Petit manuel de sociologie française

Rédigé par notre équipe le 31 mai 2017.

Il est souvent reproché aux régimes non démocratiques de truquer la donne en présentant à leurs populations une réalité faussée qui va dans l’intérêt d’une élite corrompue et toute-puissante. Malheureusement, le travestissement de la réalité n’est pas l’apanage de ces seuls régimes. La République française est devenue une grande spécialiste en la matière. Tout est fait pour perpétuer un système injuste et décriée par une immense majorité. Et le succès est au rendez-vous ! 

Les Français sont-ils des idiots qui se laissent berner par de belles promesses faites par des élites pourtant devenues illégitimes ? La victoire d’Emmanuel Macron et la possible vague de députés « Macron-compatibles » illustrent malheureusement un enfoncement de la France dans des sables mouvants dont elle souhaite pourtant se sortir. Comment peut-on passer du général de Gaule à Sarkozy pour desendre encore plus avec Hollande et finir avec le libéral-libertaire Macron ? Tout simplement car les données du problème sont pipées. La France présentée dans et par les médias est une illusion uniquement chargée de perpétuer un système qui par définition ne veut pas céder le pouvoir.

Le sociologue Christophe Guilluy s’est distingué ces dernières années pour son travail portant sur la France périphérique. Une France marginalisée qui représente pourtant 60 % de la population. La fin des Trente Glorieuses et le renoncement du PS dès 1983 à s’occuper des plus pauvres et des travailleurs précaires ont forgé une nouvelle société dans laquelle deux camps s’opposent. Le camp minoritaire des gagnants de la mondialisation et le camp de la vaste majorité concentrant tous les perdants de mouvement planétaire. Une réalité qui est pourtant dépeinte de manière déformée par la médiacratie qui s’est arrogée le droit de définir le vrai et le faux, le bien et le mal.

Deux camps fabriqués de toute pièce

Selon les médias, un des piliers essentiel du système, l’affrontement politique recoupe deux lignes de forces. Les progressistes et les conservateurs. Une terminologie dont use et abuse un Macron au discours toujours désespérément vide. Il y aurait, en France, les gentils qui défendent les minorités, le multiculturalisme et le libre-échange et les méchants conservateurs, xénophobes et racistes directement issus des heures les plus sombres de notre histoire. Ainsi, il devient impossible de procéder à la moindre remise en cause sans être affublé d’un uniforme nazi.

Une pratique déloyale, mais rudement efficace car les Français ne votent plus selon leurs intérêts, mais pour ceux d’une élite qui les méprisent et qui leur mentent. La classe moyenne n’existe plus, mais il faut encore faire semblant en donnant à voir une autre réalité. Ainsi, les travailleurs blancs qui ont dû quitter les grandes métropoles faute de pouvoir continuer à vivre dans un environnement trop onéreux sont invités à suivre l’élite qui les a évincés. Comment ? On pointe du doigt les banlieues que l’on a rempli sciemment d’immigrés récents, non assimilés et qui pour beaucoup d’entre sont haineux de la France. Ainsi, le travailleur blanc qui a tout perdu continue de soutenir le système, car il ne veut pas être assimilé aux « quartiers populaires ». Une expression erronée et choisie avec soin pour tromper le citoyen. Si les banlieues sont les quartiers populaires alors l’immense majorité des Français continue d’appartenir à la classe moyenne. Logique, mais empiriquement faux.

Aujourd’hui, l’ascenseur social ne fonctionne plus et les risques de déclassements sont bien plus grands qu’il y a trente ans. Mais tout se passe comme si la mondialisation était une chance car les informations sont faites et relayées par la petite classe qui en bénéficie. Combien de parlementaires et de journalistes sont issus des classes ouvrière et paysanne ? La France est présentée de manière biaisée et la majorité est exclue. L’élite emporte avec elle ceux qui ont l’illusion de profiter de la mondialisation, mais qui ne se posent même pas la question de savoir s’il est normal de devoir acheter un appartement en banlieue parisienne, car la capitale est devenue trop chère pour un couple sans enfant qui n’a « que » 6 000 euros de revenus mensuels…

Macron et ses acolytes ont encore de beaux jours devant eux. Le système est une matrice qui change de forme et fait évoluer la réalité en fonction des besoins. Il sera dur de choisir la bonne pilule malgré le sentiment lancinant que, décidément, la situation empire un peu plus chaque mois.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Bluesun dit :

    Bel article.
    Le constat est tout à fait exact..

    Mais comment ne pas penser que les français vont à l’abattoir « parce qu’ils le valent bien » ?

    Comment ne pas penser que ça fait 35 ans que le constat est que rien ne va plus.
    Pourtant moins ça va, et plus les citoyens votent toujours pour la même clique…

    Les français sont des veaux, des moutons, ils ne votent plus pour leur porte monnaie, ni pour leur pays, ni pour eux mêmes, mais votent juste pour qui on leur dit de voter…
    Et quand un novice parachuté arrive, ils votent pour la jeunesse et les yeux bleus…mais n’entendent pas les discours des meetings, (il est vrai, qu’il n’y avait rien à comprendre, tant les discours étaient plein de vide)..

    Mais quand même, entendre sans arrêt le « plus d’Europe » quand on veut en sortir, là ; on ne vote pas…?

    Quand on entend toutes les augmentations pour taxer le citoyens, parce qu’aucune solution n’est trouvée pour le comment faire entrer l’argent sans étrangler ou saigner à blanc les citoyens, on ne vote pas non plus….?

    De Mitterrand à Hollande, les français ont été trompés.
    De tout, ils n’ont plus rien, et eux mêmes ne ressemblent plus à rien. Devenus des saules pleureurs permanent ne savent que râler ou se désespérer, et quand arrive le moment de voter ne regardent la jeunesse et l’innocence dans les yeux bleus du nouvel arrivage.

