La France et la Côte d’Ivoire créent une école de l’antiterrorisme

Rédigé par Notre équipe le 21 décembre 2017.

L’Afrique de l’Ouest reste sous la menace du terrorisme. En réaffirmant son partenariat avec la Côte d’Ivoire, la France souhaite encourager l’émergence de solutions collectives et coordonnées entre les pays de la région.

La France va appuyer la Côte d’Ivoire pour créer une école régionale spécialisée dans la lutte contre le terrorisme. L’annonce a été faite par Emmanuel Macron lors du cinquième Sommet Union Africaine-Union Européenne (UA-UE), qui s’est tenu les 29 et 30 novembre à Abidjan.

« Je souhaite que nous puissions avoir avec la Côte d’Ivoire un partenariat tout particulier », a déclaré le chef de l’État français. « L’objectif, c’est qu’en juillet prochain nous puissions ouvrir cette école, qui sera une école de cadres supérieurs, qui permettra de former des forces spéciales non seulement pour la Côte d’Ivoire, mais pour toute la région et donc des forces spécialisées à l’intelligence, à l’intervention de combat et la lutte contre le terrorisme », a ajouté M. Macron.

Cette annonce intervient dans le cadre du renforcement du partenariat militaire entre Paris et Abidjan, lui-même annoncé lors de la visite d’Alassane Ouattara à Paris en juin 2017. Les deux pays s’étaient alors engagés à « renforcer, dans les prochaines semaines, de manière concrète, leur partenariat militaire et sécuritaire contre le terrorisme qui gagne de plus en plus du terrain dans le monde ».

Plaque tournante de la lutte contre le terrorisme

Quelques mois plus tard, en septembre, la ministre française des Armées, Florence Parly, dépêchait à Abidjan le lieutenant-colonel François Rouby. Il a été chargé de restructurer les renseignements militaires ivoiriens, que dirige Narcisse Attoh et qui font l’objet d’une reforme avec l’appui de la France et du Maroc. Prévue pour durer trois ans, cette mission a pour objectif de contribuer à fournir aux services de sécurité ivoiriens les dernières innovations en matière de récolte et d’exploitation de l’information.

Presque deux ans après l’attentat de Grand-Bassam (13 mars 2016), la menace djihadiste reste pesante sur la Côte d’Ivoire. Selon les informations de l’hebdomadaire Jeune Afrique, « les Ivoiriens ont déjoué récemment, dans la plus grande discrétion, des attentats prévus à Abidjan, notamment le raid d’un commando jihadiste sur le très fréquenté boulevard du 7-Décembre ».

En octobre dernier, le pays d’Alassane Ouattara, première puissance économique d’Afrique francophone, avaut été désigné comme pôle de lutte contre le terrorisme par Interpol. L’organisation internationale de police a en effet annoncé l’ouverture à Abidjan, en 2018, du bureau régional de lutte contre le terrorisme pour l’Afrique de l’Ouest.

Pour le secrétaire général de l’organisation internationale, Jürgen Stock, le bureau local d’Interpol, « soutenu par les meilleurs agents de police », donne « entière satisfaction », ce qui explique la décision de faire d’Abidjan la nouvelle plaque tournante de la lutte contre le terrorisme dans la région.

La Côte d’Ivoire, désormais incontournable

Plusieurs pays de la région, comme le Burkina Faso, le Benin, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger ou le Togo sont directement menacés par l’activité djihadiste, d’où l’importance de créer de nouveaux cercles de coopération et renforcer ceux qui existent déjà. « La lutte contre le terrorisme constitue un défi majeur qui appelle une réponse collective et coordonnée de la part des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine », affirmait en 2016 le ministre de l’Intérieur et la Sécurité, Hamed Bakayoko.

L’école régionale spécialisée dans la lutte contre le terrorisme annoncée récemment par Emmanuel Macron constitue une réponse à ce besoin stratégique. Elle permettra en effet à des troupes d’élite de s’exercer et se perfectionner en simulant des attaques dans des hôtels, des restaurants ou des ambassades. Des unités pourront venir de toute la sous-région pour s’adapter à des cas pratiques et adopter la bonne stratégie pour intervenir rapidement et efficacement face aux terroristes.

En décidant de soutenir la création de cette école, la France confirme son engagement et sa confiance à l’égard de la Côte d’Ivoire, pays qui devient une force sécuritaire incontournable en l’Afrique de l’Ouest.

Déjà une remarque sur cet article

  1. zelectron dit :

    avec des membres de daech camouflés pour assister aux cours ?

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