, l’ayant perdue, ne ressaisira qu’aux XIIème et XIIIème APJC. L’interruption de cette période artistique en -10000 s’explique par la fin de la glaciation de Würm (dernière glaciation), quand les fortes modifications de l’écosystème perturbent les activités humaines qui se concentrent sur les besoins premiers. De fait, tandis que les traces d’activité artistique disparaissent, la chaine des outils (notamment ceux dédiés à la chasse) continuent à se perfectionner.

A la faveur de la fin de la dernière glaciation, la période néolithique voit l’implantation, en -4500, d’un peuple danubien, aux procédés agricoles précoces, qui fertilisent les terres du Nord et de l’Ouest de la France et dynamisent la démographie. La disparition progressive de la cueillette et de la chasse au profit de l’agriculture et de l’élevage (porc et bœuf), crée les conditions du développement d’une société matriarcale. Au chasséen, en -3000, une culture commune (le culte de la déesse mère) est répandue sur l’ensemble du territoire. S’y superposeront le culte de la déesse Vesta sous l’empire romain, puis le culte marial avec la chrétienté.

Lors de leur arrivée, les peuples protoceltes (culture de Hallstatt en -800) puis celtes (culture de la Tène en -500), aux structures sociales patriarcales et hiérarchisées et porteurs de la culture du fer, seront contraints de s’adapter aux particularités sociales matriarcales des peuples néolithiques, compte tenu de la densité démographique de ces derniers.

En -500 AVJC, le socle anthropologique français est donc posé : son abondance agricole et sa forte démographie en font déjà la « Chine de l’Europe », et une terre d’émigration (et non l’inverse), qu’elle demeurera sans discontinuer jusqu’au XIXème siècle. Jules César, lors de la conquête de la Gaule transalpine, en y évaluant la population à 10 millions d’habitants (avec des portions du territoire français plus peuplés qu’aujourd’hui), constate que les femmes occupent une place particulière sans équivalent dans les sociétés méditerranéennes : présentes parmi les hommes en société, elles participent aux cérémonies festives et il leur arrive aussi de combattre aux côtés des hommes. Cette spécificité explique le développement, en France et dans le Nord de l’Italie (anciennes Gaules transalpine et cisalpine), de l’esprit de Courtoisie à partir du XIIème siècle.

L’organisation sociale en 3 catégories distinctes, propre aux peuples indo-européens, les bellatores (guerriers), oratores (prêtres) et laboratores (paysans), est également posée dès -500 et, après avoir été transposée dans les 3 ordres médiévaux, elle perdure aujourd’hui à travers des métiers bien différents mais qui recouvrent des fonctions sociales équivalentes.

Ce socle ethnoculturel stable depuis lors (les invasions barbares consécutives à la chute de l’Empire n’ayant conduit qu’à l’implantation de quelques dizaines de milliers d’individus sur une population totale de plus de 10 millions d’habitants) a conduit le démographe Jacques Dupaquier à considérer, dans les années 80, que si les Français voulaient savoir à quoi ressemblaient leurs ancêtres les Gaulois, il leur suffisait de se regarder dans un miroir. Seules les régions proches du Limes (Flandres, Belgique) connaissent un apport significatif de population pendant l’occupation romaine, avec 15% de la population issue de l’implantation des légionnaires démobilisés (essentiellement issus de tribus germaniques), mais assimilés à la culture romaine après les 20 à 25 ans de service militaire nécessaires à l’acquisition de la citoyenneté.

La colonisation romaine renforce l’unité culturelle de l’espace territorial français, par la diffusion du droit romain, mais aussi par la désignation sous un terme commun du territoire (Gaule) et de sa population (Gaulois), qui contribue à la construction identitaire. La rapidité de la conquête romaine, à l’aube de l’ère chrétienne, témoigne de la qualité du réseau de voies de communication qui contribue à l’unité culturelle. Soumises pour la première fois, depuis 5 siècles, à une invasion extérieure, les fédérations gauloises sont parvenues à s’unifier pour s’opposer à l’envahisseur romain. Mais ce dernier trouve des alliés dans une partie de la nouvelle bourgeoisie commerçante (à l’exception notable des Vénètes, en Gaule armoricaine) qui trahit pour préserver ses intérêts commerciaux.