    Après les leurres (qui ne fonctionnent plus), les sangs vieux ont pondu un œuf, et voilà les citoyens qui le gobent….

    35 ans que la France vit au rythme des grèves dans tous les secteurs, et le mandat Macron, ne semble pas échapper à cette mode..
    A peine le fessier posé au milieu de rien, que déjà la France grogne…l’essence manque, et pour septembre la colère est déjà en prévision, sans oublier le scandale Ferrand…

    Hollande avait sa boîte à outils, il nous a sorti son Manuel « Valls », mandat déplorable…
    Avant de quitter la scène satisfait de son travail, Hollande nous en balance son fruit un nouvel outil un autre Manuel…

    Tous ces politiques ne sont que des copiés collés, et le dernier affiche même le plus d’Europe, alors que les français veulent en sortir…
    Mais quand on dit à un troupeau dans lequel sens aller, est-il obligé de suivre quand le chemin ne lui convient pas ???

    Depuis 1982 pour cause de délocalisation de nos usines, de dépôts de bilan, de chômage, la France crève de faim, et ce sont pour ces provocateurs de misère que les français votent inlassablement…

    Oui, Macron et ses acolytes ont encore de beaux jours devant eux, puisqu’ils récoltent le fruit de leur travail, qui a consisté à tirer les français vers la nullité, à tel point qu’ils ne savent plus penser par eux mêmes. Ils font ce qu’on leur dit de faire, ont peur de ce qu’on leur dit d’avoir peur, et pas peur de ce qu’ils devraient avoir peur…

    5 ans c’est long….on a vu avec Sarkozy, Hollande, et le pire c’est que Macron est sorti des urnes….

    Incroyable, mais tristement vrai….

    Magouilles des élections ???

    Marine a quand même drainé beaucoup plus de monde que les fois précédentes, bizarre qu’elle n’est pas cartonnée plus que cela…

    Marine a fait une magnifique campagne tant dans ses meetings, ses plateaux TV, toutes ses interventions médiatiques ont été menées magistralement, ce n’est tout de même pas un débat de fin de campagne qui a pu effacer tout le travail d’une campagne ?
    De plus, Marine, a mis en lumière tous les travers de son adversaire…
    Surtout en comparaison avec les meetings de Macron, où il est arrivé que le public quitte la salle en plein milieu de discours..
    Macron, était aussi d’une nullité affligeante lors des débats TV, en accord avec tous ses voisins, n’avait rien à vendre en magasin..

    Un constat en l’espace de seulement 35 années, le « système » est devenu un mur phénoménal….

    A voir qui va arriver à le détruire ????

  2. Le-civilisateur dit :

    « Ainsi, il devient impossible de procéder à la moindre remise en cause sans être affublé d’un uniforme nazi. »

    Oui en effet.

    Et d’ailleurs il n’y a pas que ça malheureusement.

    Depuis quelques temps, quand nous les remettons en question ou que nous ne pouvons tout simplement plus les suivre, les pouvoirs publiques s’accordent le privilège de nous trouver des pathologies d’ordres mentales.

    Borderline, bipolaire, compulsif, paranoïaque ou encore burn out expression fourre tout, etc etc etc …

    BURN OUT.

    DEF: Le syndrome d’épuisement professionnel, également désigné par l’anglicisme burnout, combine une fatigue profonde, un désinvestissement de l’activité professionnelle, et un sentiment d’échec et d’incompétence dans le travail. Le syndrome d’épuisement professionnel est considéré comme le résultat d’un stress professionnel chronique (par exemple, lié à une surcharge de travail) : l’individu, ne parvenant pas à faire face aux exigences adaptatives de son environnement professionnel, voit son énergie, sa motivation et son estime de soi décliner.

    Petit débrif …

    « un désinvestissement de l’activité professionnelle. »

    « l’individu, ne parvenant pas à faire face aux exigences adaptatives de son environnement professionnel. »

    Hors …

    La véritable définition ne devrait-elle pas plutôt détailler et remettre en cause :

    Les conditions de travail qui se dégradent sous prétexte que d’autres les acceptent.

    Les salaires misérable toujours maintenus à la baisse face une inflation perpetuelle et surtout grâce aux afflux de « concurrents » du tiers monde.

    Mais aussi le fait que les problèmes du travail ce répercutent bien évidement jusque dans les foyer français.

    Mais il n’en est rien …

    Et dans cette définition, vous pouvez constater que le salarier est d’abord pointé du doigt et dois assumer la plus grande part de responsabilité du « Burn out ».

    Comme toujours ce n’est jamais vraiment de la faute des pouvoirs publique, enfin, du système …

    Si vous vous soulevez vous êtes un nazi ou un désaxer.

    Si vous ne tenez plus la cadence infernal vous êtes en dépression, un incapable ou même en « désinvestissement. »

    C’est la grande stratégie du système ou du nouvel ordre mondial si vous préférez …

    Si ils ne peuvent pas utiliser la loi ou certains passages de l’histoire contre vous, ils n’hésiteront pas à utiliser le corps médical et vous faire passer pour un malade pour vous anéantir.

    Cette technique de dissuasion et d’intimidation à toujours été très utilisée par les régimes dictatoriaux.

    Pour exemple : dans les dictatures, les opposants au régime étaient aussi diagnostiqués comme souffrant mentalement.

    Ou comme étant des espions ou « conspirationniste » qui manigances pour déstabiliser la nation.

    Avertir, Informer, c’est un devoir civique !

    C’est un fait et il doit devenir plus que viral.
    C’est ce que nous devons apprendre à nos générations à venir.

    Nous ne devons pas les laisser consolider leur projet sans rien faire.

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