Audiovisuel public : la honte de la République ?

Rédigé par notre équipe le 05 décembre 2017.

De quoi peuvent bien avoir honte les Français (ceux qui ont encore un minimum de jugeote et d’amour propre) ? La liste est longue et un seul article ne suffirait pas à mentionner toutes les hontes dont sont couverts les Français par leur personnel politique. Ce dernier, par l’intermédiaire du sage jupitérien vient de déclarer la guerre à l’audiovisuel public. Emmanuel Macron aurait, en effet, qualifié ce dernier de « honte de la République ». Le président serait-il prêt pour une fois à énoncer une vérité ?

France Télévisions est en ébullition. La guerre avec l’Elysée vient d’être officiellement déclarée par un président de la République en colère contre la médiocrité de l’audiovisuel français. Lors d’une réunion avec les députés de la majorité de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, Macron a pointé du doigt les carences de l’audiovisuel public français (et elles sont nombreuses !). Pour qu’un navire avance au bon rythme, il faut d’abord que le capitaine soit compétent. Il est évident qu’avec Delphine Ernotte, le bateau ne va pas aller loin et est même exposé à un naufrage en règle. Nommée par le CSA en 2015, à la tête de France Télévisions, ce succès personnel suscite encore l’interrogation surtout au regard de son piètre bilan.

Des bras cassés comme têtes pensantes

L’ancienne adjointe d’Anne Hidalgo et analyste financière de France Télécom ne brille pas par sa compétence. Son seul fait d’arme est d’avoir déclaré la chasse à « l’homme blanc de plus de 50 ans ». Pour la présidente, la priorité est de mettre « des femmes, des jeunes, toutes les origines ». Ernotte est atteinte du syndrome de l’image et de la soumission au diktat des « minorités ». Peu importe le contenu du moment qu’il est personnifié par une minorité opprimée selon les standards de nos élites.

Certains mâles de plus de cinquante ans ont déjà du tirer un trait sur leur carrière. D’autres comme Michel Drucker ont réussi à s’accrocher à leur canapé avec la force du désespoir. Ernotte frappe les petits et évite soigneusement de déboulonner ceux qui font la pluie et le beau temps sur l’audiovisuel public. Un point évoqué par Macron lorsqu’il a déclaré aux députés que les relations malsaines et incestueuses avec certains producteurs et animateurs devaient cesser. Plusieurs d’entre eux tiennent le haut du pavé et sont grassement payés pour diffuser des programmes qui ont le même effet sur les neurones qu’une chimiothérapie pour les cheveux.

Quand l’émission On n’est pas couché pense être la référence absolue en termes de culture et de débat politique, le problème est vraiment grave. Et personne dans les couloirs de France Télévisions n’ose dire qu’un amuseur à la culture politique absente, soutenu par deux compagnons qui ont pour fait d’armes un livre à la gloire de Roman Polanski et une « œuvre » basée sur un viol paternel, ne peut pas donner le moindre fruit comestible pour le téléspectateur.

La direction de France Télévisions pense peut-être que deux ou trois magazines d’investigation et culturels suffiront à cacher le marécage de médiocrité dans lequel sont aujourd’hui enfermées les chaînes du groupe. Mais à l’étage de Delphine Ernotte, toutes les facultés mentales sont concentrées sur la réduction des coûts. Ce sont donc les quelques magazines qui surnagent qui sont visés au grand dam d’Elise Lucet. Les contrats extravagants avec certains producteurs et animateurs sont eux sanctuarisés… Ernotte voulait « fromage et dessert », c’est-à-dire le retour de la publicité après 20 heures et une refonte de la redevance télé. Pour quoi faire ? Pour assommer les Français au porte-monnaie et leur proposer plus de vide intellectuel avec des pubs ? Quand on voit le niveau d’une telle direction, il est certain qu’on peut avoir honte. « La honte de la République » ? L’Elysée dément l’utilisation de cette expression. Mais le message a été envoyé, et il est temps que l’audiovisuel français se ressaisisse. Pourtant, peut-on encore attendre la moindre lueur d’espoir avec un chef de l’Etat qui rêve – comme Sarkozy – de devenir le grand maître de cérémonie d’une télévision française qui n’a rien à envier aux télés les plus mauvaises de la planète ?

Déjà une remarque sur cet article

  1. zelectron dit :

    Avec près de 4 milliards d’Euros de budget, il est stupéfiant d’avoir l’extrême majorité des émissions dont le niveau mental n’atteint même pas celui du serin, sans oublier la doxa gauchiste !

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