Airbnb, nouvel outil des réseaux de prostitution

Rédigé par notre équipe le 21 juillet 2017.

Airbnb-prostitution

Et si Airbnb favorisait le développement de réseaux de prostitution ? Tout porte à le croire : de Paris à Memphis en passant par Montréal, le nom de la plateforme est de plus en plus associé à des affaires de prostitution. La raison ? Airbnb n’effectue aucune vérification sur ses utilisateurs.

« Des locations Airbnb tournent mal : quand la prostitution s’invite dans votre appartement ». Voilà ce que titre le Journal Du Québec en ce vendredi 21 juillet. Selon le média québécois, de plus en plus d’organisations criminelles, comme les « gangs de rue », utilisent Airbnb pour des activités liées à la prostitution.

Pour les réseaux de prostitution, Airbnb est une véritable aubaine : pas de caméra de vidéo surveillance, absence de vigile, prix plus abordables et surtout aucune vérification sur l’identité des utilisateurs. En un mot, « c’est moins cher et l’endroit sera moins surveillé qu’une chambre d’hôtel ».

Comme on pouvait s’y attendre, la négligence de la plateforme a un prix, et ce sont les utilisateurs d’Airbnb qui le paient : « vous arrivez dans l’appartement, il y a des filles qui sont là et des préservatifs qui traînent, ils ont fumé à l’intérieur, vous voyez des lignes de cocaïne sur les tables », déclare M. Letendre, ancien loueur Airbnb dont l’appartement a été utilisé par un réseau de prostitution en 2014.

Meubles saccagés, morceaux de verre sur le parquet, fauteuils renversés… C’est ce que montrent les photos prises par Jeff Letendre après que son appartement ait servi d’hôtel de passe. Et pour les loueurs, les dégâts ne sont pas que matériels : « j’ai eu le sentiment d’avoir été sali dans mon intimité. J’ai tout de suite pensé à ma fille, qui vient habiter à la maison une semaine sur deux… », déclarait, en 2015, un loueur Airbnb qui est lui aussi passé par là. 

Des cas loin d’être isolés

À croire que les réseaux de prostitution du monde entier se sont passé le mot : en juin dernier, la Brigade de répression du proxénétisme (BRP) de la police judiciaire parisienne mettait en examen sept personnes âgées de 23 à 53 ans « soupçonnées d’animer un réseau de prostitution de luxe utilisant des femmes des pays de l’Est à Paris ». Là encore, ces derniers réservaient un logement Airbnb pour se faire rencontrer clients et prostitués.

Plus récemment encore, mercredi 19 juillet, six jeunes gens âgés de 16 à 27 ans, dont une jeune fille mineure, ont été mis en examen par un juge de Bobigny pour « proxénétisme aggravé ». D’après Le Parisien, ces derniers « sont soupçonnés d’avoir prostitué des jeunes filles dans des appartements loués via Airbnb et Abritel ».

Même constat outre-Atlantique : à Memphis, un individu âgé de 23 ans a été arrêté lundi 17 juillet. Le jeune homme originaire d’Oakland est accusé d’avoir tenu un « bordel » dans un logement loué sur Airbnb. L’alerte a été donnée par un voisin qui a vu pas moins de 31 hommes rentrer et sortir de la maison en question en moins d’une semaine.

Après l’incident de Memphis, la plateforme californienne a diffusé un communiqué dans lequel elle affirme « avoir zéro tolérance pour ce type d’activité » et qu’elle avait « immédiatement banni cet utilisateur et offrait tout son soutient à la l’hôte victime ». Airbnb a également déclaré qu’elle opérait, en urgence, à une « vérification des antécédents de tous les résidents US en coordination avec les forces de l’ordre ».

Une déclaration qui dénote de ce que la plateforme indique dans les mentions légales de son site internet : on y apprend en effet que les usagers utilisent ses services « à [leurs] propres risques » et qu’Airbnb « n’est pas dans l’obligation de vérifier les antécédents d’aucun membre ou s’il est enregistré comme délinquant sexuel. […] Vous êtes seul responsable de toutes vos communications et interactions avec d’autres utilisateurs du site ». Voilà qui est dit.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Muriel dit :

    Cela s’appelle des garnis !

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