France : la lutte contre le piratage audiovisuel au point mort

Rédigé par notre équipe le 01 septembre 2017.

piratage audiovisuel

Que ce soit en Australie ou au Portugal, la lutte contre le piratage audiovisuel s’organise. En effet, devant les conséquences économiques, culturelles et sociales de cette pratique, les deux pays ont décidé de prendre les choses en main. De son côté, La France tarde à réagir, et ce malgré un constat alarmant : en 2016, le piratage audiovisuel a représenté un manque à gagner de 1,35 milliard d’euros pour l’Hexagone.

Des conséquences non négligeables

Selon une étude du cabinet EY publiée en février 2017, 13 millions d’internautes français ont consommé illégalement des vidéos sur Internet en 2016, soit un manque à gagner de « 1,35 milliard d’euros pour la société ».

Toujours d’après le cabinet, « réinjecter ce manque à gagner dans l’économie légale pourrait générer plus de 2 000 emplois directs et encore davantage d’emplois indirects, rapporter 430 millions d’euros de collecte pour l’Etat et les organismes sociaux, et générer 265 millions d’euros pour les ayants droit et le financement de la création ».

La consommation illégale de contenus audiovisuels est une pratique largement répandue en France, où 2,5 milliards de contenus ont été consommés illégalement en 2015. « Le piratage des contenus audiovisuels en France représente un coût économique et social significatif (Etat, créateurs, diffuseurs, salariés) et ne diminue pas malgré le développement de l’offre légale, d’où l’importance de renforcer franchement les actions pour accroître la lutte contre le piratage », souligne l’étude.

Malgré ce constat, l’Etat français tarde à prendre des mesures concrètes pour enrayer ce fléau. Or, des solutions existent, à l’instar de celles qui ont été mises en place en Australie ou chez nos voisins Portugais.

L’Australie et le Portugal montent au créneau contre le piratage audiovisuel

Le pays des antipodes se livre depuis quelques années déjà à une véritable « chasse au piratage audiovisuel ». Selon Graham Burke, co-président du géant australien de la distribution de films Village Roadshow, « les voleurs qui gèrent les sites de piratage ne donnent rien à l’Australie, ils n’emploient personne et ne payent pas d’impôts ici. Sur les énormes bénéfices qu’ils amassent, pas un centime ne va aux créateurs des contenus ».

Sensible aux arguments des industriels, la justice australienne vient ainsi d’ordonner aux fournisseurs d’accès Internet de bloquer plus de 40 sites permettant d’accéder gratuitement à des séries, films et autres contenus piratés. Un business qui prive chaque année l’industrie du divertissement australienne de plusieurs milliards de dollars.

De l’autre côté du monde, le Portugal a également pris des mesures strictes pour lutter contre le piratage des œuvres audiovisuelles : le 30 juillet 2015, l’Inspection générale des activités culturelles du ministère de la Culture et la Direction générale de la consommation ont signé un protocole d’entente avec des représentants des secteurs des télécommunications, de la publicité et du numérique afin de définir une procédure pour le blocage des sites susceptibles de violer les droits d’auteur.

Depuis 2015, les signataires du protocole en question ont la possibilité de « signaler à l’association de lutte contre le piratage MAPINET les sites susceptibles de violer le droit d’auteur, laquelle peut ensuite transmettre une plainte à l’Inspection générale des activités culturelles (IGAC) du ministère. L’IGAC peut alors demander aux fournisseurs d’accès Internet de bloquer l’accès aux sites Web en question », rapporte l’Observatoire européen de l’audiovisuel. Une procédure qui a fait ses preuves : en avril 2016, pas moins de « 330 sites frauduleux avaient été bloqués ».

Ainsi, pour lutter efficacement contre le piratage des œuvres audiovisuelles, des solutions existent. Et au regard des tristes conséquences économiques et financières de cette pratique, l’Hexagone aurait tort de ne pas s’inspirer des exemples portugais et australien.

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