Et si le futur du nucléaire se dessinait en Chine ?

Rédigé par notre équipe le 09 mars 2017.

En passe de devenir le premier pays nucléaire au monde en puissance absolue, le géant asiatique veut doubler d’ici à 2020 la capacité de son parc nucléaire. Il table même sur 200 GWe en 2030 et jusqu’à 500 GWe en 2050.

Bernard Cazeneuve n’est pas sans le savoir. L’industrie nucléaire civile chinoise est en plein essor et pourrait garantir des revenus sur le long terme pour les acteurs du nucléaire français. Lors de sa récente visite officielle en Chine, le Premier ministre n’a donc pas manqué de souligner à quel point « le développement du partenariat stratégique global franco-chinois est un axe prioritaire de notre politique extérieure ».

Une puissance nucléaire jusqu’à 500 GW en 2050

Et pour cause. La Chine semble décidée à devenir le futur champion du monde de la lutte contre le réchauffement climatique, comme le révèlent deux articles parus dans le média en ligne Quartz et le chinois 6th Tone. Et le pays a bien compris que le nucléaire représente, au même titre que les énergies renouvelables, une bonne solution pour se défaire de sa dépendance ultra polluante au charbon.

Résultat : avec un tiers des réacteurs nucléaires en construction dans le monde actuellement situés sur son territoire, la Chine est aujourd’hui le pays qui mise le plus sur l’énergie atomique. Composé de 36 réacteurs en exploitation en 2017 et 21 réacteurs en construction, son parc nucléaire représente une puissance installée de plus de 28200 MWe. Et ce n’est sans doute qu’un début.

Le 13e plan quinquennal du pays, approuvé en mars 2016, prévoit notamment le doublement de la production d’énergie nucléaire. Le Conseil d’État chinois doit ainsi approuver la construction de six à huit nouveaux réacteurs nucléaires par an, ce qui pourrait porter la puissance nucléaire installée du pays à 58 GW d’ici à 2020 (plus 30 GW en construction), 150 à 200 GW en 2030 et même 500 GW en 2050.

Mais la Chine ne se contente pas d’avoir le programme nucléaire le plus ambitieux au monde. Elle souhaite également être autonome sur le plan de l’innovation, comme le déclarait ZHANG Luqing, senior expert de la Compagnie nucléaire nationale chinoise (CNNC) au quotidien China Electric Power News en janvier 2017.

C’est dans ce contexte que deux entreprises d’État ont annoncé qu’elles travaillent sur des projets de petites centrales nucléaires destinées à être installées sur des plateformes ou des bateaux pour alimenter en électricité des infrastructures isolées.

Les premières centrales nucléaires flottantes

Le China General Nuclear Power Group (CGN) a ainsi annoncé le lancement de la construction de l’ACPR 50S, un réacteur d’une puissance de 200 MW conçu pour être fixé sur un bateau ou une plateforme en mer. De son côté, la CNNC prévoit d’achever la construction de son premier bateau-centrale avant 2019. Les « centrales nucléaires flottantes » permettront d’alimenter en électricité les plateformes de forage gazières et pétrolières, ainsi que des îles et zones côtières.

Ces réacteurs plus modestes s’inscrivent dans ce fameux plan de transition énergétique qui prévoit de doubler la capacité nucléaire du pays. Un objectif ambitieux dont la portée n’a pas échappé aux Français. Lors de la visite de Bernard Cazeneuve, New Areva et son partenaire chinois CNNC ont signé un accord-cadre de coopération industrielle et commerciale. Dans un communiqué diffusé le 21 février 2017, le groupe français se félicite d’un contrat qui « ouvre la voie à de nouveaux débouchés industriels et commerciaux entre les deux pays ». 

