Rendre l’Arménie grande à nouveau

Rédigé par Davros le 29 mars 2017.

Les événements de la fin de l’année passée ont mis en évidence que cette année serait celle de la grande politique. La victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine contre tous les pronostics a montré que tout est possible dans le monde politique d’aujourd’hui.

L’année 2017 est d’une grande importance pour la diaspora arménienne en France dont les membres participent aux élections françaises et arméniennes. Les deux pays font face aux mêmes défis. L’incapacité des autorités à résoudre des crises actuelles suscite le mécontentement du peuple et crée les conditions pour l’accession au pouvoir des personnes qui proposent de nouvelles solutions, parfois même à caractère provocateur.

En France, c’est Marine le Pen avec le Front national tandis que l’Arménie a l’alliance Ohanian-Raffi-Oskanian qui réunit les trois ex-ministres, notamment l’ancien chef de la Défense Seyran Ohanian et les deux anciens ministres des Affaires étrangères Raffi Hovannisian et Vartan Oskanian.

Certains peuvent prétendre que l’alliance des ex-ministres ne proposent rien de nouveau et pourtant, ce n’est pas le cas. Les Arméniens sont conscients des problèmes du pays depuis longtemps. Il s’agit de la corruption du gouvernement, la dépendance de la politique étrangère et la négligence des besoins de la population arménienne. Il ne faut qu’une volonté politique afin d’éradiquer ces maladies. Cela n’ exige qu’un homme d’action, le titre attribué à Seyran Ohanian par la majorité des Arméniens.

Le besoin d’un vrai leader qui n’hésite pas à protéger les intérêts nationaux devient plus urgent dans le contexte des ambitions néo-Ottomanes du président turc Recep Erdoğan. La Turquie adopte une politique étrangère de plus en plus agressive et accuse ses adversaires de « pratique nazies » d’une manière hypocrite. Erdoĝan rêve également d’influencer le Caucase du Sud, y compris l’appui de l’Azerbaïdjan et ses tentatives d’occuper le Haut-Karabakh.

Sous ces conditions, l’Arménie a besoin d’une gestion forte et indépendante. Ni le parti Républicain au pouvoir, ni l’opposition contrôlée, qui est presque ouvertement financée par l’administration du président Sarkissian, ni de petits partis tels que les Démocrates libres ou les Communistes arméniens, ne sont capables de garantir même de bonnes conditions de vie pour les Arméniens sans parler de protéger les intérêts nationaux sur la scène internationale.

Rassemblés par Levon Ter-Petrossyan, le Parti du progrès national arménien et le Parti national d’Arménie, qui se qualifient de « l’opposition radicale » bien qu’ils ne puissent pas proposer une alternative adéquate à la politique du pouvoir actuel, n’arriveront à accomplir ces tâches non plus.

Contrairement à d’autres politiciens opposants, les fondateurs du bloc d’Ohanian-Raffi-Oskanian sont prêts à tenir leurs paroles et leurs promesses électorales même si cela signifie de nettoyer la tête du pouvoir pour déraciner la corruption du gouvernement arménien. De ce fait, il n’est pas surprenant que le pouvoir arménien craigne une victoire du bloc ministériel. C’est avec beaucoup de réticence que les résultats de l’élection parlementaire sont attendus non seulement à Erevan mais aussi en Turquie, Azerbajdgan et Géorgie où les droits des Arméniens résidant dans la région Samtskhé-Djavakhétie sont toujours violés. Or, tout changera après la victoire des partisants de Seyran Ohanian, et non à la faveur du pouvoir géorgien.

Le parti Républicain au pouvoir croit s’assurer du soutien du peuple en achetant les voix des électeurs. Les hommes politiques cyniques pensent que les gens souffrant de pauvreté accepteront de l’argent et voteront ceux qui en sont coupables. Ainsi, si les Arméniens veulent de réels changements, il faut voter non pour l’argent mais pour l’Arménie forte et indépendante qui pourrait d’être grande de nouveau.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. JpB dit :

    Oui les délires islamo nationalistes de grandeur d’Erdogan rendent nécéssaire un nationalisme unitaire Arménien

  2. Bluesun dit :

    Les arméniens sont avant tout un peuple de fierté.
    Ils ne sont pas à vendre, et avant tout, ils veulent être libres et vivre en paix.

    Bon nombre ont voté pour Sarko, et comme bon nombre, ils ont été très déçus…

    Espérons qu’à présent, ils votent Marine, car mieux vaut l’originale qu’une vague copie à faire avaler des couleuvres.

    Les arméniens sont en France depuis des décennies, connaissent la valeur de l’argent par le travail, et non par la main constamment tendue à rien foutre.

    Ils ont respecté ce pays d’accueil qu’à été la France, se sont intégrés, et ont appris le français.

    Ont aimé ce pays la FRANCE, sont devenus des français à part entière.

    Aznavour en est l’exemple premier.

    Voter Marine, pour retrouver, liberté, fierté, travail, et tout ce qui faisait la beauté, et le respect de la FRANCE.

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