Par ailleurs, l’imprégnation du droit et de l’administration romaine, pendant 5 siècles, crée les conditions pour la mise en place d’une administration (Comtes) par Charlemagne, considéré par ses contemporains comme l’ultime empereur romain, et, plus tardivement, pour le retour progressif du droit romain, sous l’impulsion des légistes, dans la législation royale capétienne.

Ce legs de culture et de souvenirs communs, fondé sur un socle anthropologique stable, ne sera pas remis en cause au cours des trois siècles d’effondrement de l’administration qui séparent la chute de l’Empire romain (achevée en 476) et l’avènement de Charlemagne (autour de l’an 800). C’est en revanche au cours de cette période que la diversité des terroirs français, que décrit Fernand Braudel dans l’Identité de la France, se creuse, dans cette phase de « démondialisation » où les communications entre les différents espaces géographiques diminuent considérablement.

1.2.3/ Les fondations de l’Etat sont posées aux XIIIème et XIVème siècles

3 rois en sont les acteurs principaux : Philippe Auguste, Saint Louis puis Philippe Le Bel. Les grands féodaux sont écartés sous leurs règnes au profit de membres de la noblesse de robe, ou de la bourgeoisie, qui constituent l’architecture d’un début d’administration pérenne.

Philippe Auguste, acteur de la reconstitution de l’unité du royaume par la déchéance de Jean Sans Terre que « ratifie » la bataille de Bouvines (1214), renforce l’administration par la mise en place des baillis pour contrôler l’action des prévôts (ces derniers, mis en place au XIème siècle remplaçaient la noblesse -notamment les comtes de l’administration carolingienne, devenus autonomes- sur les terres du domaine royal). Par ailleurs l’autonomie du Trésor par rapport à la cassette royale est renforcée, en étant confiée au Temple.

Saint Louis consacre l’autonomie de la justice, par la création du Parlement de Paris, sur l’Ile de la cité. Désormais indépendant de la Curia Regis, ce parlement servira de modèle aux parlements de province qui jugeront en première instance les causes concernant les vassaux du roi, et en appel les décisions des juridictions inférieures (assises -baillages et prévôtés). Dès lors, l’influence des légistes se renforce à la cour du roi et, s’appuyant sur le droit romain, ils s’efforceront sans discontinuer d’œuvrer à la mise en place progressive d’une monarchie centralisée.

Sous Philippe Le Bel, l’influence des légistes se renforce, comme l’illustre le rôle de Guillaume de Nogaret dans l’attentat d’Anagni contre le pape, qui fait suite à la création des Etats-généraux (1302) par lesquels le principe de souveraineté du peuple français (par la voix des représentants de chaque ordre) est posé comme préalable à la levée de l’impôt. En écartant ainsi toute ingérence du pape dans la question de la levée de l’impôt sur l’Eglise de France, Philippe Le Bel n’est pas en contradiction le principe de séparation du temporel et du spirituel, source de la laïcité, que St Augustin avait conceptualisé dans la Cité de Dieu (qu’il distingue de la cité des hommes) dès le Vème siècle, sur la base de l’Evangile (rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu). La liquidation du Temple marque par ailleurs l’opposition à toute forme d’Etat dans l’Etat et la reprise en main du Trésor par la puissance publique. Une administration autonome du Trésor, affranchie de tout acteur « privé », est dès lors mise en place.

