Gouvernement : les tendances se confirment !

Rédigé par notre équipe le 26 novembre 2017.

Le gouvernement a procédé à son deuxième remaniement. Un changement attendu depuis près d’une semaine et qui a accouché de presque rien (quelle surprise avec Macron !). Christophe Castaner a-t-il tout fait pour sauver sa peau au sein de l’exécutif ? Pas certain que cela fut nécessaire, car la conception très personnelle du pouvoir macronien ne le poussait pas vers la sortie. Il reste donc et voit un autre socialiste plonger officiellement dans le pot-pourri d’En Marche. Les choses s’éclaircissent pour ceux qui avaient encore besoin d’un manuel explicatif.  

Il aura fallu attendre six jours pour connaître le destin de Christophe Castaner au gouvernement. « Elu » tel un maréchal soviétique à la tête du Parti, il a réussi à cumuler son poste de Secrétaire d’Etat en charge des questions avec le Parlement et la direction d’En Marche. C’est donc une première dans l’histoire de la Ve République. Un membre du gouvernement est aussi chef du parti dominant. Pire, ce même personnage est en charge des relations avec le Parlement. Alors que cette fonction vise à mettre de l’huile dans les rouages, dialoguer, trouver des compromis avec l’opposition et les quelques réticents de la majorité, la double casquette offerte à Castaner illustre la volonté de faire du Parlement une simple chambre d’enregistrement.

Etat, gouvernement, parti : quelle différence ?

Pourquoi discuter quand les textes sont déjà rédigés et qu’il suffit d’amendements pour faire passer des réformes dont la majorité des Français ne veulent pas ? Castaner imprimera donc les mêmes discours dans les couloirs d’En Marche et du Parlement et ceux qui ne sont pas contents seront virer avec perte et fracas. La France n’est-elle pas une start-up qui doit être dirigée comme telle ? Ce sera donc en avant marche ou crève ! Rien de nouveau sous Jupiter si ce n’est une confirmation de sa volonté de tout contrôler. L’Etat et le parti son une seule et unique chose. Ou comment l’ultralibéralisme accouche de pratiques soviétiques.

La seule petite inflexion aura donc été de donner le porte-parolat à Benjamin Griveaux. Membre du petit carré des fidèles de Macron, Griveaux était perdu à Bercy dans un secrétariat d’Etat dont il ne comprenait rien. Sa nouvelle mission sera plus à son goût, car répéter les inepties du chef fut sa mission pendant la campagne présidentielle. Il sait comment faire et il le fait plutôt bien. Il sera remplacé à Bercy par une nouvelle venue, Delphine Gény-Stephann, issue de Saint-Gobain. Encore une grande entreprises aux manettes de l’Etat…

Mais le meilleur coup est sans conteste l’arrivée du socialiste Olivier Dussopt qui troque sa place à l’Assemblée pour un Secrétariat auprès du génial Darmanin. Encore un socialiste dans l’équipe Macron. A ce rythme, cela va finir par se voir que le président a fait toutes ses classes dans le sein paternel hollandais. Tous les Macron-compatibles espèrent avoir un jour le destin d’Olivier Dussopt. Les places seront chères même si deux remaniements en six mois laissent présager des possibilités dans le futur.

Le coup dur revient une fois de plus au PS qui perd un de ses membres. Les quelques mammouths qui hantent encore la rue de Solferino ont tenu à faire savoir que le traître Dussopt avait été immédiatement exclu. La belle affaire ! Au moins, ils ne sont pas aussi ridicules que les Républicains qui mettent six mois à voter des exclusions partielles. Quant au reste de l’opposition, Mélenchon est hilare à l’Elysée et Le Pen se demande encore que faire après le départ de son éminence grise. Le vent souffle fort pour la macronie et les Français feraient bien de trouver rapidement un abri.

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