D’Ormesson, Hallyday : une page française se tourne

Rédigé par notre équipe le 06 décembre 2017.

En deux jours, deux monstres sacrés de la culture française nous ont quitté. Jean d’Ormesson et son œil bleu rieur se sont éteints dans la nuit de lundi à mardi. Le lendemain, c’est au tour de Johnny Hallyday, icône mythique de la chanson française de tirer sa dernière révérence. Les médias jubilent et peuvent enfin diffuser des documentaires et reportages réalisés depuis longtemps et stockés en prévision du jour fatidique. Une page se tourne.

La peine est grande d’autant qu’elle est double. Deux personnalités du monde de la culture sont donc parties en l’espace de 48 heures. Deux ambassadeurs de la France auprès des Français, car ne nous leurrons pas, Johnny Hallyday et Jean d’Ormesson ne furent pas des phénomènes internationaux. Ils ont toutefois réussi à transporter des millions de Français dans leurs univers. Le leurre dans lequel sont tombés les médias (depuis longtemps) est de faire croire que Jean d’Ormesson laisse un héritage extraordinaire d’un point de vue littéraire. La quarantaine d’ouvrages qu’il laisse derrière lui n’a pas vraiment marqué les esprits. Sa belle plume n’était pas d’or et son style ne marquera pas l’histoire de la littérature française.

Deux vies françaises

Accueilli au sein de la prestigieuse Pléiade de son vivant en raison surtout pour ses excellentes relations avec le directeur de la collection, Jean d’O est une figure aimée, car il disait certaines vérités avec talent et humour. Elevé dans une famille noble, il avait reçu cette éducation humaniste (pas l’humanisme de supermarché vendu par tous les politiciens actuels) qui faisait tant d’effet sur le journaliste à l’instruction plutôt limitée. Ce dernier pleure donc la disparition de celui qui doit représenter la littérature française bien qu’il ne puisse pas citer un ou deux ouvrages de d’Ormesson. Ce dernier était plus un homme de média qui aimait le livre qu’un homme des livres qui aimait les médias.

Jean d’Ormesson n’est plus et pourra compter sur la fougue de Johnny Hallyday pour égailler ses soirées dans les étoiles. Le rocker a déposé le micro, battu par un cancer qui l’a laissé sans force. Hallyday n’était pas un modèle de vertu et certains se feront un malin plaisir d’aller à contre-courant en ressortant des affaires peu flatteuses, mais comme Jean d’Ormesson, Johnny Hallyday n’a jamais déçu. Il a vécu sa vie pleinement sans trahir. Il reste des dizaines de tubes et des souvenirs savoureux. Les hommages à la pelle, les anecdotes insignifiantes proclamées par les uns et les autres pour avoir le doit de parler de l’icône ne sont rien.

Ses refrains continueront d’être fredonnés ou chantés à tue-tête dans 30 ans. Son héritage sera immense, plus encore que sa carrière géniale. Les deux auront le droit à une pauvre Une de Charlie Hebdo, « consécration » ultime pour deux artistes pas comme les autres. Les amoureux de Jean d’O et de Johnny ont encore des jours de tristesse et de larmes à passer, mais le plus important est de les avoir connus et appréciés pour leurs qualités et leurs défauts.

En 1992, d’Ormesson expliquait « On ne brûle pas encore les livres, mais on les étouffe sous le silence. La censure, aujourd’hui, est vomie par tout le monde. Et, en effet, ce ne sont pas les livres d’adversaires, ce ne sont pas les idées séditieuses que l’on condamne au bûcher de l’oubli: ce sont tous les livres et toutes les idées. Et pourquoi les condamne-t-on? Pour la raison la plus simple: parce qu’ils n’attirent pas assez de public, parce qu’ils n’entraînent pas assez de publicité, parce qu’ils ne rapportent pas assez d’argent. La dictature de l’audimat, c’est la dictature de l’argent. C’est l’argent contre la culture ». La culture est partie au tombeau. Le règne de l’argent peu prospérer jusqu’à sa chute finale. Adieu Jean. Adieu Johnny.

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. Bluesun dit :

    Ils avaient tous deux de beaux yeux bleus, tous deux viennent de les fermer à jamais.

    Jean Dormeson portait l’habit vert de l’immortalité, quant à Johnny, on le croyait simplement à jamais vivant.

    Johnny, allumait le feu, et c’est l’air de ses spectacles qui se réchauffait, quand son public s’embrasait.

    Il était de toutes les jeunesses, si bien que l’on avait oublié qu’il avançait en âge.

    Johnny était une star, il vient de s’en aller pour devenir à jamais une étoile.

    Nous avons partagé sa vie, quand par ses chansons et ses spectacles, il accompagnait les nôtres.

    Il faut savoir tourner la page dit la sagesse populaire, le constat est que cette année 2017, beaucoup trop de pages se sont tournées.

    En cette journée de tristesse, comment ne pas penser que l’on meurt qu’une fois, mais c’est pour si longtemps.

    Fans ou pas fans, impossible de ne pas être touché par la disparition de Johnny.

    Affectueuses condoléances à sa famille, et ses amis. Ainsi qu’aux vieilles canailles.

