ONU : la terreur et le vide

Rédigé par notre équipe le 20 septembre 2017.

La 72e Assemblée générale des Nations Unies s’est ouverte il y a deux jours. Les chefs d’Etat et de Gouvernement se succèdent à la tribune tandis que l’assistance lis ses emails en écoutant distraitement la logorrhée qu’elle doit subir pendant une semaine. Deux présidents ont retenu l’attention – Donald Trump et Emmanuel Macron – car pour leur première à l’ONU ils ont joué leur partition respective : la terreur pour l’un, le vide pour l’autre avec la chienlit et la guerre pour tous comme conséquence.  

La diplomatie a aussi ses marronniers avec l’Assemblée générale des Nations Unies. Chaque année, les Etats et leurs chefs se lancent dans des discours lénifiants dans lesquels ils s’acharnent à sculpter l’image de démocrates qui militent pour la paix et l’écologie. Certains, pourtant, ne se donnent pas cette peine à l’image de Donald Trump qui est arrivée à la tribune comme le boxeur entre sur le ring. Tous les ennemis désignés des Etats-Unis ont en eu pour leur compte.

Trump menace…

Sans surprise, la Corée du Nord qui ne cesse d’humilier le président américain depuis deux mois a été la principale victime des propos agressifs du locataire de la Maison Blanche. Le régime nord-coréen s’est vu promettre une « destruction totale » s’il continuait à se payer sa tête. Des propos encore une fois menaçants bien vite décrédibilisés par le sobriquet de « Rocket man » utilisé peu après pour désigner le chef de l’Etat nord-coréen. Trump a-t-il compris qu’une menace crédible ne doit pas donner l’impression d’être tout droit sortie d’un jeu vidéo ?

L’Iran a aussi été menacée directement avec la volonté renouvelée du président américain de dénoncer l’accord sur le nucléaire conclu il y a un an par l’administration Obama. « Dictature corrompue sous le masque de la religion », l’Iran a peut-être été confondue avec l’Arabie saoudite par un chef de l’Etat américain peu doué pour la géographie et l’histoire. Malheureusement, Trump ne démord pas de l’idée que la principale menace au Moyen Orient s’appelle l’Iran et non tous les pays qui financent le terrorisme islamiste à travers le monde.

Cuba et le Venezuela ont aussi eu le droit à leurs critiques et pour bien faire comprendre que Trump est un personnage qui en impose, il a affirmé que la puissance militaire américaine serait bientôt plus forte qu’elle ne l’a jamais été. Mais pourquoi montrer ses muscles alors que la première partie du discours était un plaidoyer pour la souveraineté des Etats ? Souveraineté, oui ! Mais pas pour tous !

…La France trépasse

Un concept déjà abandonné par Emmanuel Macron dont s’était également la première sortie onusienne. Les médias français étaient donc heureux de proposer à leurs victimes un peu de chair fraiche. Malheureusement pour eux, il aura fallu monter en épingle les propos de leur génie du moment, car Macron a fait du Macron c’est-à-dire du Hollande et a déblatéré des généralités enveloppées dans la bien-pensance tout en prenant ses distances avec ce qu’est la France.

Il a prôné le multilatéralisme en se donnant ainsi le beau rôle du diplomate qui veut éviter la guerre par-dessus tout. Ce même diplomate qui reconnaît certaines erreurs en Syrie, mais qui continue de faire bombarder l’armée syrienne au lieu d’anéantir les terroristes qui sèment la mort au Levant et dans les villes françaises. Si la France joue la carte du multilatéralisme, c’est aussi parce qu’elle a sacrifié sa souveraineté et s’empêche depuis des années de jouer sa propre partition dans le concert des nations.

La voix de la France serait toujours un phare pour les autres pays de la planète. L’erreur est grossière, car si des applaudissements ont été entendus pendant ce discours très macronien, c’est pour soutenir les orientations mondialistes clairement affichées par le président français. Ce dernier choisi ses causes avec soin. Il faut faire dans le sentimentalisme et le plus éloigné possible de la France. Ainsi Rohingyas sont devenus la préoccupation première d’un président qui il y a une semaine encore ne savait pas que cette minorité ethnique de Birmanie existait. Pourquoi les mettre en lumière ? Parce que « parler de ceux qu’on n’entend pas, parler pour eux c’est aussi parler pour nous » a pu entendre de la bouche du président Macron. Une phrase bien digne de sa vacuité et dont le non sens symbolise un quinquennat qui s’annonce bien triste sur le plan international. Entre la terreur et le vide, y aura-t-il une force pour éviter le mondialisme assassin et la guerre totale ?

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