Tour de France : un curieux miracle nommé Froome

Rédigé par notre équipe le 24 juillet 2017.

Le Tour de France cycliste est peut-être la plus grande épreuve sportive au monde. Diffusé dans presque tous les pays de la planète en direct, il attire chaque année 2 milliards de téléspectateurs et auditeurs. Pourtant, le spectacle de ces dernières années laisse un arrière goût un peu amer tant les performances de Christopher Froome, vainqueur de 4 Tours dont celui qui vient de s’achever hier, sont suspectes. Arrivé de nul part à l’âge de 26 ans, Froome est devenu le fer de lance d’une équipe Sky plus suspecte encore.  

Il ne faut jamais accuser sans preuve et c’est bien pour cela que nous commençons cet article en disant que Christopher Froome, quatre fois vainqueur du Tour de France n’a jamais été convaincu de dopage. Mais pourtant… les performances du patron du cyclisme sur route soulèvent bien des questions. Coureur britannique né au Kenya, il rejoint la formation Sky en 2010 après avoir fait ses classes en tant que professionnel chez Konica Minolta (2007) et Team Barloworld (2008-2009). Rien à signaler jusque-là. Froome est un coureur moyen au palmarès vierge et que personne ne voit percer au plus haut sommet.

Sauf qu’en intégrant la Sky en 2010, il met les pieds dans une institution qui sent le souffre. Née, en cette même année 2010 de la volonté de mettre sur pied une équipe cycliste britannique qui affolera les records lors des JO de Londres en 2012 (pari réussi), la Sky fait du Tour de France l’objectif numéro 1 de son équipe sur route. Plan d’entraînement exceptionnel ou autre chose, la Sky transforme ses bourrins en des champions implacables. Ainsi le pistard Bradley Wiggins se mue comme par magie en un grimpeur aussi efficace que Marco Pantani…

Lors de son unique succès dans le Tour de France en 2012, Wiggins est tracté par un inconnu nommé Froome. Plus fort que son aîné, mais encore simple équipier, Froome ralentit dans les ascensions et se contente de la seconde place. Deux équipiers aux deux premières places du Tour de France ? L’histoire est trop belle d’autant plus que le passé sportif de ces deux gusses ne laissait pas présager d’une telle domination. La dernière fois que les routes du Tour avaient accouché d’une telle incongruité, c’était en 1996 lorsque Bjarne Riis (il avouera des années plus tard s’être dopé) avait été emmené par un Jan Ulrich plein de talent, mais surtout chargé à mort comme le révélera l’histoire.

Comme un mauvais sentiment de déjà vu

Dès 2013, Froome prend les commandes de l’équipe Sky et remporte son premier Tour de France avant de récidiver en 2015. Ces deux succès sont marqués par une domination sans partage où la première étape de montagne a signé la fin de tout espoir pour la concurrence. Une telle hégémonie ressemble étrangement à celle imprimée par Lance Armstrong et son armada de dopés pendant sept années consécutives. Un Armstrong qui a avoué avoir usé d’une quantité démentielle de produits dopants, mais qui n’a rien voulu révéler sur un possible dopage mécanique. D’ailleurs, Froome court comme l’ancienne star déchue. Il mouline comme un fou en montagne à moins que ce ne soit le travail d’un moteur miniaturisé dont l’existence (dans l’absolue) a été maintes fois prouvée.

Mais là encore, rien ne permet de confondre Froome et la Sky même si des révélations gênantes ont montré que Wiggins avait obtenu une dérogation médicale afin de se faire des shoots de stéroïde interdit (pour soigner un asthme que personne ne lui connaissait) à la veille de grandes épreuves dont le Tour de France qu’il a remporté en 2012. L’étau se resserre, mais aucune preuve formelle ne permet de dire que le dopage est utilisé et même industrialisé au sein de la formation britannique. La Sky est détestée dans le milieu, car en plus de gagner de manière suspecte elle fait preuve d’arrogance dans les déclarations de ses dirigeants et dans la manière de courir de ses athlètes.

Mais pourquoi un silence si pesant alors que le faisceau d’indices ne fait que se resserrer ? Vivons-nous une seconde ère Armstrong où tout le monde savait, mais où l’omerta était la règle ? De toute évidence, la Fédération anglaise de cyclisme est une des plus puissantes et sait quoi faire pour protéger ses intérêts. L’Union cycliste internationale peut elle quelque chose ? Elle a récemment montré qu’elle n’avait rien à envier à la FIFA pour les affaires d’argent et les scandales. Peut-être les organisateurs du Tour ou la presse ? Le salut ne viendra pas des médias français, car le seul quotidien sportif, L’équipe, est détenu par la même société qui organise le Tour de France. Autant dire que les journalistes les plus à même d’enquêter ne font pas de zèle.

Le Tour de France a été la vitrine du dopage, une sorte d’homme de paille qui a payé pour tous les sports. Avec les milliards qu’engendre le football, personne ne s’étonne de compter les cas de dopage sur le doigt d’une main chaque année. La farce en serait presque comique si elle n’était pas aussi grossière. Le cyclisme sur route est le sport qui a fait le plus pour se protéger du dopage, mais l’envie est forte d’affirmer parfois que les efforts à faire sont encore très importants. Les tricheurs n’ont rien à faire dans le peloton et encore moins en tête des courses !

Déjà une remarque sur cet article

  1. xyz dit :

    Froome, Britannique né au Kenya… comme Obama le faussaire !

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