Le XIIIème siècle apparaît donc comme le siècle de la première apogée française, alors que se diffuse l’art gothique, art français né à Sens vers 1130. Portée par le patriotisme d’un peuple relayé par ses rois, l’édification de l’Etat est conduite par le sens du « bien commun » conceptualisé par Saint Thomas d’Aquin comme un « tout » (la cité) dont la dignité est considérée comme supérieure à la « partie » qui le compose (l’individu). Les individus, gouvernants ou citoyens, ont donc le devoir de servir ce bien commun. Cette dynamique patriotique, fondée autour de l’intérêt de la Nation, a permis ainsi de poser l’ensemble des fondations de l’Etat.

1.2.4/ Centralisation et consolidation progressive de l’Etat

Du XIV au XXème siècle, l’Etat poursuit son renforcement progressif sous l’action de l’administration, mais aussi de parlements mus par la notion du « bien commun ». Dans les périodes où l’autorité du Roi faiblit au point de voir sa capacité à servir le bien commun remise en cause, la volonté de mettre son action sous le contrôle des Etats généraux – voie d’expression de la souveraineté nationale – s’exprimera par le prévôt des marchands de Paris Etienne Marcel (XIVème) puis lors de la révolte des cabochiens (menée par Simon Caboche) au XVème. Le principe de souveraineté populaire, dont les bases ont été posées par Philippe Le Bel, s’affirme donc progressivement.

L’unité nationale qui prévalait au XIIIème siècle se fissure, par le retour des ingérences anglaises (au XVème siècle auprès des Bourguignons), puis par le développement des guerres de religion au cours de la seconde moitié du XVIème siècle, qui contribuent à l’effondrement de la capacité du corps social à s’unir autour d’une volonté commune.

Dans cet intervalle, Louis XI, après avoir fait face à une ligue du « bien public » composée de grands féodaux, modernise l’administration : il crée notamment les relais de Poste et modernise l’armée royale en mettant en place une infanterie permanente (bandes françaises et bandes de Picardie) à la place de la milice des francs archers.

Alors que Jean Bodin vient d’affirmer (fin du XVIème siècle) le principe de souveraineté, l’Ecole de Salamanque, avec Francisco Suarez, dans Defensio Fidei Catholicae adversus Anglicanae sectae errores (1613), réinterprète et poursuit la pensée de Saint Thomas d’Aquin en affirmant que le peuple, récepteur de la Souveraineté, ne transmet celle-ci au prince que sous certaines conditions (dont la poursuite du bien commun).

Au plus fort des guerres de religions, alors que la division du royaume crée les conditions de l’ingérence étrangère (Espagnols auprès des Guise et Anglais auprès des protestants), le parti des « politiques », soucieux de la primauté de l’intérêt national et de l’indépendance du pays vis-à-vis de l’ingérence étrangère, émerge.

Ce contexte de guerre civile, dans lequel le corps social s’effondre, conduit au développement de l’absolutisme et à la concentration des pouvoirs entre les mains du Roi, seul en mesure, dans ce contexte de division, d’assurer la poursuite du bien commun, que Louis XIV résume dans la formule « l’Etat, c’est moi ».

Ces dynamiques de centralisation confrontées aux contradictions internes de la société du XVIIIème siècle conduisent toutefois à la Révolution française, qui apparaît donc moins comme un acte fondateur que comme la poursuite d’un lent processus. Ainsi Tocqueville écrit-il, dans L’Ancien Régime et la Révolution, que « Tout ce que la Révolution a fait, se fût fait, je n’en doute pas, sans elle ; elle n’a été qu’un procédé violent et rapide à l’aide duquel on a adapté l’état politique à l’état social, les faits aux idées, les lois aux mœurs ».

Malgré l’épisode girondin, la pensée jacobine l’emporte et poursuit ce mouvement de fond après la Révolution : Napoléon achève l’uniformisation territoriale des lois et des coutumes avec la mise en place du Code Civil ; sous la IIIème République, l’Etat prend à son compte l’Education nationale, dont la charge était encore en grande partie assurée par l’Eglise. Dernière étape majeure, les œuvres de charité de l’Eglise, qui connaissent un regain significatif au XIXème compte tenu des effets du décret d’Allarde (interdiction des corporations) et de la loi Le Chapelier (interdiction de reconstitution de toute association professionnelle), sont progressivement encadrées puis prises en main par l’Etat (développement des Mutuelles et associations au XXème siècle, puis création de la Sécurité sociale).

