Menace nucléaire : Trump dans l’impasse

Rédigé par notre équipe le 30 novembre 2017.

L’annonce par la Corée du nord du succès du tir d’un missile intercontinental n’a pas manqué de semer un vent de panique à Washington et New York. Le président Trump en appelle désormais à la Chine pour calmer son voisin provocateur tandis que le reste du monde s’inquiète d’une nouvelle montée des tensions. Pyongyang s’apprête-t-il à déclencher le feu nucléaire ?

Lorsqu’on fait pression par la menace, encore faut-il rester crédible. Depuis le printemps dernier, l’administration américaine – Trump en tête – s’est enfermée dans une rhétorique guerrière dès lors que la question nord-coréenne vient sur le tapis. Et il est peu de dire qu’elle revient régulièrement à la Une de l’actualité. Silencieux depuis deux mois, le régime nord coréen préparait donc un lancement aussi spectaculaire qu’inquiétant. En lançant un missile intercontinental d’une portée théorique de 13 000 kilomètres, Pyongyang peut désormais frapper Washington et tous les grands centres vitaux américains. C’est la panique à bord du navire Trump !

Kim Jong-un dicte le tempo

Kim Jong-un est peut-être un excentrique, mais il n’est pas fou contrairement aux affirmations de certains hauts cadres de l’administration américaine. Il joue avec le calendrier international avec un talent certain alors que ses ingénieurs poussent la technologie balistique chaque semaine un peu plus loin. Après l’essai du 15 septembre qui avait conclu un chapitre de tensions particulièrement fortes lors de laquelle Trump avait promis « le feu et la colère », Kim Jong-un avait été bien plus discret. Aucune vague lors de l’intronisation de son allié chinois Xi Jingping, aucune déclaration lors de la longue tournée de Trump en Asie, le leader nord coréen a attendu patiemment avant de lancer son dernier jouer mortel.

Lancement réussi et grosse « colère » du côté de Washington. Trump perd la face car son ennemi continue ses provocations et montre que toute tentative militaire (d’envergure) pourrait se payer au prix fort pour la population américaine. Esseulé et sans solution dans le bureau ovale, la seule réaction du président américain est un tweet qui clame que les choses de vont pas durer ainsi… Certes, il y a bien ce coup de fil au président chinois, mais il illustre l’incapacité de Washington à peser sur les décisions de Pyongyang. Trump demande à Xi Jingping de faire pression sur son allié. Fin de la réplique américaine…

Washington n’a plus aucun bouton à activer sauf celui de la frappe nucléaire. L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU s’est d’ailleurs fait un plaisir d’affirmer que « Si la guerre vient, ne vous y trompez pas : le régime nord-coréen sera détruit complètement ». Difficile de faire la part des choses entre le « régime » et le reste du pays dans le cas nord-coréen. Les Etats-Unis menacent une nouvelle fois de destruction apocalyptique, mais est plus que jamais dans l’embarras. Ses alliés voient que l’Oncle Sam n’est pas à la hauteur de ses promesses en matière de protection et ses ennemis comprennent que seul le rapport de force permet de parvenir à une situation plus favorable.

Mais la Corée du nord a-t-elle vraiment la capacité à envoyer un missile doté d’une tête nucléaire sur une grande métropole américaine ? Il est impossible de le dire car entre la théorie et la pratique il existe un gouffre souvent assez conséquent. De quelles informations disposent les services secrets américains ? Ils savent pertinemment que l’arsenal nord-coréen se renforce chaque jour, alors l’absence de réponse sur le terrain signifie-t-elle que la partie est déjà gagné par Pyongyang ?

Quand à Macron dont les médias d’Etat veulent faire croire qu’il boucle actuellement une tournée triomphale et historique en Afrique, il en appelle lui aussi à la Chine… et à la Russie. Considéré comme le rebus de l’humanité, Moscou devient un partenaire dans la lutte contre la menace nucléaire nord-coréenne. Pratique, mais les relations internationales sont plus complexes que cela. Macron ferait mieux de s’occuper de l’Europe (et pas dans le sens habituel) plutôt que de jouer au diplomate de pacotille écouté de personne.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Le-civilisateur dit :

    En effet.

    Il serait grand temps que Macron arrête de tergiverser sur des syllogisme fallacieux car c’est moult mais en vain.

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