Nul doute que la filière nucléaire française est étroitement liée au développement du nucléaire chinois. En témoigne EDF qui ne cesse d’imposer sa présence en Chine en investissant dans de nouveaux projets. Citons par exemple celui des deux réacteurs EPR d’Areva d’une puissance de 1600 MW chacun et construits par EDF et son allié CGN à Taishan, le tout pour un investissement d’1 milliard d’euros.

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. lucky dit :

    Le nucléaire est plus coûteux et est extrêmement dangereux si le moindre pépin arrive. De plus ce secteur est moins générateur d’emploi. En France, on a eu 2 fontes de cœur de réacteur (en 1980 et 89 je crois, passés sous silence). Ça en dit long sur les acteurs dont la priorité ce recentre sur des intérêts qui nous échappent. De plus ce secteur est proche de la faillite et est sous perfusion public.

  2. Bluesun dit :

    Cazeneuve, n’a de neuf que son nom. Il est vieux et comme tous les autres de passage, en revanche, l’avenir de nos enfants, et de la planète entre des mains d’une si grande intelligence ne peut qu’inquiéter.

    Au nom de l’argent, l’humain est en train de détruire ce qui le nourrit.

    En 2013, il y avait aussi ce projet :

    Le concept repose sur un tube de 100 mètres de long et 15 de large SIPA

    C’est la dernière lubie des fous de nucléaire. Sur un marché où tous les acteurs jouent la surenchère en essayant de créer le plus gros réacteur nucléaire, le groupe DCNS (ancienne direction des constructions navales) présente un projet de réacteur nucléaire de petite taille et installé sous les mers, baptisé Flexblue. D’une puissance de 50 à 250 mégawatts (contre 900 à 1.200 MW pour un réacteur nucléaire traditionnel), il permettrait d’alimenter entre 100.000 et un million de foyers, l’équivalent d’une ville de la taille de Brest. Pour l’instant, ce n’est encore qu’un projet, mais DCNS prévoit de lancer un premier prototype en 2013.
    Inutile de venir nous parler protection de la planète.

    Les chinois veulent être les premiers en tout….

    On ne sait déjà pas quoi faire des déchets nucléaires..
    Une fois la planète recouverte de tous ces déchets, on fait pousser quoi ? et on mange quoi ? l’argent économisé par la formule nucléaire ????

    Et si tremblement de terre, ou tsunami….
    Quand ils auront fait de la planète entière un Tchernobyl ; on va où ????

    Pourtant ce n’est pas faute de chercher dans l’espace une autre planète que la terre, pour comprendre que celle où nous posons les pieds est un paradis….au nom du fric, ils sont en train de la tuer, puis de chercher sur mars l’équivalence, pour en faire exactement la même chose que ce qu’ils font de la terre….et on dit l’humain doté d’une intelligence supérieure..
    en fait à bien y réfléchir, chaque matin, ils ne pondent que de la mélasse…

    Pas mieux l’énergie solaire ????

  3. jaca dit :

    Pourquoi voir le mal partout et transposer tout de suite ça à la France. chez nous, le nucléaire est source de tous les maux et s’invite chez tous les prétendants à la présidence mais que je sache, il n’y a pas eu d’incidents majeurs à déclarer… Les installations sont de plus en plus fiables et sécurisées donc pourquoi ne pas le croire ! Par ailleurs, le nucléaire serait l’énergie la plus propre…
    je ne suis pas entrain de défendre coute que coute cette énergie mais quand on sait que le solaire ou l’éolien emet plus de CO2 dans l’atmosphère, il faut savoir recentrer le débat sur les choses qui fachent vraiment.

    • Bluesun dit :

      Ne pas oublier que quand les humains parlent se dégage aussi du CO2. (C02 = gaz carbonique)…

      Les installations sont de plus en plus fiables, mais la France a de moins en mois d’argent, et l’entretien devient alors de plus en plus difficile…

      Quant aux déchets ils sont ensevelis pour une période de 10 ans (si les infos sont bonnes)….et après on fait quoi ????

      Un Tchernobyl mondial ????

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