Ayant vocation à corriger le constat formulé par Galliéni en 1895 « Le fonctionnaire français, général ou préfet, ne craint qu’une chose : les idées générales et les vues à longue portée », l’ENA est créée par De Gaulle dans le but de mettre en place, dans la haute administration, une élite capable de développer une vision stratégique.

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2/ L’affaiblissement de l’Etat est symptomatique de la sujétion à un impérialisme, et sa restauration, nécessaire à la sauvegarde de nos libertés collectives, passe donc par un retour à l’idée de Nation

2.1/ L’affaissement de l’Etat, symptôme de soumission à un impérialisme extérieur, est facilité par l’effacement de l’idée de Nation

Comme indiqué en introduction, le développement des idées utra-libérales américaines, diffusées à l’international par des relais d’influence américains aujourd’hui encore acquis à la cause néoconservatrice (commission trilatérale, Bilderberg, Young Leaders, Open Society, NED, USAID etc…) encourage l’effacement des Etats, alors que la puissance de l’Etat, aux US, ne cesse de se renforcer.

L’effacement des premiers ne se fait donc qu’au bénéfice du second (l’administration US), selon la mécanique de l’Etat impérial (telle que décrite au 1.1), comme l’illustrent les opérations de prédation organisées par l’administration américaine contre nos industries stratégiques (GEM PLUS, Alstom) et les milliards d’€ d’amendes versés par nos entreprises à l’administration américaine au titre de l’extra-territorialité du droit américain, levier principal de cette prédation (pour prix d’une diminution de son amende, mise sous surveillance de BNP Paribas par des fonctionnaires US ayant accès à toutes les données bancaires).

Dans le même temps, l’impérialisme culturel des islamistes (Tabligh, salafistes mais surtout frères musulmans) est facilité par les nombreuses concessions d’un Etat en recul constant.

La disparition de l’idée de Nation (culpabilité injustement prêtée à l’idée de Nation concernant les guerres du XXème siècle) et l’effacement du patriotisme ont été facilités, après la guerre 40-45, et notamment à la fin des années 60, par la contamination marxiste de la pensée universitaire, qui a nié les déterminants culturels, les identités et les Nations, en y voyant des effets de « superstructure » quand seule une lecture liée à des facteurs économiques (l’infrastructure) primaient selon cette pensée. L’effondrement de la pensée et la disparition du patriotisme entrainés par cette marxisation des esprits a contaminé toute une génération de l’élite administrative et d’hommes politiques.

L’effondrement du bloc soviétique, en 1990, n’a pas effacé les destructions, en termes de sens du bien commun, liées à cette marxisation. Une génération d’élites dénuées de racines et partiellement construites dans la haine du collectif auquel elle appartiennent n’en est tombée que plus facilement dans les promesses d’accomplissement individuel offertes par le rêve américain.

Le sens du devoir, indispensable au sens de l’Etat, s’est effacé dans une grande partie du personnel politique et une partie de la haute fonction publique, dont les motivations, individualistes, portées par l’exigence des droits et la recherche de la jouissance immédiate, répondent à celles de l’Homme-masse, dénué de tout sens du devoir, tel que le décrit par Ortega y Gasset dans La Révolte des masses. Cette évolution a conduit à un divorce entre les élites et les peuples, qu’a décrit l’historien et sociologue américain Christopher Lasch dans The Revolt of the Elites and the betrayal of Democracy. Ce divorce est accentué en France par cette marxisation des élites, qui les déconnectent du réel, face à un peuple qui n’a pas perdu la chose la mieux partagée au monde : le bon sens.

