Un boulet nommé Ferrand

Rédigé par notre équipe le 17 août 2017.

Ministre éphémère et vrai roublard mutualiste, Richard Ferrand a attiré la lumière sur sa petite personne depuis le début du quinquennat. Mais l’exposition ne convient pas à tout le monde surtout ceux dont le passé n’est pas un modèle de probité. Alors qu’il aurait dû disparaître dans les oubliettes de la politique, il a été catapulté à la tête du groupe En Marche à l’Assemblée nationale. Un cadeau immérité qui soulève désormais bien des questions.  

Lorsqu’on a un boulet au pied, on l’enlève ou l’on coule avec. Les moins suicidaires ne se font pas prier et laissent de côté cette lourde charge. Macron ne fait ni l’un ni l’autre, lui. Après avoir propulsé Richard Ferrand à la tête du ministère de la Cohésion des territoires, il le débarque un mois plus tard suite à des révélations peu glorieuses sur la manière dont le bref ministre a su enrichir sa famille. Discrédité et même carbonisé, l’ancien socialiste et frondeur reconverti au libéralisme macronien aurait dû quitter la politique et se consacrer à ses affaires. Mais non. Pas assez probe pour le gouvernement, il l’est bien assez pour prendre la présidence du groupe En Marche à l’Assemblée nationale…

Un brillant parachutage

Président au lourd passif, il se fait alors d’une discrétion telle qu’elle en devient troublante. On cherche Ferrand dans l’hémicycle et dans les couloirs de l’Assemblée sans avoir une chance d’entrapercevoir son ombre. Un président absent qui soigne ses blessures loin des caméras et qui laisse les amateurs d’En Marche faire preuve de leur… amateurisme. Les couacs s’enchaînent joyeusement, les députés LREM sont incapables d’organiser un vote correct ou une simple discussion avec le Gouvernement. Malgré tout, Ferrand préfère demeurer loin du bruit parlementaire.

L’absence est remarquée et moquée et finalement un léger vent de fronde issu de LREM vient souffler en ce mois de relâche. Pour Claire O’Petit, députée de la majorité, Ferrand n’a pas été à la hauteur et elle déplore d’être sous la coupe d’un individu « extrêmement défaillant ». Livrés à eux-mêmes, les députés ont apporté leurs lots de gaucherie qui ont participé à la descente aux enfers de la popularité de l’exécutif. Ferrand est une nouvelle fois coupable – politiquement cela va sans dire – mais il continue de présider un groupe qui le méprise déjà.

Pourquoi donc avoir embarqué cette momie dans l’aventure présidentielle ? Est-ce le moins mauvais parmi la myriade de députés LREM ? Ferrand a juste eu la chance de croiser la route de Macron lorsque ce dernier était encore ministre et qu’il bataillait pour faire passer sa petite loi sur l’économie. Ferrand était alors rapporteur du texte et Macron l’a brossé dans le sens du poil pour qu’il vienne garnir son sérail qui manquait alors cruellement de parlementaires. Encore une fois, Macron ne s’est pas entouré des meilleurs, mais de ceux qui par intérêt ont quitté leur famille politique en espérant un avenir brillant.

Mis dans un placard au ministère de la Cohésion sociale, sa sortie de route médiatico-judiciaire aurait dû le condamner à quitter le champ politique, mais il s’est vu récompensé avec la présidence du groupe LREM. Une curieuse trajectoire qui appelle à la spéculation. Richard Ferrand connaît-il des secrets inavouables du macronisme lui garantissant une immunité politique à toute épreuve ? A la vue de sa calamiteuse présidence de groupe, il faut croire que oui, car quel chef d’Etat peut se permettre d’enchaîner les mauvais coups s’en punir le responsable qui est sous ses ordres ? Ferrand prend peut-être même un malin plaisir à mettre en difficulté Emmanuel Macron. L’homme est connu pour être vaniteux et revanchard. La sortie express du gouvernement a certainement été un traumatisme qu’il tente de dépasser en torpillant Macron de l’intérieur. Ferrand voulait le perchoir à l’Assemblée nationale, il s’est retrouvé dans la salle des munitions et se plaît à les faire sauter une par une jusqu’au moment où la justice lui demandera sérieusement des comptes ou jusqu’à ce qu’il fasse exploser un engin trop gros pour cet artificier du dimanche.

Déjà une remarque sur cet article

  1. JpB dit :

    Ferrand, l’exemple même du vieux socialo politicard véreux qui se refait une virginité sous l’étiquette LRM.. comme tant d’autres de l’ex PS.

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