Valls sauve son siège : la démocratie pâlit

Rédigé par notre équipe le 10 décembre 2017.

Il aura donc fallu six mois pour que le Conseil constitutionnel daigne se pencher sur le cas Valls et son élection à l’Assemblée nationale pour le moins controversée. Un temps curieusement long au cours duquel Valls n’a même pas pris le soin de soigner sa défense. Bien lui en a pris puisque son élection a été validée ce 8 décembre. Valls reste député malgré des irrégularités qui ont dues être soulignées par le Conseil constitutionnel. Valls député, c’est la démocratie qui prend un nouveau coup !

139 voix d’écart. C’est ce qui a permis à Manuel Valls, ancien Premier ministre honni d’être réélu député dans la première circonscription de l’Essonne. Un exploit vu son bilan catastrophique et la composition sociologique des électeurs dans ce fief branlant du vallsisme hystérique. Au soir du second tour, Valls sait que son avenir politique est plus qu’incertain et il se précipite sur les micros et caméras de télévision pour annoncer sa victoire. Une sortie médiatique bien utile toutefois couverte par les sifflets et les cris de mécontentement de nombreuses personnes qui ont subi la loi de Manuel.

Irrégularités, mais résultat entériné…

La décision du Conseil constitutionnel était donc attendue avec impatience. Une décision qui a largement déçu : « 66 votes, correspondant à des différences de signature significatives doivent être regardés comme irrégulièrement exprimés. Ces suffrages irréguliers restant en nombre inférieur à l’écart de voix entre les deux candidats du second tour, cette irrégularité ne saurait conduire à l’annulation des opérations électorales ». La lecture du compte-rendu des Sages laisse perplexe. Il faut comprendre que des irrégularités n’ont pas pu être mises sous le tapis, mais que cela ne doit pas empêcher leur bénéficiaire d’être élu.

La réflexion est assez originale. Sans parler de Manuel Valls, dans l’absolue, un joueur qui aurait triché un peu, mais pas trop, ne serait pas disqualifié… La France insoumise est déboutée et n’e comptera pas un élément de plus dans ses rangs. Valls peut quant à lui continuer son rapprochement avec LREM et dire tout le bien qu’il pense de réformes qu’il a évacué lorsqu’il était Premier ministre. A défaut d’avoir du talent, Valls a du toupet et cela lui réussit.

On lit qu’il coacherait même certains députés de la majorités sur des questions dont il est soi-disant spécialiste : vraie-fausse indépendance de la Catalogne, laïcité… Imbu de sa personne, il pense que ses paroles éclairent le chemin des nouveaux députés alors que nombre d’entre eux le détestent. Valls, content de lui comme à son habitude, avait envoyé à tous les députés LREM sa tribune sur la laïcité publiée dans Le Monde, l’un d’eux l’a renvoyé dans les cordes : « Si tu ne souhaites pas te taire, arrête au moins de polluer mon adresse mail ».

Mais comment pourrait se taire un Valls sans pouvoir et qui ne peut exister qu’en prenant une place exagérée dans les médias ? Certes, il s’était fait discret juste après son élection controversée pour éviter les questions embarrassantes, mais ce temps presque béni n’aura pas duré longtemps. Valls est bel et bien de retour et les Français vont devoir l’entendre encore quatre ans et demi au minimum. Les électeurs de la première circonscription de l’Essonne seraient bien inspirés de se déplacer en masse dans les bureaux de vote et de vérifier par la même occasion que leur signature n’a pas déjà été apposée et contrefaite !

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