Wauquiez en chef, où sont les troupes ?

Rédigé par notre équipe le 11 décembre 2017.

Sans surprise, Laurent Wauquiez a été élu à la tête des Républicains. Le score de plus de 76 % devrait lui permettre d’asseoir son autorité d’autant plus que la participation a été bien plus forte que prévue. Wauquiez s’installe donc dans le bureau du chef, mais la partie ne fait que commencer pour l’ancien ministre. Une ligne claire doit être impulsée à un parti qui se cherche un nouveau souffle après la mise sur orbite de Macron. Les Républicains version Wauquiez ont-il un avenir ?  

Dans les décombres de la présidentielle de 2017, les Républicains sont encore debout, mais on peut encore douter que l’huile coule toujours dans les tuyaux de l’ancien vaisseau amiral de Nicolas Sarkozy. La participation pour désigner le nouveau patron semble signifier qu’il y a encore de la vie dans ce corps meurtri par une présidentielle imperdable et perdue. Avec près de 100 000 votes soit environ 42 % des adhérents, le scrutin a mobilisé au-delà des espérances. Les Républicains font bien mieux qu’En Marche qui a péniblement trouvé 72 000 électeurs pour valider les nouveaux statuts du parti et désigner Castaner. 

Un énième renoncement à venir ?

Pas mal de votants donc et surtout un beau score de 76,64 % des suffrages. Florence Portelli et Maël de Calan sont restés scotchés dans les starting-blocks avec respectivement 16,11 % et 9,25 % des suffrages. Des scores vraiment peu glorieux qui montrent que les électeurs Républicains en ont assez de la soupe europhile et pro CAC 40 qui sert de refrain depuis la création du parti. Wauquiez a été présenté pendant la campagne comme un nouveau Sarkozy, un homme qui n’a pas peur d’afficher ses valeurs et qui ose aller contre le politiquement correct.

Là encore, cette chanson a été fredonnée à de nombreuses reprises avec en premier lieu, le premier prix de conservatoire : Nicolas Sarkozy. Le résultat fut malheureux car derrière les mots, la politique menée a été la même que celle de ses prédécesseurs. Le monstre européen a encore grandi et l’indépendance de la France s’est encore rapiécée. Les discours virils fonctionnent et continuent de fonctionner chez les Républicains, mais la mise en pratique est toujours bien plus compliquée.

Cela risque de ne pas changer avec un Wauquiez connu pour ses changements d’opinion au gré des sondages et de l’instant politique. Comment faire confiance à une girouette qui siffle fort, mais qui n’a aucun muscle ? Le seul motif d’espoir dans cette affaire se trouve dans la composition du paysage politique français. Macron a tout phagocyté du centre gauche au centre droit et se fait un malin plaisir à clamer que sans lui, c’est la démocratie qui périra sous les coups de l’extrême gauche et pire encore, ceux de l’extrême droite. L’espace pour les Républicains s’est donc réduit et cela peut empêcher une énième fuite des Républicains vers un centre mollasson pro-Maastricht une fois les élections en vue.

Toutefois, l’espace reste réduit, car dans la doxa de droite imposée par la gauche sous Mitterrand, il est inenvisageable de faire alliance avec le FN. Une droite divisée pour mieux être battue sauf si les uns et les autres franchissent le Rubicon malgré les menaces du système. Cette heure n’est pas encore venue, mais de petits signaux permettront de se faire une idée assez rapidement de l’avenir des Républicains. Soit la mue se fait et le parti continue à vivre sans les oripeaux bruxellois, soit il décide d’un suicide lent.

Une vraie révolution au sommet – attendue depuis longtemps par la base – n’est pas une garantie de victoire lors des prochains scrutins, mais elle est nécessaire pour garder une âme et espérer survivre à la vampirisation macronienne. La partie ne sera pas simple avec des Pécresse et Bertrand toujours prompts à distribuer de bons points au président de la République et des baffes aux Républicains qui ont l’impudence de ne pas penser comme eux. La mutation ne se fera pas sans problème et tous les jouets du vieux système devront rester sur le bord de la route ! Maintenant, le temps est à l’action !

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