Législatives : chaos à tous les étages !

Rédigé par notre équipe le 12 mai 2017.

Les législatives sont devenues un simple exercice de style depuis l’introduction du quinquennat. Le président élu trouve facilement une majorité et il faut être doté d’une médiocrité égale à celle de Hollande pour la perdre en chemin. Mais 2017 est décidément unique en son genre. Après avoir élu Emmanuel Hollande, il est bien compliqué de se fabriquer une majorité (ne parlons même pas de sa cohérence). La grogne commence déjà à enfler au sein d’En Marche qui peut toutefois compter sur les divisions internes des Républicains et du Front national. Le PS, lui, est cliniquement mort.

Il y a toujours du monde pour enfumer du gogo. En rangs serrés, les marcheurs d’Emmanuel Macron ont tout écrasé sur leur passage avec à la clé une Présidence de la République qui est tombée comme un fruit pourri. Mais dès lors qu’il faut s’assurer une place au chaud au Parlement, l’armée de Spartacus prend des airs de chaos qui ont déjà des accents hollandais. On allait voir ce qu’on allait voir ! Le 11 mai serait la date fondatrice de la majorité présidentielle. Les candidats intronisés par En Marche devaient tous être présentés et dégager la vieille clique politicienne. Tous les candidats ? Non, seuls 428 sur 577 ont été officiellement investis. Où sont donc passées les 149 circonscriptions qui manquent à l’appel ?

Pourtant les parvenus et autres traîtres ne se sont pas fait prier pour se faire connaître et espérer prendre un confortable siège de député. Parmi eux, on compte Gaspard Gantzer, grand manitou de la communication de François Hollande – c’est-à-dire quelqu’un qui a échoué depuis cinq ans – qui a été investi En Marche dans la deuxième circonscription d’Ille-et-vilaine. Comme pour Macron, peu importe que Gantzer ait servi un pouvoir socialiste pendant cinq ans, il est temps de se refaire un bon trou même si cette fois-ci il faudra se soumettre aux gueux de France. Mais avec un peu de comm’, ils savent que tout est possible…

Certains ministres socialistes comme Stéphane Le Foll, nullité absolue qui a tourné le dos aux éleveurs et aux agriculteurs mais qui a pour grand mérite d’être le copain intime de Hollande, concourt sous les couleurs du PS, mais sans candidat En Marche face à lui…. Même chose pour Marisol Touraine, Jean-Marie Le Guen et l’inénarrable Myriam El Khomri qui a l’outrecuidance de se présenter chez les prolos de la 18e circonscription de Paris qu’elle a matraqué avec sa loi travail… Cerise sur le gâteau, Manuel Valls qui a fait des pieds et des mains pour que sa trahison soit acceptée, ne sera pas candidat En Marche mais n’aura pas à lutter contre un bébé Macron. On a du mal à voir où se trouve le renouvellement politique avec tous ces éléphants PS épargnés. Tous les autres caciques sont déjà derrière Macron mis à part Hidalgo, Hamon et Taubira dont le poids politique tend dangereusement vers zéro…

Protéger les sortants…

Macron reconstitue le PS – c’était prévu – et fait du Hollande en ménageant la chèvre et le chou. Pas même au pouvoir, il montre qu’il ne sait pas trancher sauf quand l’ordre de ses sponsors européistes et mondialistes sera donné de casser le modèle social, le Code du Travail et d’ouvrir encore plus nos frontières. La gauche est en décomposition avancée avec un PS inaudible, quelques figures un peu médiatiques qui lancent leur mouvement (quèsaco ?) et un Mélenchon en lutte à mort avec le PC qui ne lui est plus d’aucune utilité. Le parachuté marseillais rêve d’être la première force d’opposition à En Marche sauf que dans sa défaite traumatisante il a oublié que les Républicains et le Front national pèsent plus que lui.

Seule bonne surprise de cette période trouble où le mondialisme avance à visage découvert, Les Républicains tiennent mieux que prévus aux appels du camp Macron. Ils se détestent tous, beaucoup partagent les vues de l’ex-banquier, mais très peu l’ont encore officiellement rallié. Parmi les 149 circonscriptions encore sans candidat d’En Marche, une bonne partie attend un transfuge de la droite ou laisse le champ libre à un Républicain docile à l’image de Nathalie Kosciusko-Morizet.