La haute fonction publique, et les élites politiques qui en sont issues, par la voie de l’ENA, sont dans le même temps touchées de plein fouet par l’effondrement de l’école française de sciences politiques. Dans celle-ci, l’apprentissage de l’Histoire se limite aux deux derniers siècles (la profondeur historique du pays qui leur sert désormais de modèle exclusif : les US), alors qu’il est en voie de disparition dans le système scolaire. Cet effondrement intellectuel est particulièrement sensible dans le domaine des affaires étrangères et a pu être observé dans les positions prises par la France sur des crises, comme la Syrie, où la compréhension des enjeux requiert un minimum de profondeur historique.

Point positif fortement inspiré par l’initiative du législateur, la mise en place de la loi organique des lois de finances (LOLF) a développé une culture gestionnaire soucieuse de l’économie du denier public, au sein l’administration. Dans le contexte évoqué supra, cette culture a toutefois produit des externalités négatives. Une partie des hauts fonctionnaires qui, dénués de profondeur historique, ne possèdent plus de vision stratégique (comme en navigation, pour fixer le meilleur cap possible, il faut connaître la route parcourue), se sont réfugiés sur cette culture de gestionnaires et ne savent plus réaliser que de la tuyauterie, du bricolage, pour ajuster des dispositifs publics existants dont il ne maîtrisent plus le sens ni la raison d’être. La loi Macron reste un exemple de ce que peut produire cette culture de bricolage gestionnaire dénué de cohérence, tout comme la proposition, formulée par François Baroin, d’étendre en France le dispositif alsacien-lorrain du Concordat afin de faciliter le financement public des constructions de mosquées.

Les capacités de conception ont été d’autant plus affaiblies qu’une culture managériale importée des modèles anglo-saxons, donc décalée par rapport à nos spécificités culturelles, notamment en termes de processus décisionnels, s’est progressivement répandue dans l’administration en étant facilitée par le pantouflage des hauts fonctionnaires. Influencée par des Think Tank comme l’Institut Montaigne et Terra Nova, chevaux de Troie de l’influence néoconservatrice et ultra-libérale, la haute administration et le personnel politique sont devenus, sous couvert de diversité, particulièrement permissifs à des notions anglo-saxonnes étrangères à notre héritage, telles que le multiculturalisme, lui-même cheval de Troie de l’islamisme (cf. l’action du lobby Femyso au Parlement européen).

Ce contexte a facilité le démembrement de l’Etat et le développement d’un clientélisme couteux, par le truchement d’un milieu associatif fortement subventionné, et travaillant parfois directement contre les intérêts du pays (associations s’opposant à la lutte contre l’immigration illégale ou prétendument anti-racistes), mais aussi par les agences de l’Etat ou des partenariats public-privé (PPP) qui peinent à démontrer leur efficience.

Ce clientélisme a par ailleurs contribué à écarter l’Etat de son rôle d’arbitre sur les marchés. Rôle que la pensée libérale (telle que née en France, sous l’impulsion du médecin de Louis XV, François Quesnay, et des physiocrates dont s’inspirera l’Ecossais Adam Smith) lui accordait pour que chaque agent économique puisse maximiser son profit, donc son utilité en termes de « bien commun ». La dérégulation du marché du travail à partir des années 80 en est le meilleur exemple, par la mise en concurrence des salariés français avec des salariés étrangers => baisse des salaires (Cf. étude de la BoE en 2015) et augmentation des charges sociales => effet global négatif en termes de « bien commun » : baisse de la demande (donc de la croissance, donc impact négatif en termes de richesse collective -PIB-).

2.2/ La nécessaire restauration de l’Etat ne peut passer que par un retour à l’idée de Nation, donc au patriotisme

Soumis à l’adversité de la menace islamiste, le peuple français retrouve (conformément à l’effet du jeu du tiers dans L’Essence du politique, selon Julien Freund) la voie d’un patriotisme qu’il n’avait pas totalement abandonné, et ce malgré l’injonction des élites (cf. « le nationalisme, c’est la guerre » prononcé par Mitterrand au PE de Strasbourg en 1995). Dans ce contexte, la restauration de l’Etat passe donc par la remise en conformité des élites avec le peuple, afin qu’elles le représentent fidèlement.

