Affrontement idéologique entre l’Insee et le Gouvernement

Rédigé par notre équipe le 21 décembre 2017.

C’est la polémique du jour : l’Insee et le Gouvernement se tirent dans les pattes au sujet des prévisions du pouvoir d’achat en 2018. Sans surprise, l’exécutif crie sur tous les toits que cinq milliards d’euros d’impôts en moins pèseront sur le porte-monnaie des Français, mais l’Insee estime qu’il y aura 4,5 milliards d’euros d’impôts supplémentaires en 2018. C’est la douche froide pour les Français qui voyaient Macron comme leur sauveur. C’est aussi le début d’un conflit idéologique qui sera rapidement enterré au profit du Gouvernement.  

Dans une communication sur de bons rails grâce à l’aide de médias peu désireux de démêler le vrai du faux, l’annonce par l’Insee de la bombe fiscale prévue par le Gouvernement a eu le don de mettre les ministres en alerte rouge. Ces derniers assurent depuis des mois que 2018 sera l’année du pouvoir d’achat pour les Français. La croissance repart, les entreprises sont de plus en plus confiance et surtout Macron trône au sommet de sa montagne jupitérienne avec sa besace pleine de poudre de perlimpinpin.

Impôts : un à peu près de 10 milliards d’euros

Malheureusement à côté de cette poudre, se trouvent des mesures beaucoup moins sympathiques pour des Français considérés depuis longtemps déjà comme de simples vaches à lait. L’Insee – une direction générale du ministère des Finances qui est désormais indépendante – a jeté un petit pavé dans la marre avec sa dernière note de conjoncture publiée ce mardi 19 décembre. Environ 4,5 milliards d’impôts supplémentaires pour les ménages rien qu’en 2018, ce n’était pas le contrat signé entre Macron et les électeurs qui ont cru à ses balivernes.

Le lendemain, à la sortie du Conseil des ministres, le porte-parole du Gouvernement a dû commencer un beau numéro en déclarant contester formellement l’étude de l’Insee et la baisse de 0,3 point prévue en raison de la forte hausse des prélèvements obligatoires. Selon Benjamin Griveaux, « le raisonnement est fait à consommation équivalente, or la fiscalité indirecte notamment sur le tabac et sur le diesel a pour vocation de changer les comportements ». Autrement dit, l’Insee s’est plantée et le Gouvernement est bien le champion du pouvoir d’achat des Français. Les médias, trop contents de pouvoir tirer dans le sens de l’exécutif expliquent abondamment que l’Insee n’a en effet pas tenu compte de certains facteurs même si, objectivité journalistique française oblige, les effets positifs de la politique gouvernementale ne seront vraiment ressentis qu’en 2019.

L’Insee est-elle à ce point incapable de réaliser des études statistiques et économiques pourtant simples ? Ce service a l’entière capacité de produire des rapports instructifs, mais une maladie appelée gauchisme lui joue trop souvent des tours. Le personnel est en grande partie abreuvée de discours socialo-mélenchoniste et la politique économique de Macron n’est pas assez à gauche pour pouvoir lui décerner un chèque en blanc. « Renvoyé dans les cordes » comme on peut lire ça et là, l’Insee est donc loin d’être infaillible sauf si on parle immigration. Dans ce cas précis, une remise en cause des chiffres trempés dans l’idéologie est une preuve ne nazisme rampant…

Après cette échauffourée, l’Insee réfléchira à deux fois avant de contester la politique macronienne. Le banquier n’hésitera pas à décrocher ces économistes de leur rocher afin de s’assurer d’une même et belle musique à fredonner aux oreilles des Français. Pour les quelques inquiets que cette polémique aurait troublé, le gouvernement a déjà mis en ligne un simulateur de pouvoir d’achat. On n’arrête pas le progrès surtout en matière de propagande !

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