Football: Nasser Al-Khélaïfi, l’homme à abattre?

Rédigé par notre équipe le 25 octobre 2017.

Nasser-Al-Khalifi

Tandis que Doha subit depuis plusieurs mois un embargo orchestré par l’Arabie saoudite, le Paris Saint-Germain, qui appartient à l’émirat, et son président, Nasser Al Khélaïfi — la troisième personne la plus influente du Qatar —, font l’objet d’attaques répétées par certains cadors et instances du football européen. Retour sur un acharnement qui ne veut pas dire son nom.

« Fair-play financier »

En raflant les prodiges Neymar au FC Barcelone et Kylian Mbappé à l’AS Monaco, le Paris Saint-Germain a frappé un grand coup lors du mercato estival. À tel point que bon nombre de cadors du football européen ont décidé de créer un front anti-PSG — qui n’est pas sans rappeler le front anti-Qatar à l’origine de l’embargo auquel fait face le petit émirat depuis le 5 juin dernier. D’autant que parmi les clubs anglais ayant pris part à ce fameux groupe, on trouve Manchester City, qui n’est autre que le « PSG des Émirats arabes unis »…

Officiellement, le PSG est accusé de ne pas avoir respecté le fair-play financier, instauré en 2011 par l’UEFA (l’Union européenne des associations de football) afin d’empêcher un club de dépenser plus qu’il ne gagne. Officieusement, il est montré du doigt parce qu’avec une telle armada, il peut enfin rivaliser avec les plus grands. Sur tous les plans : sportif, médiatique et, donc, financier.

Difficile d’interpréter autrement la réaction de la ligue espagnole au moment du transfert de Neymar ; son président, Javier Tebas, avait en effet affirmé que « nous n’accepterons pas l’argent d’un club comme le PSG [qui] enfreint […] les règles de l’UEFA et le fair-play financier. […] Si le PSG arrive avec l’argent de la clause, nous ne l’accepterons pas » avait-il martelé. L’avenir lui a donc donné tort, mais une enquête a bien été ouverte à l’encontre du club de la capitale par l’Instance de contrôle financier des clubs (ICFC).

« On va dire que le PSG dérange »

Pas de quoi effrayer ses dirigeants pour autant. Ces derniers misent justement sur l’arrivée de Neymar, l’un des meilleurs joueurs de la planète, pour « faire vendre » — des produits dérivés comme des droits de retransmission des matches —, et sur les prochains mercatos pour se séparer de joueurs à forte valeur dont ils n’ont plus besoin. « Le PSG coopère pleinement et […] a permis d’éclaircir des éléments qui posaient question. [Sa] stratégie a été posée noir sur blanc [puisqu’il] a tablé sur des recettes maximales, un paquet financier important lié aux départs lors des prochains mercatos d’hiver et d’été » d’après une source proche de l’enquête de l’ICFC jointe par le Monde. Si ses conclusions ne devraient être rendues qu’au printemps 2018, un enseignement peut d’ores et déjà être tiré. Il ne fait pas bon de déranger l’ordre établi au sommet du football européen.

C’est en tout cas ce qu’estime Bernard Caïazzo, le président du comité de surveillance de l’AS Saint-Étienne, club tricolore historique. « L’UEFA répond à l’attente d’un certain nombre de gros clubs. Il y a des influences qui se font » selon lui. « On sent chez un certain nombre de grands clubs européens, Real, Barça, Bayern, les Anglais et les Italiens, que le PSG est un peu la cible » a-t-il ajouté au micro de RMC. Même son de cloche chez Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football (FFF) qui ne comprend pas pourquoi l’UEFA s’en prend au PSG alors que l’institution « ne s’est pas trop inquiétée pour d’autres » dans le passée.

Les attaques contre le club de la capitale et son président ne s’arrêtent pas la. En effet, depuis peu, Nasser Al-Khelaïfi est inquiété par le ministère public de la Confédération helvétique (MPC), qui l’accuse, en tant que directeur du groupe BeIN Media, d’avoir offert « des avantages indus en lien avec l’octroi de droits médias dans certains pays en ce qui concerne les Coupes du monde 2026 et 2030 » au Français Jérôme Valcke, ex-secrétaire général de la FIFA (la Fédération internationale de football).

Une affaire à laquelle Nasser Al-Khelaïfi a souhaité « apporter un éclaircissement », en se rendant, de son propre chef, mercredi 25 octobre, au siège du MPC, à Berne, selon son entourage. Le but ? Démontrer que le contrat entre BeIN Media et la FIFA n’est en rien crapuleux. Il a d’ailleurs été validé par la direction juridique et le département financier de la Fédération.

Et sur ce point, la défense du président du PSG paraît solide : selon le porte-parole de BeIn Media, ces droits étaient « le plus avantageux possible pour la Fifa. Les allégations de corruption sont totalement infondées, car nous n’avions pas de concurrence pour l’attribution de ces droits ». De son côté, Jérôme Valcke a affirmé n’avoir « rien reçu de Nasser. Il n’y a jamais eu d’échange entre Nasser et moi. Jamais ».

Si la lumière doit encore être faite dans cette affaire, tout comme dans celle du fair-play financier, force est de constater que le Qatar traverse en ce moment un chemin semé d’embûches. Les enquêtes auxquelles il doit répondre ont d’ailleurs toutes été ouvertes après qu’ait éclaté la fameuse crise du Golfe, le 5 juin dernier. S’ajoutent à cela, les récentes sorties médiatiques du ministre émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, martelant que la coupe du monde de football 2022 ne devait plus avoir lieu au Qatar. Ainsi, il semblerait bien que, motivés par une « jalousie mesquine », les concurrents du Qatar — sur le plan politique et sportif — aient fait de ce dernier une cible — à l’instar du PSG et son président, considéré comme « l’un des meilleurs ambassadeurs de l’émirat à l’étranger », Nasser Al Khélaïfi.

Déjà une remarque sur cet article

  1. zelectron dit :

    beurk ! jmpa le foutchebol !

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