Plus inquiétant, le Front national se réveille groggy de la présidentielle. Le score vraiment moyen du second tour et surtout la prestation de Marine Le Pen lors du débat face à Macron ont créé beaucoup de tensions en interne. Marion Maréchal-Le Pen se retire de la politique alors qu’elle représente le socle traditionnaliste des électeurs frontistes. Florian Philippot, grand organisateur de la rencontre entre le FN et les classes populaires, menace de quitter le parti si la sortie de l’euro est évacuée du programme. Le Front national marchait (parfois péniblement) sur deux jambes et se retrouve sur la table d’opération avec une possible double-amputation en perspective. Le premier parti de France est lui aussi victime de l’effet Macron…

Les tensions et dissensions sont tout à fait normales en politique. Les hommes et les idées passent leur temps à s’entre-déchirer, mais aujourd’hui la moindre faiblesse est exploitée par Macron et ses maîtres financiers. Leur victoire à la présidentielle a montré l’étendue de leurs pouvoirs. L’unité et l’éthique sont plus que jamais nécessaires pour ne pas donner libre cours au projet destructeur de ce fils mammonique d’Hollande.

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. JpB dit :

    Bon compte rendu d’une situation ubuesque oû l’on voit En Marche …arrière avec encore 150 sièges à pourvoir qui ne seront plus, soyons en sûrs, à parité Homme/Femme…et encore moins sociéte civile/ politicards

    Néanmoins, vous paraissez optimistes sur les LR dont les gauchistes attendent de savoir qui sera 1er ministre avant de franchir éventuellement le rubicon ( Nkm, LeMaire, Soller, Riester, les remplaçants d’ Estrosi et Bertrand…) et s’ils ne passent pas à l’ennemi de suite seront ménagés par Macron, sans candidat en face, pour élargir sa majorité en cas de besoin, voire carrément les récupérer après les législatives.

    Les LR ont donc nombre de traitres en puissance en leur sein !

  2. Muriel dit :

    Oui…. en marche vers le chaos !

    L’Europe de la Finance et le système oligarchique ont décidé de reprendre la politique en main en plaçant leur pion Emmanuel Hollande…

    Vagues à gauche, vagues à droite… Les manoeuvres de politique polticienne, loin des déclarations de Macron, sont à l’oeuvre jusqu’à après les législatives.

    Pour tenter de survivre les LR ont élagué le programme de Fillon, supprimant tout le régalien dont les mesures fortes de lutte contre le terrorisme, l’islamisme radical, la sécurité, la limitation de l’immigration… pour ne garder qu’ une baisse des impots de 10% !

    Même en turbulences, seul le FN garde le cap sur ces thèmes…

  3. Bluesun dit :

    Législatives : chaos à tous les étages !

    Les élections sont terminées :

    est en marche le fameux jeu :
    DESTRUCTION-CONSTRUCTION …

    si Mitterrand a lancé le début du changement…

    Macron « l’élu », annoncerait l’arrivée dudit changement à son terme, pour ouvrir la porte à la nouveauté, qui est le fameux jeu : démolition- construction…(mais attention, si l’élu est arrivé sur le fauteuil, le chaos qui s’annonce, n’a rien avoir avec bonté d’un miracle).

    Macron est le dernier boulet destructeur, et la première pierre de la nouvelle construction…

    Hollande nul à faire peur, laisse un champ de ruine, était-il formaté pour faire place au maçon Macron ?

    En tous cas une nouvelle mode est née à l’Elysée, les ravis de la crèche, veulent monter chacun leur mouvement…

    Pas près de sortir de la cour d’école les vieux croûtons…

  4. Le-civilisateur dit :

    Oui très bon article une foi de plus.

    nous assistons à un spectacle pathétique.

    Macron à le droit à des léchades de fions intensives et chirurgicales.

    C’est l’élite ! le summum , pour eux c’est une science, là nous sommes sur du lavement de colon de compèt …

    Ils faut les voir en train d’essayer de ce faire remarquer par le petit Damien la malédiction…. enfin je veux dire Emmanuel MACRON.

    Et oui, comme noté sur l’article précédant,
    faire la groupie et la péripatéticienne sont effectivement les qualités requises pour survivre et grimper au sein d’une république bananière.

    C’est honteux , surtout pour des associations comme
    « NI PUTES NI SOUMISES » qui se sont battues pour que cela n’arrive plus…

    Nos dirigeants ne sont en réalité que des êtres primaires dont la motivation n’est qu’animée que par un instinct de survie exacerbé par la cupidité.

    Ce sont des parasites et nous sommes leurs hôtes.

    Pour leurs profits ils pourrissent nos vies et détruisent le monde. (Réplique que je reprends des anarchistes parisiens).

Laisser un commentaire