Auto-écoles : attention, danger !

Rédigé par notre équipe le 20 octobre 2017.

Les exemples d’écoles de conduite encaissant les deniers des candidats au permis de conduire juste avant de mettre la clé sous la porte sont devenus monnaie courante ces dernières années. Résultat : des milliers d’élèves se retrouvent sans auto-école, mais aussi et surtout, ces derniers ne reverront jamais les sommes versées. La raison ? La plupart des auto-écoles ne souscrivent à aucune assurance destinée à protéger leurs élèves en cas de défaillance.

Bonne nouvelle : en France, le nombre de défaillances d’entreprises est en baisse. On en comptait ainsi 55 655 fin juillet, soit une baisse de 7,4 % sur les 12 derniers mois. Mauvaise nouvelle : le nombre de défaillances d’auto-écoles s’est quant à lui établi à 70 au premier trimestre 2017, soit une augmentation de 37 % par rapport à la même période en 2016.

Un chiffre qui a naturellement fait grimper le nombre d’élèves se retrouvant sans auto-école et dans de nombreux cas, délestés de milliers d’euros. « Je me suis inscrite dans une auto-école sur Paris en janvier, mais elle a fermé début mars sans nous informer. J’avais payé 1 255 € pour un mois et demi de code. La Mairie m’a conseillé de porter plainte au tribunal. Mais cela coûte cher, et au bout du compte je ne serai pas remboursée », déplore une jeune parisienne.

Et les témoignages comme celui-ci se multiplient sur la Toile. On y lit la colère et la frustration, mais également l’espoir de récupérer une partie de l’argent investi. Certains internautes — trop peu nombreux — ont trouvé comment « éviter ce genre de mésaventure » et conseillent alors aux autres de « demander à l’établissement si ce dernier a souscrit à une garantie financière qui garantit le remboursement des sommes versées à l’avance » et d’aller frapper ailleurs si ce n’est pas le cas.

Un secteur extrêmement vulnérable

Pourquoi est-il impératif de se renseigner auprès de l’établissement ? Tout simplement parce que la souscription d’une assurance n’est pas obligatoire pour les écoles de conduite. Ce qui est particulièrement fâcheux compte tenu de leur vulnérabilité.

Dans ce registre, le cas de l’auto-école en ligne PermiGo est sans doute le plus spectaculaire. Près de 10 000 apprentis conducteurs et 90 salariés ont subitement appris en avril dernier que la société avait été placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon. Problème : à l’inverse de son concurrent, Auto-école.net, PermiGo n’avait souscrit à aucune garantie financière pour protéger ses élèves.

Désespérés, ces derniers ont alors tenté de joindre la direction par tous les moyens, mais sans succès : les comptes Twitter de l’entreprise et de son fondateur ont été supprimés, le téléphone sonnait dans le vide et aucune information à ce sujet n’était donnée sur le site Internet de l’auto-école. Cette dernière était pourtant considérée comme le numéro 3 français du permis en ligne.

Mesure de prudence

Quelques mois plus tôt déjà, 1 200 élèves s’étaient retrouvés sur le carreau après la fermeture des auto-écoles ECJ, basées à Marpent, Maubeuge et Cousolre (Nord). Le tribunal de commerce de Valenciennes a en effet prononcé la liquidation judiciaire de la société le 16 janvier, suscitant alors la colère des élèves à l’encontre de la société : « je ne comprends pas qu’il n’y ait pas de loi pour protéger les gens. Je n’ai pas les moyens de me réinscrire ailleurs », se désespérait l’un d’eux.

Dans certains cas, les gérants d’auto-écoles sont tout simplement malhonnêtes : en octobre 2016, une cinquantaine d’élèves ont ainsi dû faire face à la fermeture de la société « Strasbourg C’permis ». Seulement, ces derniers n’ont jamais reçu la moindre explication.

« Je sais bien ce qu’est l’entreprise, et on peut faire faillite. Mais ce que je leur reproche, c’est de ne pas nous avoir avertis, de façon à au moins récupérer nos dossiers pour pouvoir nous s’inscrire ailleurs », dénonce dans les pages du Télégramme la mère d’un des candidats. La fermeture de l’auto-école est d’autant plus mystérieuse qu’aucune liquidation judiciaire n’avait été prononcée…

Ainsi, dans le secteur de l’apprentissage de la conduite, les abus semblent nombreux. Et les élèves, souvent pressés par le temps, ne prennent pas la peine de vérifier si l’auto-école de leur choix est assurée. Une simple mesure de prudence qui peut pourtant leur éviter de vivre un véritable calvaire.

Thomas B

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. zelectron dit :

    le permis de conduire est mort, donc les auto-écoles sont mortes
    avec l’arrivée des véhicules robotisés sans pilotage humain ! ! !

  2. Alice dit :

    Je me suis inscrite chez PermiGo juste avant le redressement et depuis il y a eu des repreneurs qui ont assuré les cours quand même. Et puis je comprends pas pourquoi vous dites que le compte twitter est fermé, il y a des messages dessus presque tous les jours. Moi j’ai plutôt une bonne expérience avec eux…

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