Le Brésil se remet au vert, les énergéticiens français en profitent

Rédigé par notre équipe le 23 août 2017.

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Avec l’acquisition de 80 % du projet photovoltaïque « Pirapora III » au Brésil, EDF démontre que les groupes français sont bien placés pour accompagner le géant sud-américain dans sa diversification énergétique.

Si le Brésil est un géant des énergies renouvelables, ses pieds sont en argile. Certes, de tous les pays industrialisés, il est celui qui utilise le plus les sources vertes dans son mix énergétique – 41 % contre 13,5 % seulement pour la moyenne mondiale. Son territoire, le plus vaste du continent sud-américain (8,5 millions de kilomètres carrés), contient certaines des plus grandes centrales hydroélectriques du monde – qui ont produit à elles seules plus de 60 % de l’électricité en 2014, celle-ci dépendant à 75 % des sources durables. Seulement, le tropisme vert qui prévalait il y a vingt ans n’a pas résisté à la hausse de la demande énergétique du pays le plus peuplé d’Amérique du Sud (plus de 200 millions d’habitants).

Une demande énergétique en augmentation

Depuis les années 1990, son mix électrique a vu les sources vertes augmenter de 105 % quand les énergies fossiles bondissaient de 1330 %, d’après les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie. Qui sont, dans le détail, encore plus parlant. Le charbon, le pétrole et le gaz naturel, en un peu plus de deux décennies, n’ont quasiment jamais cessé de croitre ; à l’inverse, les énergies décarbonées, dont la hausse est surtout supportée par la biomasse (+1092 %) et le nucléaire (+587 %), ont connu des trajectoires moins rectilignes. A l’image de l’hydraulique (+81 % seulement), dont le pic de production d’électricité est intervenu en 2011 et ne cesse de décroitre depuis.

Résultat : le Brésil est l’un des plus gros émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre (10 à 12 %), principal responsable du réchauffement climatique que les 195 pays – plus l’Union européenne (UE) – présents à la COP21 se sont engagés à endiguer en 2015. Le géant sud-américain, dont la demande énergétique va augmenter ces prochaines années, et qui a ratifié en septembre 2016 l’Accord de Paris, n’a d’autre choix que de se tourner à nouveau vers des sources propres, renouvelables en tête de préférence. Et sur ce point, il peut notamment compter sur les grands groupes énergétiques français, qui ont rapidement compris la problématique du pays – et reconnu son potentiel.

EDF EN s’empare du plus gros projet solaire d’Amérique latine

Si le secteur de l’hydroélectricité consolide ainsi sa place de première source verte au Brésil, l’éolien et, surtout, le solaire n’ont pas encore tout à fait émergé. C’est pourquoi en 2015, le gouvernement de Dilma Roussef (Parti des travailleurs) a annoncé la construction de 31 parcs solaires, pour une capacité totale de plus de 1048 MW. De quoi mettre un pied dans le photovoltaïque et, ainsi, diversifier ses ressources énergétiques. Une entreprise à laquelle les groupes français participeront également.

Engie, qui possède déjà la centrale Cidade Azul dans le sud du pays, construit actuellement une installation photovoltaïque a Assu, dans la région de Rio Grande do Norte (nord-est), d’une capacité totale de 30 MW. De son côté, EDF – via sa filiale chargée des énergies renouvelables, EDF Energies Nouvelles (EDF EN) –, a acquît, le 10 août 2017, 80 % du projet photovoltaïque « Pirapora III » (sud-est du pays) porté par Canadian Solar, après s’être adjugé deux autres projets du même groupe canadien. « Les trois projets sont sur une même zone et constitueront, à leur mise en service en 2018, l’installation photovoltaïque la plus puissante d’Amérique latine, avec une capacité totale d’environ 400 MW » a indiqué l’énergéticien français il y a quelques jours.

Le groupe dirigé par Jean-Bernard Lévy n’en est pas à son coup d’essai au Brésil, puisqu’il détient déjà un portefeuille de projets éoliens en développement de 800 MW depuis 2015. Le secteur est en plein boom dans le pays : alors qu’en 2014, l’électricité éolienne ne représentait que 2,1 % du mix global, plus de 9000 MW de capacités sont aujourd’hui installées et produisent environ 7 % de l’électricité. Le producteur indépendant tricolore Voltalia compte par exemple une dizaine de parcs dans le pays, pour une capacité totale de 300 MW.

Au-delà de la bonne implantation des groupes français, le nouvel élan du Brésil pour les énergies renouvelables devra perdurer. Car le pays, pour mémoire, s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 37 % d’ici à 2025, et de 43 % d’ici à 2030.

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