  2. Il ne me serait pas venu Halliday qu’il puisse mourir dit un adulateur.

    Alors que le corps de Jean-Philippe Smet alias Johnny Halliday décédé est encore tiède, les chaînes de télévision et les folliculaires font les comptes de leurs revenus médiatiques. D’autres détrousseurs versent des larmes de crocodile sur les choux gras qu’ils vont engranger avant que s’amenuise l’effet médiatique du culte de la personnalité. Si un grand nombre de fanatiques pleure la disparition du chanteur, une minorité plus réaliste y voit aussi la mort d’une personne qui a bien vécu comme elle a voulu ; alcoolique, drogué, qui à souscrit à l’évasion fiscale, qui a renié la France, le pays qui l’a fait connaître, pour vouloir se faire naturaliser belge afin de réduire ses impôts touchés dans son pays.
    Monsieur D’Ormesson vous n’avez rien fait de tout cela, alors vous n’aurez pas d’obsèques nationales. Il a suffit la disparition de ce chanteur qui est aux antipodes de l’Académicien que vous étiez, bien davantage d’un prix Nobel, pour occulter votre œuvre.
    Pierre Dac a dit : « Le chaînon manquant entre le singe et l’Homme, c’est nous ». Comme il nous connaissait bien. Qui s’intéresse aux chercheurs, aux scientifiques en tous domaines, à celles et ceux qui font avancer l’être humain quand les descendants de Néandertal le tirent vers le bas. Il faudra bien des millions d’années avant que l’Homo sapiens sapiens devienne cette race humaine loin des futilités et de l’ignorance.

    Eng. LAFERRIERE

  3. Bluesun dit :

    @Eng LAFERRIERE

    « Qui s’intéresse aux chercheurs, aux scientifiques en tous domaines, à celles et ceux qui font avancer l’être humain »

    Réponse :

    Tout le monde, puisque chaque année la demande de dons occupe toutes les chaine de TV…

    Théléton
    Sida
    Handicapes
    maladies orphelines
    etc…..

    Cela engendre chaque année des tas de millions…
    Juste seulement à tendre la main, et à faire pleurer les cœurs dans les chaumières, pour que s’ouvrent les portes monnaies.

    Si johnny engendrait de l’argent c’est bien parce qu’il y donnait de sa sueur par son travail. (et qu’il le valait bien).

    Quant à l’argent, ça fait des décennies que nos artistes, et autres ont quitté le pays pour cause de ras le bol. Ca a dérangé qui ? Bon nombre de nos artistes n’ont-ils pas quitté la France pour la Suisse ?

    Ne pas oublier quand Gainsbourg brûlait son billet de 500F pour expliquer ce qui lui restait après prélèvement d’ impôts.
    Là encore, les gens n’ont vu que le billet brûlé. (Aujourd’hui, ils sont sans dents.)

    Une question se pose, que ferions-nous si le fruit de notre travail s’envolait en majorité via les impôts ?(surtout pour le constat de ce qu’ils en font). Le Portugal, n’est-il pas devenu très attrayant ?

    D’ailleurs quitter le pays dans l’état où il se trouve, qui n’y penserait pas ?

    Nos artistes et autres ont cette possibilité, c’est leur liberté de penser, et choix de vie.

    Il n’en reste pas moins que Johnny était pauvre, par son travail il est devenu « riche », mieux vaut voir les gens heureux, et libres ; moyen que leur donne l’argent.

    Car tout le monde sait que le manque d’ argent, et les dettes réduisent l’homme « libre » en esclave.

    Quant aux fortunes, elles se font surtout quand on a pris la précaution de se mettre à l’abri. (tellement vrai, avec ce que nous découvrons des paradis fiscaux).

    Jhonny a bercé toutes les jeunesses, des années 60 à aujourd’hui, comment ne pas être touché par ce monstre sacré de la chanson ?

    Quant à sa façon de vie, ça ne regarde que lui….

    Quant à Pierre Dac, décédé trop tôt, pour connaître la nouveauté des chercheurs, celle que l’homme ne descendrait plus du singe. (sans doute que là les dons ont servi à cette découverte ?)

    Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va ?

    Jhonny à présent le sait, il va à St Barth, et vu le joli cimetière où il va reposer à jamais, on se dit qu’il a bien choisi.

    Pour la question des médias, ils font leur boulot, et là encore une question d’argent à gagner (audimat). Et faire que les coeurs s’activent jusqu’à samedi.

    Après, ils passeront à autre chose.

    Ainsi va la vie.

    D’ormesson, n’a écrits que quelques bouquins, dont bien souvent il fallait le dico à côté pour comprendre tous les mots.

    Il était pétillant de malice, il avait l’intelligence de la répartie, de conversation agréable, mais malgré tout cela, il n’arrive pas à la cheville d’un Hohnny. (si je peux m’exprimer de façon « populaire ».)

    Johnny allumait LE FEU.

    Aujourd’hui, tristement ; il est feu Jhonny.

    Si de d’Ormesson, il reste quelques bouquins, de Johnny, reste toutes ses chansons….

    et avec elles, nous avons toujours 20 ans…..

Laisser un commentaire