Politique étrangère : Trump lost in translation !

Rédigé par notre équipe le 04 septembre 2017.

Six mois après son arrivée à la Maison blanche, le bilan de Donald Trump en matière de politique étrangère est étonnement mauvais. Celui qui avait promis de revoir de fond en comble la diplomatie américaine suit docilement les grandes lignes du Département d’Etat. Le haussement de ton contre la Corée du Nord ne porte, quant à lui, aucun fruit et les belles résolutions de normaliser les relations avec la Russie sont passées à la trappe. Trump s’enlise et prépare le terrain à de graves conflits mondiaux.

L’arrivée tonitruante de Donald Trump à la Maison Blanche faisait espérer une évolution forte de la politique étrangère américaine. L’homme se voulait plus isolationniste, méfiant à l’égard des conflits impliquant des soldats américains, plus réservé avec le grand rival chinois et décidé à renouer les fils avec la Russie. Un programme sensé qui n’a pas résisté bien longtemps aux pressions venues de l’administration. Un seul homme ne peut pas changer la course d’un pays surtout lorsque manque la volonté de se battre contre une bureaucratie byzantine.

Défaire plutôt que d’ériger une nouvelle politique

Comme souvent, l’idée première a été de déconstruire ce qu’à fait son prédécesseur. Trump s’est donc engouffré dans la brèche et a déclaré que les accords avec Cuba étaient nuls et non avenus, l’Iran avait intérêt à se tenir à carreau car un retour des sanctions était toujours possibles, et l’Accord de Paris sur le climat ne concernait plus les Etats-Unis. Trois décisions grandement motivées par l’obsession du contre-pied par rapport à l’administration Obama, mais qui a réveillé une bonne partie du monde contre la politique de Trump.

Revenir au statu-quo à Cuba et en Iran est pour le moins stupide. La marginalisation du régime castriste n’a donné aucun résultat depuis un demi-siècle et une ouverture progressive du pays comme négociée par Obama semble la meilleure solution pour arriver, à terme, à l’instauration d’un régime plus enclin à travailler avec les Etats-Unis. La faute est encore plus grave avec l’Iran qui est considéré par Trump comme l’incarnation du mal au Moyen-Orient. Le seul pays à ne pas avoir les mains sales avec Daech est la cible numéro 1 des USA ! Etrange et désastreux pour la sécurité régionale et en Europe. Le Qatar et l’Arabie saoudite ? Pas un mot du président américain…

Perte de contrôle en Asie

Trump voulait repenser les relations avec la Chine. Rival actuel et futur de l’empire américain, Pékin n’en reste pas moins un partenaire commercial essentiel. La Chine avance ses pions en Asie et en Afrique sous le regard inquiet des Etats-Unis qui ne peuvent plus se permettre (économiquement et moralement) de nouvelles expansions stratégiques. Pékin est sûr de sa force et sait être patient pour arriver à ses fins alors que le locataire de la Maison Blanche est un sanguin qui veut tout, tout de suite. Or, la politique ne fonctionne pas ainsi surtout lorsque les grands équilibres mondiaux sont en jeu.

Renverser la table est toujours possible comme on le voit dans les déclarations de Trump au sujet de la Corée du Nord. Le pays fort e seulement 25 millions d’habitants ne cesse d’humilier le président américain avec le lancement de missiles toujours plus puissants à la portée de plus en plus grande. L’explosion d’une bombe H ce week-end a de nouveau fait enrager Trump qui avait pourtant promis le « feu et la fureur » à la Corée du Nord le 8 août dernier. Pas de feu pour le moment, mais juste la fureur de Trump qui croit que des menaces sur Twitter vont faire renoncer les dirigeants d’un Etat qui jouent leur survie en acquérant un arsenal atomique conséquent. Une frappe américaine signifierait l’annihilation des deux Corée… La diplomatie a toujours sa place et les nouvelles menaces de sanctionner tous les pays qui commercent avec la Corée du Nord ne sont pas à prendre au sérieux. Washington entend-t-il vraiment se couper de son premier financeur en écartant la Chine ?

Les seules sanctions mises en œuvre depuis la prise de pouvoir par Trump ont été dirigées contre la Russie. Un comble lorsqu’on reprend le fil de la campagne présidentielle américaine et les déclarations du candidat Républicain. Hilary Clinton promettait la guerre alors que son rival insistait pour reprendre un dialogue amical avec Moscou. Le camp de la guerre a été terrassé, mais le dialogue n’est pas venu. Washington soutient toujours Kiev pour perpétuer l’enlisement en Ukraine, et Moscou fait face à une cabbale, car Trump souhaite certainement démontrer à n’importe quel prix qu’il n’est pas le jouet de Poutine. A force de vouloir montrer son indépendance et sa force, il fait preuve de faiblesse dont les adversaires des Etats-Unis profitent. Le mandat présidentiel ne fait que commencer, mais si une inflexion n’est pas donnée rapidement, le passage de Trump pourrait être une catastrophe sur le plan international. Dommage tant la promesse était belle !

Déjà une remarque sur cet article

  1. Serge Renard dit :

    If you had paid much closer attention to the damage that obama created in the USA you would not be so quick to blame the actions of president Trump, 8 years of total ineptitude by a RULER whose government did everything to break down the spirit of the American people, and further elevate racist movement like BLM etc….
    President Trump and his cabinet of very competent people has been left to clean up a monumental mess which of course you the media chose to ignore, and if you had lived here during those 8 years you would understand what happened.
    So before you pass judgement on the present government you would be wise to explore the last past one in details, like the national debt increased by ten trillion dollars with nothing to show but smoke, a leftist government is the incurable cancer of every society in this world, always creating problems to which there are no solutions, but quick to blame the right for lack of answers, and in this case you have failed to do your research, so get to work.

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