Une telle mise en conformité des élites ne peut se faire que par le sommet de l’Etat : seule l’élection d’un chef d’Etat patriote permettra de replacer au sommet de l’Etat une capacité à développer une vision stratégique, allant donc au delà du seul horizon de la mandature (quinquennat) qui, sous sa forme actuelle, reste la parfaite illustration du propos critique formulé par Léon Daudet, sur le parlementarisme : « A quoi pense un élu ? A être réélu ! ».

Du haut vers le bas, l’Etat doit donc retrouver le sens de la Nation. La mise en place d’un personnel politique patriote (ministères, cabinets ministériels, puis principaux hauts fonctionnaires) redonnera rapidement à l’administration (dont les capacités gestionnaires demeurent) la capacité à retrouver le sens du service de la Nation, donc du bien commun, donc de l’Etat. La mise en place de ce personnel redonnera en effet la capacité stratégique (fixer un cap allant dans le sens des intérêts supérieurs de la Nation) qui fait cruellement défaut depuis 30 ans.

Afin de pérenniser ce retour au sens du bien commun, il convient de redonner de la profondeur historique à la formation des hauts fonctionnaires, dans le cadre de l’école française de sciences politiques et de l’ENA. Cette réforme doit s’inscrire dans le cadre d’une réforme en profondeur de l’enseignement délivré par l’Education nationale afin que l’amour du pays ne soit pas étranger aux sentiments produits par celui-ci.

Dans le domaine culturel, le financement public ne doit être attribué qu’à des œuvres qui n’insultent pas l’Histoire de France ni salissent publiquement son image, ne serait-ce que par respect pour la Nation qui, par la voix de ses représentants, consent à l’impôt. Les artistes qui souhaitent se livrer à ce type de pratique conservent leur liberté mais ne peuvent réclamer l’argent de ceux qu’ils insultent pour en faciliter l’exercice (dans l’esprit de l’Art. 4 de la DDHC : la Liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui).

Dans le domaine économique, tout en pouvant rester modeste, selon les vœux de Michel Crozier, afin de faciliter l’efficience de l’interaction des agents économiques, l’Etat doit jouer son rôle d’arbitre, en empêchant notamment les employeurs de mettre leurs employés en situation de concurrence déloyale par le recours à une main d’œuvre étrangère. Une politique non-immigrationiste ne peut avoir que des externalités économiques positives : soutien des salaires, relance de la demande => croissance, et permet, par la diminution du taux de chômage, d’alléger les contraintes liées au code du travail, le salarié étant en mesure de mettre en concurrence les employeurs lorsque la situation économique se rapproche du plein emploi. Par ailleurs, les industries souhaitant peser à la baisse sur le coût du travail, ne pouvant avoir recours à l’immigration, sont obligées d’investir dans la R&D afin de diminuer la masse salariale au profit du capital productif (machines-outil) => innovation (autres externalités positives). L’Etat doit en revanche entrer au capital des industries stratégiques et développer ses capacités d’Intelligence économique afin de limiter les opérations de guerre économiques adverses (achat d’Alstom ou de GEM PLUS). Il doit également rester présent en matière d’investissements d’infrastructure (transport, communication, énergie).

La pérennisation d’une action publique soucieuse du bien public, donc de l’Etat, doit passer par le maintien au pouvoir d’un échelon politique patriote. Le rôle du quatrième pouvoir n’est ici pas à négliger. Ce pouvoir (médias de radio/télévision et de presse écrite), est en perte de vitesse face au cinquième pouvoir (Internet) beaucoup plus libre et donc mieux maîtrisé par la souveraineté nationale. Ce mouvement doit être accéléré, notamment afin que les seniors, qui n’ont pas accès à Internet, ne demeurent pas en situation d’asymétrie d’information au moment des élections. En effet, les études d’opinion montrent que la population, redevenue fortement patriote, se tourne en priorité vers les candidats patriotes lorsqu’elle a accès à toutes les informations (Internet comme médias traditionnels). En effet, les tranches d’âge les plus jeunes (plus orientées vers Internet) votent massivement pour les candidats patriotes. Un bon moyen de corriger rapidement cette asymétrie d’information reste d’ouvrir une à plusieurs chaines hertziennes à des « télé libres » (webtv présentes sur Internet), avec un contrôle en amont de la légalité de leur contenu. Cette diversification de l’offre télévisuelle, sur le modèle de l’ouverture de la bande FM aux radios-libres dans les années 80, peut contribuer à rééquilibrer la ligne des médias TV traditionnels, dont les postures « politiquement correctes » auront du mal à résister à cette mise en concurrence.

* * *

L’effacement de l’Etat auquel nous avons assisté ces dernières années, loin d’être le signe d’un gain de liberté, est donc bien le symptôme d’un assujettissement de la Nation à un impérialisme étatique extérieur. Le renouvellement du patriotisme français reste donc le meilleur moyen de s’affranchir de cet impérialisme et de restaurer un Etat procédant de la Nation.

Dans le contexte d’adversité que connaît la France, face aux impérialismes islamistes et mondialistes, dont les acteurs, de l’EI aux frères musulmans et du CCIF au gangster de la finance George Soros, agissent parfois de concert, les conditions pour une nouvelle unité nationale semblent réunies, créant sans doute un contexte favorable aux prémisses d’une troisième apogée française (après celle du XIIIème et celle du XVIIIème siècle), notamment au moment où les Etats-Unis semblent tentés par un retour à une ligne isolationniste.

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. JpB dit :

    La longueur du développement ne dessert-elle pas la justesse de la conclusion ?

    Article pertinent néanmoins.

  2. zelectron dit :

    Est-ce une homélie, un dithyrambe, une apologie ?
    Quid de la myriade d’agents de cet état qui pour bon nombre se goinfrent sur le dos du peuple non seulement courbé, mais parfois à genou ? Le surnombre effarant de ces fonctionnaires n’étonne personne ?
    La fonction arbitrale exclusive et qui plus est réduite à une peau de chagrin, qui aurait du depuis toujours présider aux destinées de l’État est aujourd’hui bafouée au profit d’interventions dans des domaines qui ne le concerne en rien, industriels, agricoles, financiers . . . au lieu d’agir de par sa justice ou sa force armée pour amener les intervenants ayant franchi la ligne rouge, à raison !
    Cette pléthore à fonctions doublées, triplées, quadruplées et plus encore nuit gravement à la santé de ses citoyens et donc mise à part les fonctions régaliennes strictes ôtées des cliques de hiérarchies abscons, l’enseignement idem et la santé bien sûr, TOUT LE RESTE doit revenir à la société civile sans conteste.
    L’ÉTAT est aujourd’hui une bête gaspilleuse, immonde et obèse.

  3. Total recall dit :

    Le paradoxe que vous soulevez n’est qu’apparent. La méthode est simplement subversive, c’est à dire phagocyter l’état de l’intérieur en trompant l’opinion publique, ce que nous vivons en France depuis Maastricht.

  4. Muriel dit :

    Certes l’Etat est devenu un mamouth a dégraisser d’urgence tout autant que le millefeuille des collectivités territoriales parasité par des fonctionnaires en doublon ou en triplette et par un nombre délirant d’élus .

    C’est le système UMPS de gâchis, de privilèges et prébendes piqués sur l’argent du contribuable mis en place depuis 40 ans et dont il’faut sortir au plus vite, tout comme il faut sortir de l’assistanat généralisé produit par les mêmes.

    Pour autant, il ne faut pas confondre système fonctionnarisé obsolète et missions régaliennes d’un Etat souverain.

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